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La Question de la méthode en science politique

Introduction à la Science Politique

Semestre I

Professeur : M. Hassan DANANE

Année Universitaire 2022-203

 


Chapitre III. La Question de la méthode en science politique

Les sciences remplissent aujourd’hui de manière similaire à l’égard du corps social, la fonction assurée par les sciences physiques et biologiques dans l’explicitation de l’univers cosmique et naturel. Elles mettent au jour les maladies de la société, son fonctionnement et dysfonctionnement et rendent intelligible non seulement les causes des phénomènes; mais également les manières dans lesquelles elles sont socialement construits.

Ce chapitre est construit dans le dessein de donner aux étudiants de droit une formation solide en matière des fondamentaux de la recherche en sciences sociales de façon générale et en science politique de façon spécifique. Il se focalise particulièrement sur l’art de la recherche plutôt que sur l’exposition des paradigmes macro-classiques.

 

Le cours est organisé autour de quatre axes suivants:

Les fondamentaux ontologiques et épistémologiques de la recherche en sciences sociales/science politique;
Les grands paradigmes théoriques;
La question de la méthode en sciences sociales/science politique.

 

I-  Les fondamentaux ontologiques et épistémologiques de la recherche en sciences sociales

 

Définition de la méthode

Selon Larousse encyclopédique; la méthode est la marche rationnelle de l’esprit pour arriver à la connaissance.

  La méthode peut ainsi être définie au titre de l’ensemble des démarches et opérations intellectuelles permettant de planifier, de collecter les données sur la réalité sociale, de les analyser pour la comprendre et l’expliquer. La méthode vise ainsi les démarches susceptibles de rendre intelligible le monde sociale.

  Mais, il reste à savoir s’il peut y avoir une méthode spécifique des sciences sociales de façon générale et de la science politique de façon spécifique, ou il doit y avoir plusieurs méthodes. La réponse à cette question est étroitement liée à la nature des faits sociaux/faits politiques et à la possibilité de les étudier scientifiquement comme nous le verrons ci-après

 

Les méthodes

  L’ensemble des procédés qui se situent à des niveaux d’abstraction différents et qui correspondent à des étapes variées de la recherche.

 

La Science politique comme une branche des Sciences sociales

Les sciences sociales constituent une branche des sciences humaines, c’est-à-dire des sciences qui ont l’homme et ses activités pour objet d’étude.

Sciences (démarcation par rapport à la métaphysique: Noumène et phénomène)

 Comment existe le monde social? La réalité sociale?

Qu’est ce qu’on peut connaitre à propos de ce monde qui se trouve ainsi?
Comment peut-on étudier et collecter les données sur la réalité sociale?
Qu’est ce qu’il faut explorer? Par quelle technique?

 

Les trois questions fondamentales

1-  La question ontologique 

Comment existe le monde social? La réalité sociale?

  L’ontologie est « l’étude de l’être ». Elle fait référence au type de choses qui existent dans le monde social et aux hypothèses sur la forme et la nature de cette réalité sociale. Il s’agit de savoir si la réalité sociale existe ou non indépendamment de la compréhension et de l’interprétation humaines ;

 

Les trois questions fondamentales

Elle s’intéresse à ce qui existe réellement dans le monde sur lequel les humains peuvent acquérir des connaissances. L’ontologie aide les chercheurs à reconnaître à quel point ils peuvent être certains de la nature et de l’existence des objets qu’ils recherchent.

   Par exemple, Qui décide de la légitimité de ce qui est « réel » ?

 

Les trois questions fondamentales

Exemple:

  L’ontologie réaliste se rapporte à l’existence d’une seule réalité qui peut être étudiée, comprise et vécue comme une « vérité » ; un monde réel existe indépendamment de l’expérience humaine. Le réalisme prétend qu’il existe une réalité externe indépendante de ce que les gens peuvent penser ou comprendre.

  Semblable au réalisme, le matérialisme prétend également qu’il existe un monde réel mais que seul le monde matériel ou physique est considéré comme réel. D’autres phénomènes, par exemple, les croyances, les valeurs ou les expériences proviennent du monde matériel mais ne le façonnent pas.

 

Les trois questions fondamentales

L’ontologie relativiste est basée sur la philosophie selon laquelle la réalité est construite dans l’esprit humain, de sorte qu’il n’existe aucune réalité « vraie ». Au lieu de cela, la réalité est « relative » en fonction de la façon dont les individus la vivent à un moment et à un endroit donnés. L’idéalisme qui fait partie de cette catégorie de pensée, soutient que la réalité ne peut être comprise que via l’esprit humain et des significations socialement construites.

 

Les trois questions fondamentales

2- La Question épistémologique:

  Qu’est ce qu’on peut connaitre à propos de ce monde qui se trouve ainsi?

  Alors que l »ontologie traite des modalités de l’existence du monde social, l’épistémologie traite de ce que nous pouvons savoir sur ce monde qui existe sur un mode donnée (comme objet ou comme construit social).

    Il s’ensuit deux implications importantes: Si le monde social et ses phénomènes sont considérés comme objectifs (existence indépendantes des perceptions des sujets), le sens de ce qui est étudié est à chercher dans l’objectivité des phénomènes.

    Exemple: Les facteurs structurels (socioéconomiques et écologiques) responsables du suicide, du divorce, du crime, de la pauvreté, etc.

 

Les trois questions fondamentales

Si le monde social et ses phénomènes sont considérés comme étant subjectifs, c’est-à-dire, comme construits des acteurs, le sens de ce qui est étudié est à chercher dans les mentalités et les représentations des sujets concernés par le phénomène.

   Exemple: Pour étudier le crime, il faut interroger ce qu’en pense le criminel, les processus et les trajectoires qui l’on mené à devenir criminel; etc.

 

Les trois questions fondamentales

Deux grandes perspectives correspondent à cette dichotomie:

    Le positivisme (structuralisme, post-structuralisme, post-positivisme; etc) et l’interprétivisme (Constructivisme; phénoménologie; herméneutique, interactionnisme, et d’autres variantes).

 

Les trois questions fondamentales

Le positivisme:

    C’est un courant qui puise ses fondements dans les sciences durs. Il suppose que la réalité existe en soi, extérieure et indépendante du chercheur, qui d’ailleurs ne cherche que de l’appréhender.

    Les phénomènes observés sont souvent expliqués par des lois universelles et immuables à la manière de celles que l’on rencontre dans la physique et la biologie. La connaissance produite établie du phénomène est alors objective et fait place à un déterminisme mécanique. Théoriquement parlant, Auguste Comte est le fondateur et le défenseur direct de ce courant; mais Emile Durkheim est celui qui en a donné des applications empiriques. Sa consigne méthodologique est ici significative: « Il faut traiter les faits sociaux comme des choses ».

 

Les trois questions fondamentales

Le positivisme s’appuie sur trois postulats:

Un postulat réaliste impliquant l’existence d’un réel objectif, unique, et connaissable. D’où la possibilité le comprendre en toute objectivité et distanciation à travers l’observation.

Un postulat causal qui part de l’observation empirique des faits pour arriver à l’explication des liens de causalités existants et à la construction des règles à portée universelle.

Le postulat de la distanciation objectiviste qui implique l’indépendance vis-à-vis de son objet de recherche.

 

Les trois questions fondamentales

La validation scientifique retenue par le positivisme permet la démarcation entre une connaissance scientifique et non scientifique. Ces critères se ramènent à la vérification empirique, à la falsifiabilité et à la généralisation.

Popper Karl R. La logique de la découverte scientifique, Editions Payot, Paris, 1984

 

Les trois questions fondamentales

    Le Constructivisme:

    Il s’agit d’un courant défendant l’idée que la réalité sociale ne dispose pas d’une existence autonome par rapport aux systèmes de représentations et d’actions des acteurs sociaux. L’idée phare ici est que le monde social lui-même n’existe pas en dehors du sens que ne lui attribuons.

    Le constructivisme a une longue date dans la philosophie phénoménologique et existentielle, mais c’est plutôt à la tradition de la compréhension de Max weber et d’Alfred Schutz que sont rattachés les ingrédients du constructivisme.

 

Les trois questions fondamentales

Ce courant s’articule sur les postulats suivants: 

   Un postulat phénoménologique faisant que la réalité sociale est construite à travers les attitudes, les croyances, les valeurs, les choix et les intérêts des acteurs. La conscience de l’acteur un rôle fondamentale: L’exemple des protestations.

    Un postulat processuel qui s’intéresse davantage au comment des choses et non pas au pourquoi. D’où le rejet de la causalité déterministe mise en éloge par le positivisme.

 

Les trois questions fondamentales

Un postulat d’interaction entre le sujet connaissant et le phénomène:

   La posture de l’objectivité absolue est impossible car le chercheur aborde son sujet depuis des structures cognitives et affectives inconscientes; d’où la possibilité de projeter le contenu de ses schèmes d’appréciation et de pensée sur le phénomène étudiée.

   Il lui est donc indispensable d’être tout à fait neutre et objectif.

 

Les trois questions fondamentales

   La divergence des points de vue entraine des constructions conceptuelles différentes du phénomène social. Le tableau suivant en prend visuellement acte:

 

Tableau 1.Caractéristiques du phénomène social

Les trois questions fondamentales

L’opposition entre le positivisme et le constructivisme dans leurs visions, entraine des divergences dans l’entendement des phénomènes:

Pour le positivisme, l’objectif consiste à expliquer les causes et les facteurs responsables. Exemple du suicide;

Pour le constructivisme, l’objectif est de comprendre les motivations et les intentions qui poussent les individus à agir.  

 

Les trois questions fondamentales

3-  La Question méthodologique

Comment peut-on étudier et collecter les données sur la réalité sociale?

Qu’est ce qu’il faut explorer? Par quelle technique?

 

La Question méthodologique


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