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Introduction aux sciences conomiques et la gestion

  

Chapitre I

L’économie politique comme science sociale : les questions de l’objet et des méthodes




Etymologiquement , le terme <<économie politique>> dérive des mots grecs <<oikos- nomos>> , de <<oikia>> (maison) et de <<nomos>> (règle ou administration). Il signifie administration de la maison, du domaine. Ce terme est utilisé pour la première fois par Xénophon1 dans son ouvrage intitulé ‘’L’économique’’ où se trouvent exposées les règles d’une bonne gestion foncière. L’expression d’économie politique qui, d’un point de vue étymologique signifie administration du patrimoine de la cité (du grec polis c'est la cité) , est quant à elle utilisée pour la première fois par un auteur mercantiliste français : Antoine de Montchrestien (1615) dans son ouvrage intitulé ‘’’ Traité d’économie politique’’, ouvrage dans lequel il explique la manière dont la France peut devenir un pays riche et puissant .C’est à partir de cette période que l’économie politique devient une discipline de pensée autonome, détachée de la philosophie et préoccupée exclusivement de la création et de la circulation des biens matériels à l’échelle de la nation (d’ou l’association des deux mots : Economie et politique).

 

Cela dit pour l’origine étymologique du terme, quelle définition peut-on donner à l’économie politique du point de vue épistémologique ?

 

L’économie politique est difficile à définir. Cela tient, sans doute, à ce qu’elle fait partie des sciences sociales, sciences qui elles-mêmes ne sont pas aisées à circonscrire avec précision. Identifiée à une science des richesses à la période classique, elle se définira ensuite comme la science des choix individuels face à la rareté .Cependant, il est possible de souligner quelques définitions :

 

 

-                    Pour M . Dowider , l’économie politique et la science des lois qui régissent les relations économiques , c’est à-dire les relations sociales qui ont lieu entre les membres de la société par l’intermédiaire des biens matériels et des services2 .

 

-                    Pour G.Soul, l’activité que l’on qualifie généralement d’économique est étroitement liée à la façon dont les hommes subviennent à leurs besoins.3

 

-                    Pour P.A. Samuelson , l’économie est la manière dont les individus décident d’affecter , au meilleur coût possible , telle ressource au système productif en vue de satisfaire des besoins de consommation individuels et collectifs , présents et futurs.

 

1 Xénophon (v. 430 av. J.-C.-v. 355 av. J.-C.), historien, soldat et écrivain grec, dont les écrits ont contribué à une meilleure connaissance de la Grèce et de la Perse du IVe siècle av. J.-C. Il est l’auteur de plusieurs ouvres : l’Anabase, les Helléniques, une suite couvrant la période de 411 av. J.-C. à 363 av. J.-C. (traitée dans l’Histoire de la guerre du Péloponnèse de Thucydide). Il écrit aussi la Cyropédie, une biographie romancée de Cyrus le Grand, des Mémorables, compilation de conversations tenues entre Socrate et ses disciples, un éloge d’Agésilas, un ensemble de traités politiques et économiques, une série d’essais sur l’équitation, la chasse et la cavalerie militaire et plusieurs dialogues socratiques.

2 M . Dowider , léconomie politique , une science sociale. Edition F . Maspero , Paris , 1979 , p 17.

3G . Soule , Qu’est ce que l’économie politique ?. Edition Nouveaux Horizons , Paris , 1973 , p 5.


-         Pour Edmond Malinvaud, L’économie est la science qui étudie comment les ressources rares sont employées (transformées par les entreprises) pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en société4.

 

De ces définitions, on se rend compte rapidement que l’économie politique s’articule autour de deux notions importantes à savoir la notion de besoins et la notion de ressources. D’autre part, et pour compléter ces définitions et les rendre plus précises, il est important de poser une double question : à quoi sert l’économie politique, ou encore quel est son objet ?. Comment procède-t-elle pour conduire ses investigations, ou encore quelle est sa méthode ?

 

I/- Les notions de besoins et de ressources :

 

L’activité économique est la manière dont l’homme s’organise pour satisfaire ses besoins.

 

1/ La notion de besoin :

Au sens économique, un besoin est une exigence née de la nature ou de la vie sociale, dont la satisfaction se heurte à la rareté. Les besoins sont classés en fonction de plusieurs critères.

Les besoins primaires : la satisfaction de ces besoins est indispensable à la survie des individus : se nourrir, se vêtir, se loger, s’habiller…

Les besoins sociaux : ce sont des besoins liés à l’évolutions la société dans laquelle on vit : avoir un ordinateur, communiquer, voyager…

Chaque société satisfait les besoins d’une façon qui lui est propre. Cependant, dans la plupart des économies nationales, de nombreux besoins sont pris en charge par la collectivité ; c’est ce qu’on appelle : les besoins collectifs (sécurité, justice, enseignement,…).

2/ La notion de ressources (biens )

On appelle ressource en économie l’ensemble des biens susceptibles de satisfaire les besoins humains.

Pour satisfaire ses besoins, l’individu peut se servir directement en puisant dans les ressources disponibles dans la nature (le besoin en oxygène est satisfait simplement par le fait de respirer). Ces biens, disponibles « gratuitement» et utilisables en l’état constituent les biens

« libres ».

Mais de nos jours, la majeur partie des besoins ne peuvent être comblés par la nature (exemple : besoin de se déplacer rapidement d’un endroit à l’autre entraîne la nécessité d’acheter une voiture). Il faut donc produire les biens et services pour satisfaire les besoins des individus : ce sont les biens économiques.

 

4 Edmond Malinvaud, Leçons de théorie macroéconomique, Dunod, 1982.


Les biens économiques sont produits à partir de ressources (matières premières, énergies…) qui ne sont pas disponibles en quantité illimitée dans la nature. On dit alors que les ressources sont rares.

On distingue deux catégories de ressources : les biens et les services. a-/- Biens matériels :

Ce sont des biens ayant une réalité physique, ils sont le fruit d’un travail humain et pouvant être stockés (une chaise, un crayon,…). On distingue les biens de consommation, qui peuvent être durables (automobile) ou non durables (café), et les biens de production (bâtiments, machines,…).

b- /- Services :

Ce sont des biens non palpables et non stockables dont la production et la consommation sont réalisées simultanément (conseil juridique, consultation médicale, transport,…).

 





L’objet de la science économique est de répondre à un certain nombre de questions :

quoi produire ? : quel bien.

 

comment produire ? : de manière à utiliser le moins de ressources possibles (les choix à faire) et augmenter au maximum la production.

 

pour qui produire ? : quelle sera la demande exprimée par les agents économiques.

Comment s’échangent les produits ? la formation des prix.

 

 

II/- L’objet de l’économie:

 

 

S’interroger sur l’objet de l’économie politique revient à délimiter l’ensemble des faits observables faisant l’objet de la recherche dans le domaine économique. Dans ce sens,  trois thèmes définissent généralement l’objet de la connaissance économique: les richesses matérielles, l’échange et les choix.

 

 

1- /-L’économie : une science des richesses.

 

 

Depuis L’antiquité, la question principale autour de laquelle tournent les idées économiques est celle de la richesse. Cependant, c’est L’ouvrage d’Adam Smith

«Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations- 1776» qui suggère une première définition de l’objet de la connaissance économique en présentant toutes les idées économiques autour du concept central - la richesse nationale - en un système général et cohérent. On ne se trouve plus en face de visions fragmentaires comme chez les grecs, les mercantilistes ou les physiocrates. On peut donc avancer que l’économie politique se veut être une science qui étudie la formation et la répartition des richesses de la nation.

2- /- L’économie : une science des échanges

 

La valeur des biens ne se connaît qu’à travers l’échange. Ce qui est économique, c’est précisément ce qui est capable d’échange. De la sorte, un acte gratuit ne rentre pas dans la sphère de la science économique.

Le résultat d’un échange se traduit par un prix, c’est-à-dire un rapport des quantités transférées d’un sujet à un autre, que ce prix s’exprime en nature ou en monnaie. On conçoit ainsi que la science des échanges se ramènera à une science des prix. Est économique tout ce qui peut se traduire par un prix.


3- /- L’économie : une science des choix efficaces

 

 

L’idée majeure qui préside à la naissance du problème économique est celle de la rareté. Les besoins des individus apparaissent comme illimités, et les moyens pour les satisfaire sont limités. L’acte économique apparaît alors comme l’acte d’adaptation par excellence. Face à la rareté, les individus sont amenés à faire des choix : savoir choisir l’objectif à réaliser de préférence à un autre et décider du moyen le plus efficace parmi tous les moyens possibles pour atteindre l’objectif choisit. Le comportement prend donc la forme d’un choix qui est l’acte économique par excellence.

Les trois thèmes qui viennent d’être évoqués se complètent et s’enrichissent. Il reste à exposer comment ils ont été effectivement mis en œuvre ; d’ou la nécessité de s’interroger sur les méthodes de recherche utilisées en économie.

 

 

III/- Les méthodes de l’économie politique :

 

 

La méthode désigne la marche rationnelle de l’esprit pour arriver à la connaissance ou à la démonstration de la vérité. Le problème est alors de savoir s’il existe une méthode spécifique de l’économie politique.

La réalité économique se présente comme une multitude de phénomènes économiques (production, répartition, inflation,…) qu’il faut étudier pour déterminer les mécanismes universels de leur fonctionnement. La question principale qui se pose donc est :

Comment accède-t-on à la connaissance de la réalité économique ?

Cette question a divisé les économistes en deux camps :

-     Ceux qui sont pour l’observation et l’induction : l’approche empirique.

-    Ceux qui sont pour l’abstraction et la déduction : l’approche théorique.

 

 

1-/- L’approche empirique (positivisme*):

 

 

Pour les tenants de cette approche, il est possible de construire une science économique objective, à l’image des sciences de la nature, par l’observation des faits économiques et sociaux. L’observation remplacera donc l’expérimentation des sciences de la nature.

La démarche empirique comprend deux étapes essentielles :

-                    Une étape d’observation des phénomènes économiques (description de la réalité) ;

-                    Une étape d’analyse des phénomènes observés pour dégager une explication.

 


*  Le positivisme est une attitude qui fonde la connaissance exclusivement sur les faits et la réalité.


a-/-1-L’observation des phénomènes :

L’observation consiste en une collecte d’informations sur la réalité économique que l’on cherche à étudier.

Deux méthodes sont généralement utilisées pour faire la collecte d’informations (observation) : la méthode statistique et la méthode anthropologique.

a-/-1-1 La méthode statistique :

La statistique permet de quantifier et de mesurer la réalité économique (enquêtes, sondages,…) ce qui permet de décrire les phénomènes étudiés. Aussi la statistique permet de déterminer les liens pouvant exister entre les phénomènes (calcul des corrélations).

a-/-1-2 La méthode anthropologique :

Cette méthode vise à saisir les phénomènes économiques dans leur contexte historique et social. Deux écoles marquent cette méthode :

 

 

-  L’école historique allemande :

Deux auteurs ont marqué cette école : C.KNIES et B.VON HILDENBRAND ; ils ont proposé de faire recours à la recherche historique pour expliquer le fonctionnement des systèmes économiques. Les lois économiques ne peuvent être déduites par le raisonnement abstrait mais à partir de l’analyse des faits historiques.

 

 

-  L’école institutionnaliste :

Les représentants de cette école sont surtout : VEBLEN et LEPLAY. Pour cette école, l’individu rationnel (Homo-oeconomicus) n’existe pas ; l’individu est un être qui fait partie d’une société avec sa culture et ses traditions, d’un groupe social, d’une famille. Il faut donc étudier les institutions (famille, groupes sociaux,…) qui agissent sur les comportements économiques pour mieux comprendre et expliquer ces comportements (par exemple : la consommation dépend du milieu familial, des coutumes et pas uniquement des jeux de l’offre et de la demande).

 

 

  a-/2- L’explication des phénomènes :

 

 

Pour l’approche empirique, il est possible de dégager des lois à partir d’un certain nombre d’observations grâce à un raisonnement par induction. Selon A.LALANDE* : ’’L’induction consiste à remonter d’un certain nombre de propositions données, généralement singulières ou spéciales, que nous appelons inductives, à une proposition ou à un petit nombre de propositions plus générales, appelées induites, telles qu’elles impliquent toutes les propositions inductrices.’’ C’est le passage du particulier au général.


*  A. LALANDE , vocabulaire technique et critique de la philosophie, P.U.F, 1962.


On parle donc d’induction lorsque la recherche de plusieurs choses particulières nous mène à la connaissance d’une vérité générale. Ainsi lorsqu’on a éprouvé sur beaucoup de mers que l’eau en est salée et sur beaucoup de rivières que l’eau en est douce, on conclut (induction) généralement que l’eau de mer est salée et que celle des rivières est douce.

 

 

2- /- L’approche théorique :

 

 

Par théorie économique, on entend une représentation intellectuelle (abstraite) qui vise à décrire ou à expliquer les phénomènes économiques. La méthode utilisée est la méthode hypothético-déductive.

 

 

 La méthode hypothético-déductive :

 

 

Cette méthode consiste à procéder à la construction d’un modèle théorique en trois étapes successives :

Hypothèses è déduction è théorèmes.

 

 

-   Etape des hypothèses :

C’est une étape de définition du cadre d’analyse (hypothèses) ; par exemple pour les économistes néo-classiques ils partent de l’Homo-oeconomicus (individu qui agit d’une manière rationnelle) c’est abstrait et ne provient d’aucune observation de la réalité.

- Etape de déduction :

La déduction est l’opération par laquelle on conclut rigoureusement, d’une ou de plusieurs propositions prises pour prémisses, à une proposition qui en est la conséquence nécessaire en vertu des règles logiques. Par exemple : tous les hommes sont mortels, SOCRATE est un homme. D’ou la conclusion que SOCRATE est mortel. C’est le passage du général au particulier.


-                                                                                                                          Etape des théorèmes :

C’est l’étape de l’expression des résultats auxquels a abouti la démonstration (déduction).

 

 

 

 

Méthodes de l’économie

politique



 

 

ê

 

Approche empirique

 

Approche théorique

( Positivisme)

 

( hypothético-déductive )

ê

 

ê

(1) Observation des

 

(1) Hypothèses

Phénomènes

 

ê

-    Méthode statistique

 

(2) Déduction

-    Méthode anthropologique

 

ê

ê

 

(3) Théorèmes

(2)   Explication des Phénomènes

(Induction)

  ↚

  Les fluctuations de l’activité économique : Cycles et croissance économique

                                                 

Objectifs  

    Définir les fluctuations économiques,

    préciser la différence entre croissance et développement économique,

    déterminer les facteurs de la croissance économique. 

L’évolution de l’activité économique n’est pas régulière (l’économie nationale ne connaît pas un rythme de croissance stable dans le temps). A des périodes d’expansion succèdent des phases de contraction économique pouvant même se transformer en récession économique :

ce sont des fluctuations économiques.

            

                     1. Les fluctuations économiques                     

            

Les fluctuations économiques sont les mouvements de hausse et de baisse qui affectent les économies nationales ; elles portent sur toutes les grandeurs économiques : La production, les prix, le revenu national,…

L’analyse des fluctuations économiques permet de mettre en lumière l'existence de plusieurs phases qui s'emboîtent les unes dans les autres selon un rythme relativement régulier. C’est ce que les économistes appellent : cycle économique.  

1.1 La notion de cycle économique 

Un cycle en économie est un concept qui définit les fluctuations de l'activité économique en les décomposant en une succession de phases clairement identifiables qui se répètent dans le temps de manière ordonnée. 

1.1.1 Les phases d'un cycle économique

Les économistes distinguent généralement quatre phases successives dans un cycle économique : l'expansion, la crise, la dépression (qui peut se transformer en récession) et la reprise qui débouche sur la phase d'expansion du cycle suivant.

o    L'expansion : C’est la phase du cycle économique caractérisée par l'augmentation du volume de la production et de la demande sur une courte période (3 à 4 ans).

L’expansion est un processus cumulatif. Elle se nourrit d’elle-même. 

Exemple : la hausse de la demande de logements neufs enclenche une série de conséquences : les entreprises du bâtiment demandent davantage de main-d’œuvre et versent ainsi une plus grande masse de salaires. Ces salaires sont pour leur grande partie dépensés ce qui stimulera l’offre des entreprises. Lorsque cette offre touche la majorité des branches de l’activité économique, l’expansion se généralise dans toute l’économie nationale.  o La crise : Elle désigne le moment de retournement de la conjoncture économique. C’est le point qui marque le début de la phase de ralentissement de l'activité économique qui débouche sur une récession. Ainsi, l’expansion de l’activité économique se bloque : la production diminue, le chômage augmente ce qui provoque une réduction des revenus et par la suite de la consommation. L’offre excède la demande et les entreprises les plus fragiles font faillite. Ce climat de crise affecte aussi le système financier. Le volume des crédits bancaires distribués baisse et au niveau de la bourse, les transactions se réduisent et les cours s’effondrent (krach boursier).    

o    La récession : Cette phase du cycle économique désigne un ralentissement de l’activité économique succédant à une phase d’expansion. A la différence de la dépression économique, la récession n’implique pas une chute apparente et durable des grandeurs économiques mais elle se traduit le plus souvent par une simple inflexion2 de la croissance économique.     

o    La reprise : Elle désigne la phase du cycle économique qui marque un retour de l’activité économique  à une phase d’expansion après une phase de récession. La reprise représente donc le point d'inflexion qui marque le retour d'une phase de croissance de l'activité économique. 

1.1.2 Les différents cycles économiques

  Les économistes établissent une typologie des différents cycles économiques, on trouve ainsi :   

       les cycles Kondratieff : Ce sont des cycles longs qui s'étendent sur une période d'environ un demi-siècle (40 à 50 ans). C'est l'innovation qui est à l'origine de ce type de cycles. La phase de hausse est générée par la diffusion de l'innovation dans la sphère économique. La phase de ralentissement traduit la fin de l'impact de ces innovations sur la structure de l'économie. Ces cycles affectent essentiellement les grandeurs monétaires : prix, masse monétaire,…

       les cycles Juglar : Ce sont des cycles courts appelés aussi cycles conjoncturels qui durent en moyenne entre 7et 10 ans. Ils sont essentiellement le fait de causes conjoncturelles qui influent sur le comportement à court terme des agents économiques (Investissement, production, consommation,...),

       les cycles Kitchin : appelés aussi cycles mineurs, ils ont une durée de 40 à 50 mois. Ils sont liés à la politique des entreprises en terme de variation des stocks de produits finis (lorsque les entreprises anticipent une reprise de l'activité, elles accroissent préventivement leur production pour soutenir leurs stocks de produits finis).

 

 

 

             


 

Complément d’information :

Représentation graphique d’un cycle économique

 

                 Taux de 


 

 j Phase d'expansion.

 k Crise (fin de la période d'expansion)   


  l  Phase de  récession                                             


  m   Reprise


                              2. La croissance économique                     

            

 

La croissance économique traduit l’augmentation quantitative, durable, auto-entretenue et non réversible des principales grandeurs caractéristiques de l’économie nationale (production, consommation, épargne,...). 

2.1 La mesure de la croissance économique

La croissance économique est une notion quantitative, elle est mesurée généralement par le PIB. Le taux de croissance mesure l'augmentation des richesses (biens et services) produites d’un pays sur une période donnée (un an en général). Le taux de croissance économique est donc le rythme auquel le produit intérieur brut (PIB) augmente (croissance positive) ou décroît (croissance négative), en pourcentage du PIB de l'année précédente. 

La croissance peut être mesurée en valeur nominale ou en valeur réelle. Dans ce dernier cas, on tient compte des effets de l'inflation. Ainsi, si le PIB nominal a augmenté de 6% et si l'inflation s'est accrue de 4% pendant la même période, la croissance réelle pour cette période est seulement de 2%.                              

 


                                                                    Valeur PIB (année2) Vq2 – Valeur PIB (année1) Vq1 Taux de croissance économique (TC) =                                                                                         Valeur PIB (année1) Vq1                                                                 Vq2 - Vq1                               TC                         =                                                                     Vq1

 

Avec : 

    TC : Taux de Croissance économique

    Vq2 : Valeur PIB (année 2)

    Vq1 : Valeur PIB (année 1)

2.2 Les facteurs de la croissance économique

La croissance économique est le fait d’un ensemble de facteurs. Les premiers économistes (notamment A.Smith) avaient considéré que le travail et le capital étaient les seuls facteurs de la croissance. Cependant et depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l’accent a été mis sur d’autres facteurs : le progrès technique, le système financier, l’Etat, …

2.2.1 Le facteur travail 

En tant que facteur de production, le travail exerce un impact important sur la croissance économique. Cet impact peut être appréhendé sous deux angles complémentaires :

Sur le plan quantitatif : Dans l’ensemble de l’économie, la quantité du travail est constituée par la population active qui comprend la population en âge de travailler et désirant le faire. Les économistes établissent une relation entre la quantité du travail disponible dans une économie et la croissance économique. C’est ainsi que l’histoire économique fait apparaître que les pays à forte croissance économique furent ceux où la croissance démographique a été la plus dynamique (Europe, Amérique du nord). L’accroissement démographique favorise la croissance économique par :

-       l’accroissement de la production : la croissance démographique fournit aux secteurs productifs (industrie, agriculture,…) la main d’œuvre nécessaire à la réalisation de leur production,

-       l’élargissement de la demande : l’accroissement démographique permet l’augmentation des dépenses de consommation et par la suite l’élargissement de la demande globale.   

Sur le plan qualitatif : La quantité du travail à elle seule ne suffit pas pour expliquer la contribution du facteur travail à la croissance économique. Ainsi la qualité du travail (degré de qualification de la main d’œuvre, niveau d’éducation, adéquation formation /emploi) est aussi un critère important à prendre en considération. 

 

Le rôle du facteur travail dans la croissance économique

 

 



2.2.2 Le facteur capital

Le capital d’une nation se compose des :

-       Actifs non financiers : machines, brevets, stocks,… Ils constituent le capital physique de la nation.

-       Actifs financiers : valeurs mobilières (actions, obligations), liquidités,… C’est ce qu’on appelle le capital financier.

La croissance économique résulte de l’accroissement du capital (financier et non financier) détenu par les agents économiques ; l’accroissement du capital dépend essentiellement de l’épargne des ménages et de l’investissement des entreprises.

       L’épargne : c’est la partie non consommée du revenu. Lorsqu’une nation dispose d’un taux d’épargne important, les investisseurs (entreprises, Etat) trouvent les moyens nécessaires pour financer leurs investissements, ce qui permet de renforcer la capacité productive de la nation.

       L’investissement : c’est la valeur des biens durables acquis par les unités de production résidentes pour être utilisés dans leur processus de production. Plus l’investissement d’une nation (mesuré par le taux d’investissement) est élevé, plus la croissance économique est forte.

2.2.3 Le progrès technique

Le progrès technique représente l'ensemble des innovations qui améliorent les performances d'un système productif. Les effets positifs du progrès technique sont mis en évidence à partir de la notion d'innovation développée par l’économiste Joseph Schumpeter. Pour lui, une innovation, est l'application industrielle et commerciale d'une invention. Il distingue 5 grandes formes d'innovations : 

       Nouveaux produits / nouveaux biens (GSM).

       Nouvelles méthodes de production (pasteurisation). 

       Nouveaux marchés (Internet).

       Nouvelles sources de matières premières (énergie nucléaire).

       Nouvelles organisations des entreprises (Franchises).

Ce sont les nouvelles méthodes d'organisation du travail qui constituent la première grande source du progrès technique. A chaque fois que l'on réussit à combiner plus efficacement le travail et le capital (Taylorisme2, fordisme2, Toyotisme2...) on améliore la productivité. La deuxième grande source, ce sont les dépenses de Recherche/Développement, c’est-à-dire le pourcentage du Chiffre d’Affaires (pour les entreprises) ou du PIB (pour l'État) consacré à la recherche fondamentale ou appliquée pour réaliser des innovations de produits ou de procédés et améliorer ainsi la compétitivité2. L’encouragement de la recherche/développement par les entreprises ou par l’Etat permet de développer le capital humain ainsi que les infrastructures de communication ce qui se traduit positivement sur la productivité. 

Le progrès technique exerce un impact important sur la croissance économique à travers la production des gains de productivité. Ces gains de productivité impulsent de la croissance économique à travers plusieurs voies :

       Ils permettent d’abaisser les coûts unitaires moyens1 (CUM), ce qui permet d’augmenter la valeur ajoutée. Ce surcroît de valeur ajoutée issu des gains de productivité2 peut être partagé entre les salariés (augmentation des salaires), les entreprises (augmentation  des profits) et l’Etat (augmentation des recettes fiscales). Des profits importants permettent


  

aux entreprises de financer plus facilement leurs investissements en utilisant l’autofinancement. Ainsi, cette hausse globale des investissements va être génératrice de croissance économique.

       Si la baisse des coûts unitaires moyens est répercutée sur le prix de vente, le pouvoir d’achat2 des ménages s’accroît et la demande2 interne s’élève. Ce qui va stimuler la croissance économique.

       La baisse des coûts unitaires moyens peut aussi servir à abaisser le prix des biens exportés. Cette amélioration de la compétitivité / prix à l’exportation va permettre aux entreprises de gagner des parts de marché à l’étranger. Elles vont exporter plus et donc produire plus ce qui va stimuler la croissance économique.

       L’augmentation des salaires et  des profits va avoir pour conséquence une augmentation des recettes fiscales et des cotisations, et donc une hausse des recettes de l’Etat ; ce dernier peut utiliser ce surcroît de richesses pour se désendetter ou pour réduire son déficit budgétaire. Mais il peut également profiter de ce surcroît de richesses pour investir (infrastructures, financement de la recherche scientifique,…). Ce qui va stimuler la demande et donc la production (pour satisfaire cette demande). L’augmentation des recettes publiques est donc également à l’origine de la croissance économique.

La croissance économique dépend donc à la fois de l'augmentation des quantités de facteurs de production (capital, travail) utilisés dans le processus productif, mais aussi de l'amélioration des techniques de production (progrès technique) permettant de produire plus de biens et services avec les mêmes quantités de facteurs de production, ce qui pousse les économistes à distinguer entre :

       croissance extensive : réalisée grâce à l’augmentation des quantités de facteurs de production utilisés (ouverture de nouvelles usines…),

       croissance intensive : augmentation de la production à volume de facteurs de production identiques (grâce à des gains de productivité). 

Une croissance extensive se traduira donc par des créations d’emplois. Ce qui n’est pas le cas si la croissance économique est intensive1. 2.2.4 Le rôle du système bancaire et financier 

Le système bancaire et financier permet de mobiliser l’épargne et de mettre ainsi à la disposition des entreprises les moyens financiers nécessaires à leurs investissements, ce qui se traduit positivement sur la croissance économique.

2.2.5 Les facteurs non économiques de la croissance

D’autres facteurs  qualifiés de non économiques  contribuent à la croissance économique :

       stabilité politique,

       système judiciaire approprié,

       souplesse des procédures administratives,

       culture d’entreprendre,

       confiance entre les partenaires économiques et sociaux.

 

            

 

 

Complément d’information :

Croissance et développement

La croissance économique, telle qu’elle est calculée, ne mesure que la variation quantitative d’un agrégat économique à savoir le PIB. Elle n’est donc pas synonyme de développement. Le développement est une notion abstraite définissant plutôt l’évolution qualitative (le développement reste en dehors du domaine du mesurable) d’un pays et se traduisant par des évolutions démographiques, économiques, sociales ou culturelles. Le développement est généralement associé à la croissance, mais il peut y avoir croissance sans développement (exemple : les pays du golfe).

Le développement économique est l'ensemble des transformations économiques, sociologiques, politiques et idéologiques qui affectent une société et qui accompagnent les processus de croissance.

Le développement économique se traduit par la création de richesses. On associe développement économique et « progrès », puisqu'il entraîne généralement une progression du niveau de vie des habitants. On parle alors d'amélioration du bien-être social (au sens économique). Selon F.Perroux : « Le développement est un entraînement réciproque de la population et de l’appareil de production vers une croissance du bien être social ».

De nos jours, une nouvelle conception du développement est évoquée : le développement durable ; c'est un développement qui permet de satisfaire les besoins des générations présentes sans compromettre la satisfaction des besoins des générations futures. Cela implique une nécessaire coopération entre les nations (exemple : accords pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre) ainsi qu'une solidarité entre les générations. La Croissance n'est donc plus une fin en soi, c’est une condition nécessaire à la réalisation du développement.

Le PIB a longtemps été utilisé comme indicateur de mesure du niveau de développement. Mais à même niveau de richesse, des pays peuvent avoir des écarts de développement importants.

En 1990 a été créé un nouvel indicateur: l'IDH (Indicateur de Développement Humain). L'IDH est mesuré à l'aide de quatre indicateurs: l'espérance de vie à la naissance, le taux d'alphabétisation des adultes, la moyenne d'années d'étude (degré d'éducation) et le PIB réel par habitant (niveau de vie, accès aux ressources indispensables pour vivre). Quel que soit l'instrument de mesure utilisé, on ne peut que constater des inégalités de développement entre les pays industrialisés et les pays  du « Tiers-Monde » (notamment l’Afrique). 

      ↚

Déséquilibres économiques :

Chômage et inflation

 

Objectifs

   Définir           les       principaux       déséquilibres économiques,

   étudier les formes et les causes du chômage,

   présenter les causes de l’inflation, évoquer les formes d’inflation.

Dans une économie nationale, l’ensemble des offres de travail et des demandes d’emploi forme ce qu’on appelle le marché du travail. Ce marché n’est pas toujours en équilibre (la quantité de travail offerte n’égalise pas la quantité demandée). En réalité, ce marché est soit en situation de  sous-emploi (si la demande d’emploi excède l’offre) soit en  situation de sur-emploi (si l’offre excède la demande).

Par ailleurs, on ne peut parler de déséquilibres économiques sans évoquer l’inflation. Celleci représente un phénomène global de hausse des prix mesuré par l’indice général des prix. Elle peut revêtir plusieurs formes (inflation par les coûts, inflation par la demande, inflation par la monnaie, etc.).

        

   1. Le chômage  

Le chômage représente un déséquilibre économique qui frappe la majorité des économies contemporaines. L’accroissement du taux de chômage a été la caractéristique majeure de l’économie mondiale depuis le début de la décennie 70.  

1.1 Définition

Le chômage est une situation de sous–emploi du  travail. La définition du chômage utilisée par la majorité des pays est celle du bureau international du travail (BIT).

Pour le BIT, est considéré comme chômeur toute personne répondant aux conditions suivantes :

     être sans travail,

     être disponible pour travailler,

     être à la recherche d’un emploi.

La mesure du chômage est faite par un taux appelé taux de chômage qui est le rapport entre les chômeurs au sens du BIT et la population active. 

               

Taux de chômage  =  nombre de personnes en chômage/ population active.

              

1.2 Les formes du chômage

 Le chômage peut prendre plusieurs formes : 

   Le chômage frictionnel : il est dû à la  mobilité de la main d’œuvre, c'est-à-dire au passage des travailleurs des branches en déclin vers des branches nouvelles en expansion. Il est  le signe d'une grande mobilité du marché du travail et d'une croissance économique dynamique. 

Il désigne aussi des décalages entre les qualifications disponibles et celles demandées ; ce qui signifie que le degré de qualification des demandeurs d’emploi (niveau de formation, expérience acquise,…) ne répond pas toujours aux besoins des employeurs (offre d’emploi). 

Exemple : un agent économique ayant une qualification dans le domaine de la production des biens ne peut répondre au profil demandé par un chef d’entreprise qui cherche à recruter un représentant commercial. 

   Le chômage conjoncturel : il résulte d’un ralentissement de l’activité économique marquée par une croissance insuffisante de la dépense et de la production. Il suffirait alors de relancer la croissance économique pour le voir disparaître.  

Par exemple en cas de retournement de la conjoncture économique, les entreprises cherchent à liquider leurs stocks avant de faire de nouvelles productions, ce qui peut freiner l’embauche et créer une montée du chômage.

   Le chômage structurel : il représente une situation dans laquelle les emplois ne peuvent durablement être créés en raison des modifications dans les structures économiques. 

Exemple : la chute de la production des mines du charbon de Jerada.

   Le chômage technologique : il résulte d’une plus grande utilisation des technologies dans le processus de production. Dans certaines entreprises ou branches d’activité, l’introduction de technologies nouvelles s’accompagne de suppressions d’emplois. Ces pertes d’emplois touchent au cours des deux dernières décennies les activités manufacturières qui sont caractérisées par un faible niveau technologique et à forte intensité de main-d’œuvre (textile, sidérurgie, métallurgie,…).

   Le chômage volontaire : c’est un chômage qui résulte du choix des personnes qui au départ étaient actives mais qui par la suite ont opté pour l’inactivité. 

1.3 Les causes du chômage

Le chômage peut être dû à plusieurs facteurs dont :

   La faiblesse de l’investissement et la baisse de la demande intérieure :

La faible demande intérieure (due au tassement des salaires)  et la stagnation des investissements (due à l’augmentation des taux d’intérêts réels) expliquent l’augmentation du  taux de chômage.

   Les coûts salariaux

Pour réduire le niveau des salaires et des charges sociales, les entreprises développent les investissements à forte productivité du travail ; c’est-à-dire ceux qui permettent un maximum de production avec un minimum de main d’œuvre.

   Les bouleversements technologiques

Le recours aux nouvelles technologies est source de suppression d’emplois dans quelques secteurs (automobiles, industrie lourde,…). En effet, l’introduction de technologies nouvelles (nouvelles techniques de production et d’organisation du travail) génère une baisse de la demande de main-d’œuvre.

Toutefois, l’histoire du monde industrialisé a démontré que l’introduction de la nouvelle technologie s’est toujours traduite dans un premier temps par du chômage et ensuite par une demande accrue de main-d’œuvre. Les innovations, par la réduction des coûts de production qu’elles engendrent, entraînent une baisse des prix et donc un accroissement des salaires, des bénéfices et des revenus, ce qui se répercute positivement à long terme sur l’emploi.   

   L’interdépendance entre économies nationales

Les crises qui affectent certaines régions du reste du monde (guerres, catastrophes naturelles, …)  peuvent avoir des conséquences négatives sur certains secteurs d’activité de l’économie nationale créateurs d’emploi (tourisme, artisanat,…) dans la mesure où elles provoquent un ralentissement de l’activité économique (baisse de la croissance, diminution des exportations,…) ce qui se traduit par une baisse du niveau de l’emploi.

   L’inadaptation entre l’offre et la demande sur le marché du travail

Les formations et les qualifications acquises par les personnes à la recherche d’un emploi (demande d’emploi) ne répondent pas toujours aux besoins des entreprises (offre d’emploi). 

L’histoire a montré que les gains de productivité proviennent essentiellement du degré de qualification des travailleurs (niveau d’instruction, l’attitude au travail, l’expérience pratique). Or, ces qualifications de la main-d’œuvre sur le marché du travail sont soit rares, soit inadaptées aux besoins des employeurs. 

        

          2. L’inflation    

L’inflation est un déséquilibre économique qui touche la majorité des économies nationales. 

L’inflation prend plusieurs formes (inflation par les coûts, inflation par la demande,…) ; de même ses causes sont multiples.

2.1 Définition de l’inflation

L’inflation est une augmentation générale et auto-entretenue des prix qui fait intervenir toutes les parties et tous les mécanismes de l’économie nationale.

Selon G. Olive[1] : « l’inflation est :

1.    la hausse du niveau général des prix (et non la hausse du prix de quelques produits),

2.    un phénomène auto-entretenu de hausse des prix (une hausse entraîne d’autres) et non un phénomène isolé et accidentel,

3.    une hausse des prix fondée sur des mécanismes macro-économiques (mettant en jeu l’interdépendance entre toutes les parties et tous les mécanismes de l’économie : production, répartition, formation des prix, ….) ».

2.2 La mesure de l’inflation

L’inflation étant un phénomène global de hausse des prix, elle est généralement mesurée par l’indice général des prix. Cet indice peut être calculé au niveau des différents stades par lesquels passe un produit : production – vente en gros – vente en détail.  

     Stade de la production : on calcule l’indice des prix à la production (industrielle, énergétique,…) qui permet de mesurer l’évolution des prix départ usine (prix hors taxes) de cette production. Le nombre de produits pris en considération est de 171 classés en 22 branches au sein de la nomenclature de la comptabilité nationale marocaine. 

     Au stade du commerce de gros : à ce stade, on calcule l’indice des prix de gros qui permet de mesurer l’évolution des prix des produits finis offerts sur le marché national. Les prix sont généralement relevés chez les grossistes et concernent 231 articles.

     Au stade du commerce de détail : on calcule l’indice à la consommation appelé aussi indice du coût de la vie qui se détermine sur la base de 385 produits et services. Cet indice prend en considération l’ensemble des prix et le poids des biens dans le budget d’un ménage moyen.

2.3 Les formes de l’inflation L’inflation peut prendre plusieurs formes :

     Inflation par les coûts :

Elle désigne l’augmentation des prix qui résulte de la hausse des coûts de production  (matières premières, salaires, etc.)

Cette hausse des coûts est dite inflationniste si elle est auto-entretenue ; c’est ce qui se produit généralement étant donné l’interdépendance des éléments constituant le coût de production.

     Inflation par la demande :

C’est la hausse des prix due à une situation de déséquilibre entre une demande  trop forte par rapport à l’offre.

Les keynésiens[2] font usage de l’expression "inflation par la demande globale". Celle-ci désigne des hausses de dépenses se heurtant à une offre rigide que la montée de la productivité n’arrive pas à satisfaire.  Remarque :

Au niveau macroéconomique, l’inflation par les coûts et l’inflation par la demande sont inséparables. Ainsi :

- la hausse des coûts coïncide souvent avec une hausse des disponibilités monétaires, donc de la demande,

- réciproquement : une inflation qui résulte d’une demande trop forte entraînera une montée des salaires et donc des coûts.

    

Complément d’information :

La spirale inflationniste

 

 

 



Inflation par la monnaie :

La hausse des prix résulte d’une croissance de la masse monétaire beaucoup plus importante par rapport à l’augmentation du volume de la production. Inflation structurelle :

Elle est le résultat de la rigidité des structures économiques : fonctionnement du marché sous certaines structures (monopole1, oligopole1,…), prix garantis de certains produits agricoles, anticipation des acteurs économiques, etc.

2.4 La relation : inflation/chômage

La relation entre l’inflation et le chômage a été développée par A.W.Phillips[3] en 1958. Il a mis en évidence une relation décroissante entre le taux de variation des salaires et le taux de chômage .En effet, une augmentation de la demande globale entraîne une hausse de l’emploi (baisse du taux de chômage) et améliore le pouvoir de négociation des salariés vis à vis des employeurs ; ce qui se traduit par une hausse des salaires et ensuite par une augmentation des prix (inflation).

Courbe de Philips

 



 

 

Cette courbe synthétise la relation inverse qui existe entre chômage et inflation. Cette relation montre que le chômage est dû à une insuffisance de la demande





[1] Dictionnaire économique et social ; J. BREMOND, A. GELEDAN ; HATIER ; 1981

[2] Keynésiens : sont les partisans de J.M. KEYNES : économiste et homme d’action britannique (1883-1946). Il est à l’origine du renouvellement de la pensée économique dans les années 30 et il a fortement marqué de son influence les politiques économiques des pays occidentaux après la deuxième guerre mondiale. Son œuvre la plus connu est la théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936).

[3] A.W.Phillips : (1914-1975) : cet économiste a développé la relation entre les taux de chômage et de la variation des salaires nominaux. Ce modèle s’appuie sur une série statistique concernant la Grande-Bretagne sur la période 1861-1957. 

   

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Chapitre III : Agents, opérations et circuit économique 


        Le tissu économique est constitué de millions d’agents économiques de toute nature : Entreprises, ménages, banques,…. Tous ces agents économiques prennent des décisions et réalisent des opérations qui les mettent en relation les uns aux autres ; ils participent ainsi tous à l’activité économique du pays.  

Pour suivre, comprendre et quantifier les opérations économiques réalisées par l’ensemble d’une nation, il est indispensable de regrouper les agents économiques en différentes catégories. La comptabilité Nationale nous fournit une grille de classification des principaux agents économiques à travers deux notions importantes : la notion d’unité institutionnelle et la notion de secteur institutionnel. 

- L’unité institutionnelle est un centre élémentaire de décision économique caractérisé par l’unicité de comportement et l’autonomie de décision dans l’exercice de sa fonction principale. Une unité est dite institutionnelle dès lors qu’elle jouit de l’autonomie de décision dans l’exercice de sa fonction principale et qu’elle dispose d’une comptabilité complète ou serait en mesure d’en établir une, si cela lui était imposé. 

 

- Le secteur institutionnel : Les nécessités de synthèse ne permettent pas de s’intéresser à chaque unité institutionnelle prise individuellement. Ces unités sont regroupées en ensembles dits secteurs institutionnels. Ces secteurs peuvent être subdivisés en sous secteurs. Chaque secteur ou sous-secteur regroupe les unités institutionnelles ayant un comportement économique analogue. Les unités institutionnelles sont classées en secteurs sur la base de la catégorie de producteurs dont elles relèvent et de la nature de leurs activités et fonctions principales. Ces deux caractéristiques (fonction principale/ ressource principale) sont considérées comme représentatives de leur comportement économique.   

I/- Agents économiques/secteurs institutionnels : 

La comptabilité nationale marocaine classe les agents économiques en six secteurs institutionnels : 

 

Secteurs institutionnels Agents économiques composant le secteur institutionnel 

 Le secteur des sociétés non financières (SNF) 

  - Entreprises publiques / sociétés privées 

-  

Le secteur des sociétés financières (SF) 

  - Banques commerciales 

- Les sociétés d’assurance et organismes de retraite.  

Le secteur des Administrations publiques 

(APU) 

  - Etat central 

- Collectivités locales.  

Le secteur des ménages 

  - Familles, célibataires,… 

- Population des institutions : internats,. 

Le secteur des institutions sans but lucratif   au service des ménages (ISBL). 

  - Partis politiques 

- Syndicats, associations,… 

Le secteur reste du monde - Hors économie nationale 

 

I/-1- Les fonctions et les ressources principales des secteurs institutionnels: 

Chaque secteur institutionnel est défini par sa fonction principale et ses ressources principales. 

     1/- Le secteur des sociétés non financières :  

- Fonction principale : la production de biens et services marchands non financiers. 

- Ressources principales : le produit des ventes de biens ou services. 

2/- Le secteur des ménages :  

- Fonction principale : consommer les biens et services produits par les autres agents économiques. 

- Ressources  principales : salaires, allocations. 

3/- Le secteur des sociétés financières : 

- Fonction principale : collecter l’épargne disponible pour la redistribuer sous forme de prêts aux agents ayant des besoins de financement 

- Ressources principales : l’épargne collectée auprès des ménages, les intérêts perçus sur emprunt,… 

4/- Le secteur des institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBL ) : 

- Fonction principale : produire des services non marchands destinés à certaines catégories de ménages : handicapés,… 

- Ressources principales : les cotisations des adhérents, dons. 

 5/- Le secteur des Administrations publiques (APU) : 

- Fonction principale : produire des services non marchands collectifs et procéder à des opérations de redistribution du revenu entre agents économiques 

- Ressources principales : les ressources liées à la perception de l’impôt ou de cotisations sociales 

6/- Le secteur reste du monde  : 

- Fonction principale : échanger avec des agents économiques nationaux 

- Ressources principales : le produit des exportations de biens et services 

 

 II/- Les opérations économiques : 

Chaque agent économique fait des choix économiques pour satisfaire ses besoins. Ces choix économiques s’effectuent à l’occasion de trois grands moments de la vie économique : 

- La production c’est à dire la création de biens et services 

- La répartition c’est à dire la destination de la production et la formation des revenus 

- La dépense c’est à dire l’acquisition de biens et services   

 

 

Production        Revenu national        Dépense nationale 

 

 

Chacune de ces opérations donne naissance à un flux. La production consiste à créer des biens et services en combinant des facteurs de production (capital et travail) ; cette production est distribuée sous forme de revenus aux apporteurs des facteurs de production (salaires et dividendes). Les agents économiques utilisent une part importante des revenus qu’ils ont perçu en les dépensant (consommation) ; et si le revenu n’est pas totalement consommé, le solde servira à constituer une épargne qui permettra aux entreprises de financer les investissements. La consommation et les investissements forment la demande globale.   

 

                                                    

Y = C+I                       

Dans ce circuit, « production – revenu – dépense » très simplifié, la richesse générée par la production permet de distribuer des revenus à ceux qui ont participé à la production, revenus qui sont eux-mêmes dépensés pour acheter la production. 

 

1/- La production : 

    La production est l’activité qui consiste à créer des biens (produits matériels) et des services qui servent à satisfaire les besoins humains. Ce sont généralement les entreprises qui mettent en œuvre les facteurs de production nécessaires à l’activité productive. Pour ce faire, celles-ci utilisent des facteurs de production qui sont le facteur travail et le facteur capital.  

1/-1- Production marchande/production non marchande : 

Production marchande : ensemble des biens et services produits qui s’échangent ou sont susceptibles de l’être sur un marché, à un prix couvrant au moins les coûts de production. Cette production marchande regroupe donc la totalité des biens et services produits par les entreprises. 

Production non marchande : est le fait des Administrations publiques qui produisent des services à titre gratuit ou quasi-gratuit (éducation, sécurité…). Cette production non marchande a quand même un coût, il faut donc la prendre en compte lors du calcul de la Production d’un pays.  1/-2- Les facteurs de production : 

   Le facteur travail : 

 Dans l’ensemble de l’économie, le facteur travail est constitué par la population active qui comprend la population en âge de travailler et désirant le faire. La quantité du travail est mesurée par le taux d’activité :  

                                                                      Population active 

                              Taux d’activité =    

                                                                        Population totale 

 

 Le facteur capital :  

Il se compose du stock de machines et des équipements (bâtiments, installations, etc.) existants dans l’économie nationale. Ce capital s’use au cours de la production. En comptabilité nationale, le capital est désigné par la formation brute de capital fixe (FBCF).  

La notion de capital peut avoir plusieurs sens : 

- Capital financier : (liquidités, actions, …) 

- Capital physique : (machines,….) 

- Capital humain   : (ressources humaines) 

A ces facteurs de production s’ajoutent souvent d’autres facteurs : le facteur naturel (la terre, l’énergie…), les services (Etudes, conseils…), les biens intermédiaires (emballage, verre, ciment…). 

 

1/-3- La mesure de la production : 

Si nous additionnons la production de chaque entreprise pour connaître la valeur totale de la production d’une économie, nous risquons de comptabiliser une même production plusieurs fois. Pour cela, il convient de ne retenir que l’apport propre de chaque entreprise à la production nationale c’est à dire la valeur ajoutée.  

Valeur Ajoutée = Valeur de la p roduction  – valeur des Consommations  intermédiaires 

Au niveau national :    

  Somme des valeurs ajoutées = Produit intérieur Brut (PIB) 

 

 

1/-4- la notion de productivité : 

La productivité est le rapport entre les quantités produites et les quantités des facteurs qui y ont contribué. On distingue :  

- Les productivités partielles : Les quantités produites sont  mises en rapport avec les quantités d’un seul facteur utilisé. 

La productivité du travail : est le rapport entre le volume de la production et le volume de travail mis en œuvre, mesuré par le nombre de travailleurs (ou le nombre d’heures travaillées). 

La productivité du capital : est le rapport entre le volume de la production et l’évolution monétaire du stock de capital matériel brut en fin d’année. 

- La productivité globale (ou totale) des facteurs :  Les quantités produites sont alors mises en rapport avec les quantités de l’ensemble des facteurs utilisés, obtenues en générale par une pondération du travail et du capital. 

La productivité globale des facteurs = Volume production / Volume de travail + Volume du capital utilisé 

  

1/-5- La fonction de production : Elle décrit la relation entre le volume de la production et le volume des facteurs utilisés. En d’autres termes, elle traduit la relation d’ensemble entre des combinaisons d’inputs technologiquement efficaces et l’output. 

Pour une période donnée et un produit déterminé, La réalisation de l’optimum de production par l’entreprise peut être obtenue selon deux possibilités : 

- Si l’entreprise raisonne à court terme : 

Dans ce cas, le producteur fait varier le facteur aisément variable « le travail », et en maintenant constant le facteur capital. On est devant la loi des rendements non proportionnels. 

L’accroissement d’un facteur de production a dans le temps un rendement plus que proportionnel, et ensuite moins que proportionnel des quantités produites. 

- Si l’entreprise raisonne à long terme : 

Le producteur fera modifier les deux facteurs de production. On se retrouve devant des rendements d’échelle. L’entreprise peut faire appel à une quantité importante de capital et uniquement à une faible quantité de travail (ou inversement) de sorte qu’elle réalise une production qui maximise son profit. Trois cas sont possibles : 

 

soit que le volume de production augmente dans une proportion égale à la quantité des facteurs utilisés : les rendements sont constants.  

soit que le volume de production augmente dans une proportion plus grande. Il y a donc une augmentation de l’échelle de la production (économies d’échelle) : les rendements sont croissants. 

soit que le volume de production augmente dans une proportion moindre (déséconomies ou perte d’échelle) : les rendements sont décroissants. 

 

1/-6- Les coûts de production :  

le coût fixe : est la partie du coût qui ne dépend pas des quantités produites (Q) mais est liée à la structure de l’entreprise. Il faut en effet payer les machines, les bâtiments, etc. et ce quelque soit le niveau de la production. 

le coût variable : est la partie du coût qui varie en fonction du volume de la production. 

le coût total : est défini comme étant l’ensemble des dépenses nécessaires à la production. Ce coût total (ou prix de revient total) (CT) a deux composantes : le coût variable (CV) et le coût fixe (CF). 

                                    C.T = C.V.T + C.F.T = f(Q) 

◼ Le coût unitaire (ou coût moyen) : il représente le coût d’une unité produite. 

Coût moyen   = Coût Total d’un produit  / Quantités produites 

                                                     C.M = C.T/ Q 

◼ Le coût marginal : C’est le coût supplémentaire nécessaire pour produire une unité supplémentaire. 

                                                     Cm =  C.T /  Q  

 

2/- Distribution des revenus :   

La richesse créée (valeur ajouté) est répartie entre les différents agents économiques. 

2/-1- Répartition primaire :   

La répartition primaire des revenus concerne le partage de la richesse créée par l’activité productrice, c’est à dire concerne le partage de la Valeur Ajoutée. La production de biens et services par les entreprises entraîne la distribution de revenus au facteur travail et aux apporteurs internes de capitaux. Ces revenus sont des revenus primaires (salaires, dividendes,…). 

2/-2- Répartition secondaire (redistribution) : 

La répartition primaire des revenus se traduit par l’apparition d’inégalités, tant en terme de salaire que de patrimoine. Ces inégalités sont à l’origine de l’intervention de l’Etat dont la fonction principale est d’assurer une plus grande justice sociale en favorisant une redistribution des revenus(revenus de transfert) au profit des agents économiques les plus pauvres (allocations sociales, allocations d’assistance,…). Ce phénomène de redistribution sociale s’est accru depuis le ralentissement économique engendré par la crise de 1973 et vise deux objectifs essentiels : 

 objectif d’ordre économique : une répartition plus équilibrée des revenus favorise l’activité économique. 

 objectif d’ordre socio-politique : diminuer les inégalités sociales liées aux différences de revenus.  

2/-2-1 Les modalités de la redistribution : 

Plusieurs organismes contribuent à la redistribution des revenus : 

- L’Etat :  

L’Etat assure le rôle de la redistribution des revenus, et ce, dans une optique de correction des inégalités liées à la répartition primaire des revenus. Pour ce faire, l’Etat prélève une partie des revenus des ménages grâce à l’impôt.  

- Les organismes sociaux :  

Les organismes sociaux (Sécurité Sociale  ) protégent les individus contre un certain nombre de risques sociaux (vieillesse, maladie, famille, chômage). Ils sont gérés par les partenaires sociaux (patronat et syndicat de travailleurs) selon le principe de la mutualisation des risques : les individus payent des cotisations sociales à ces organismes. Les sommes ainsi collectées sont alors redistribuées a des bénéficiaires, c’est à dire aux individus qui à un moment donné ont besoin de faire appel à ces organismes. L’ensemble des prestations sociales versées par les organismes sociaux constituent ce que l’on appelle les revenus de transfert.  

Les prélèvements obligatoires représentent l’ensemble des prélèvements opérés par les organismes participant à la redistribution des revenus.  

 

Prélèvements obligatoires = Impôts + Cotisations sociales 

        Prélèvements obligatoires = Impôts + Cotisations sociales 

 

 

                  Administrations publiques 

 

 

         

                                                              Allocations familiales 

Impôts                                                   Retraite        Prélèvements 

Cotisations                                             Assurances obligatoires    sociales                                                

Redistribution  

(Transferts) 

                               

                               2/-3- Le revenu disponible : 

Après imposition et redistribution, il reste à la disposition des agents économiques le revenu disponible ; il s’obtient de la manière suivante : 

Revenu dispRevenu disponible = revenus primaires onible = revenus primaires + revenus de + revenus de transferts – transferts – prélèvements.prélèvements.  

 

Les revenus primaires rémunèrent le travail et le capital, ils sont corrigés des prélèvements et des revenus de transfert ; le résultat est donc le revenu disponible pour la consommation et l’épargne. 

 

                                                                Revenus Revenus Prélèvem=  Revenu 

primaires de -ents disponible 

                        +  transfert                  -                =      - 

 

 

                        

                                                                    Consommation                     Epargne  

                Demande de biens de                        Investissement                Consommation finale            

                                                                   Demande  de biens 

                                                                       De production         

                                       Demande Globale 

 

Les ménages disposant d’un revenu disponible brut ont deux options : soit ils le dépensent afin de satisfaire leurs besoins (consommation), soit ils l’épargne afin de le dépenser plus tard lorsque la nécessité s’en fera sentir (processus de consommation différée dans le temps ). 

3/- La consommation : 

Selon la comptabilité nationale, consommer correspond à l’acte d’utilisation d’un bien ou d’un service à des fins individuelles ou collectives. 

3/-1- Les formes de la consommation : 

- Consommation finale et consommation intermédiaire: 

La consommation finale est définie comme étant l’acte qui consiste à utiliser un bien ou un service en vue de satisfaire directement un besoin humain (exemple : la consommation d’un verre d’eau, …). 

La consommation intermédiaire : il s’agit de la consommation qui se fait au cours du processus de production, c'est-à-dire des biens incorporés pour élaborer d’autres produits (exemples : les matières premières, l’énergie, etc.). Ce type de consommation concerne exclusivement les entreprises. 

- Consommation individuelle et consommation collective : 

la consommation est dite individuelle si l’usage d’un bien est fait par un seul individu (exemple : lecture d’un livre,), 

la consommation est de nature collective quand le bien ou le service peut être consommé en même temps par plusieurs personnes (exemple : routes, sécurité, justice, éclairage public, etc.). 

3/-2- Le consommateur et la demande : 

La demande sur un marché est le nombre d’unités d’un bien ou d’un service qu’un consommateur est disposé à acheter, au cours d’une période donnée. La demande dépend de plusieurs facteurs : le prix (P), le revenu disponible (R), le goût des consommateurs (G), etc… 

Q  = f (P, R, G,…) 

3/-3- Facteurs déterminants de la demande : 

Effet prix : plus le prix d’une marchandise diminue, plus la quantité demandée sera élevée. 

Effet revenu : la variation du revenu du consommateur modifie son pouvoir d’achat.  

Effet de substitution : en cas de hausse du prix d’un bien donné (exemple: huile), la demande portera sur  des biens concurrentiels (exemple: beurre) dont les prix sont restés constants. 

Effet d’habitude : les prix des produits de base (pain, huile, sucre) sont souvent stables. Toutefois s’ils augmentent, cela ne réduit souvent pas leur consommation car ils demeurent des biens de première nécessité.  

 

    

 

3/-4- Exceptions à la loi de la demande : 

Les produits de luxe : les biens de luxe sont liés à un phénomène de prestige. Ils sont achetés en raison même de leur prix très élevé. Une hausse des prix de ces biens n’entraîne pas forcément une baisse de la demande. 

Les situations spéculatives : l’anticipation d’une hausse des prix peut engendrer une augmentation de la demande. 

Les produits de base devenus biens inférieurs : un bien est dit inférieur lorsque la quantité demandée de ce bien varie au sens inverse du revenu réel. Si le revenu augmente, la quantité demandée baisse (et inversement). Un bien inférieur est ainsi un bien de première nécessité, jugé inférieur par le consommateur car son revenu lui permet d’utiliser des biens de meilleure qualité (exemple : utilisation du miel au lieu du sucre). 

 

3/-5- Elasticités : 

l’élasticité-prix de la demande : 

Cette élasticité permet de mesurer la relation qui lie l’évolution du prix et l’évolution de la demande d’un bien. 

 

Elasticité-prix de la demande = variation de la demande (en %) / variation des 

  prix (en %) 

Trois cas peuvent se produire : 

- élasticité-prix négative : une hausse du prix de vente entraîne une diminution de la demande du bien de la part des ménages. A l’inverse, une baisse du prix de vente se traduit par une augmentation de la demande du bien. 

- élasticité-prix nulle : la variation du prix de vente d’un bien n’a aucune incidence sur la demande globale adressée à ce bien. 

- élasticité-prix positive : une hausse du prix de vente entraîne une augmentation de la demande adressée à ce bien (cas des biens de luxe). 

 

l’élasticité-revenu de la demande : 

Cette élasticité permet de mesurer la relation qui lie l’évolution du revenu et l’évolution de la demande. 

 

  Elasticité-revenu de la demande = variation de la demande (en %) / variation du revenu ( en % ) 

  

Trois cas peuvent se produire : 

 élasticité-revenu négative : une hausse du revenu entraîne une diminution de la consommation de la part des ménages. 

 élasticité-revenu nulle : la variation du revenu n’a aucune incidence sur la consommation globale du ménage, ce qui témoigne d’un comportement d’épargne. 

 élasticité-revenu positive : une hausse du revenu entraîne une augmentation de la 

consommation du ménage.  

  

3/-6- La consommation dans la pensée économique : 

La consommation représentant est une variable fondamentale en économie. Un certain nombre d’économistes se sont attachés à définir précisément la fonction de consommation.  

1/- L’approche de KEYNES : 

L’analyse keynésienne insiste sur la relation privilégiée qui existe entre la consommation et le revenu. La relation consommation / revenu est déterminée par la notion de propension moyenne à consommer. Cette propension moyenne à consommer se calcule en faisant le rapport entre consommation finale des ménages et leur revenu. Elle détermine donc la part du revenu des ménages qui est consacrée à la consommation.  

 

Propension moyenne à consommer = consommation finale des ménages / 

  revenu disponible 

 

KEYNES définit par suite la propension marginale à consommer, qui détermine dans quelle mesure une variation des revenus à un impact sur la consommation finale.    

 

 Propension marginale à consommer = accroissement de la consommation / accroissement du revenu 

 

L’approche de Keynes repose sur le principe que le revenu s’accroît, la consommation augmente dans des proportions moins importantes. En d’autres termes, les ménages épargnent une part croissante de leur revenu au fur et à mesure que celui-ci s’accroît. 

La conséquence de cette loi approche est donc que la propension moyenne à consommer des ménages doit diminuer dans le temps avec l’augmentation des revenus. 

La consommation est donc une fonction croissante à taux décroissant du revenu courant (PMC décroissante). 

ΔC/C < ΔR/R, donc ΔC/ΔR < C/R, soit :PmC < PMC. 

Fonction de consommation keynésienne 

C = cY + Co 

Avec 0 < c < 1  

  

Puisque le revenu a une double utilisation, à savoir la consommation et l’épargne (Y = C + S), la fonction de consommation peut également être exprimée par la fonction d’épargne.  

 

               La fonction de consommation devient alors :  S = (1 – c) Y - C0 

 

  

 

A la suite de KEYNES, d’autres auteurs sont venus compléter l’analyse de la fonction de consommation en approfondissant la relation consommation / revenu.  

2/- L’approche de DUESENBERRY : Théorie du revenu relatif  Cette théorie est basée sur deux principes :  

- Les ménages définissent leur niveau et structure de consommation non, pas uniquement par rapport à leurs revenus (personnels) mais également se référent aux dépenses, et donc aux revenus, de la classe sociale immédiatement supérieure (revenu relatif)  

- Les ménages ont tendance à vouloir maintenir leur niveau de consommation par rapport à celui des périodes précédentes. Autrement dit, la consommation d’une période est plus fonction du revenu antérieur le plus élevé que du revenu de la période courante (revenu courant). 

Duesenburry estime que dans le cadre de fluctuations conjoncturelles de l’économie, la consommation n’évolue pas proportionnellement au revenu 

 

 

3- L’approche de M. FRIEDMAN : Il introduit la notion de revenu permanent. La consommation reste liée au revenu. Cependant, elle ne dépend pas du revenu réel du ménage, mais plutôt du revenu futur anticipé par l’agent économique. Ce revenu permanent est alors déterminé par l’agent économique en fonction entre autres de son niveau d’étude, de ses compétences professionnelles, ainsi que du patrimoine qu’il possède.                                         

                                               R = Rp + Rt. 

Avec : Rp : Revenu permanent et  Rt : Revenu transitoire (courant). 

Une variation de revenu n’influence pas la consommation si elle n’affecte que le revenu transitoire car la consommation se base sur le revenu permanent. 

 

4/- L’Epargne : 

L’épargne correspond à la partie du revenu disponible des ménages qui n’est pas consacrée à une consommation immédiate.  

4/-1- La mesure de l’Epargne :  

 L'effort d'épargne des ménages est mesuré par le taux d'épargne. 

                                                                      Montant de l'épargne des ménages  

 Taux d’Epargne =                                                                                                               * 100                                                                  Revenu disponible des ménages 

 

 

4/-2- Les motifs de l’Epargne : 

Les ménages font l’épargne pour plusieurs raisons : 

Epargne de précaution : désigne la fraction de l’épargne consacrée pour faire face aux aléas de la vie (maladie, perte d’emploi, accident,…). Il s’agit de disposer d’une réserve qui constituera une marge de sécurité. 

Epargne spéculative : est l’ensemble des revenus épargnés dans le but de tirer partie des occasions de plus-value en capital.  

Epargne en vue de disposer de liquidités : l’épargne dans ce cas est constituée afin de permettre une dépense de consommation plus importante dans le futur. 

Epargne en vue de constituer un patrimoine : ce patrimoine peut prendre des formes différentes (immobilier, …) et sert soit à fournir un complément de revenu, soit à être transmis sous la forme d’un héritage aux descendants. 

 

4/-3- Les utilisations de l’épargne : 

Thésaurisation : un agent thésaurise s’il conserve des valeurs (argent, lingots,…) de façon inactive. 

Placement : la part du revenu épargnée est placée dans différents actifs financiers 

(assurance-vie, valeurs mobilières, placement à la banque, …) quand l’agent économique est à la recherche d’un rendement financier. 

Investissement : désigne la part de l’épargne affectée dans les actifs non financiers. Le logement (actif immobilier) représente le principal actif non financier des ménages. 

 5/- L’investissement : 

L’investissement désigne l’accroissement apporté au capital de l’économie nationale, soit au capital technique ( machines, bâtiments, …) soit au capital humain( formation et qualification,…).   

En comptabilité nationale, l’investissement est défini par la formation brute de capital fixe 

(FBCF) qui représente la valeur des biens durables acquis par les unités productrices afin d’être utilisés dans leur processus de production. 

 5/-1- Types d’investissements : 

 On distingue plusieurs types d’investissements en fonction des effets attendus sur la structure productive : 

L’investissement de capacité (investissement net) : il correspond à une augmentation de la capacité de production par l’acquisition de nouvelles machines,… afin de répondre à une augmentation de la demande. 

L’investissement de remplacement : il représente l’acquisition de machines dans le but de remplacer celles qui sont usées ou devenues obsolètes. 

L’investissement de productivité : il a pour objet d’accroître l’efficacité du travail humain. Il s’agit parfois de remplacer des hommes par des machines ou d’augmenter la productivité du travail. 

 5/-2- Le financement des investissements : 

Pour investir, une entreprise doit disposer de ressources financières afin d’acquérir les équipements nécessaires à la production. Ces ressources ont essentiellement deux origines : 

- L’autofinancement : c’est à dire les ressources propres de l’entreprise (bénéfices non distribués,…). 

- Les ressources externes : emprunts auprès des établissements de crédit, emprunt obligataire, augmentation du capital par appel à de nouveaux actionnaires,… 

 


L’activité économique qui résulte de diverses opérations économiques effectuées par les secteurs institutionnels est retracée dans ce qu’on appelle le circuit économique.  

 

 

III/- Le circuit économique : 

L’économie est un ensemble complexe de relations appelées flux qui lient les agents économiques entre eux. Ainsi l’économie peut-elle être représentée schématiquement par un circuit économique. 

Cette vision de circuit repose sur deux considérations essentielles : 

L’économie est un ensemble de marchés où se confrontent une offre et une demande. Chaque bien ou service échangé est représenté par son marché (marché de travail, marché des biens et services, marché des capitaux….) et les entités économiques fondamentales 

(entreprises, ménages) fonctionnent de manière interdépendante, ce qui signifie que l’action de l’une de ces unités a des conséquences sur le comportement des autres agents économiques. 

L’économie repose sur un certain nombre de fonctions économiques essentielles (production, consommation…) qui sont l’œuvre d’agents économiques spécifiques. Ces différentes fonctions économiques sont reliées entre elles par des flux réels et monétaires.  

 

1/-Circuit économique simplifié: Entreprises-Ménages 

Le circuit économique le plus simple décrit comment les entreprises créent simultanément des biens et services (flux réels) et des revenus (flux monétaires). Ces revenus sont perçus par les ménages en échange des facteurs de production (travail, capital) qu’ils ont fournis aux entreprises et qui constituent un flux réel. Les ménages dépensent leurs revenus et achètent sur le marché des biens et des services, produits par les entreprises.  

On voit donc apparaître sur le schéma ci-dessous un circuit réel et, en sens inverse un circuit monétaire. 

 

  Les ménages mettent à la disposition des entreprises la force de travail. 

 Les entreprises versent des salaires aux ménages comme contrepartie de la vente de leur force de travail. 

  Les entreprises fournissent les biens et services qu’elles ont produits aux ménages. 

 Les ménages dépensent leur revenu pour acquérir les biens et services fournis par les entreprises 

 

2/-Les sociétés financières dans le circuit économique : 

Prendre en considération les opérations financières nécessite l’intervention d’un nouvel agent : les sociétés financières. Celles-ci permettent la rencontre entre les prêteurs (épargnants) et les emprunteurs (entreprises). 

Les sociétés financières contribuent à la régulation des besoins et des moyens de financement de l’économie nationale. 

Les ménages sont considérés comme « agents à excédent » car ils disposent généralement d’une « capacité de financement » pour financer les investissements des autres agents. 

Les entreprises sont considérées comme « agents à déficit ». Pour la plupart, elles ont un 

« besoin de financement », étant donné leur rôle important en matière d’investissement (acquisition des biens de production). 

 

                    Flux monétaire 

Les opérations effectuées par les sociétés financières sont nombreuses : 

 collecter les dépôts des ménages, 

 mettre à la disposition des ménages les moyens de paiement (chèques, cartes bancaires, virements), 

 prêter de l’argent aux ménages, 

 recevoir les dépôts des entreprises,  

 rendre les retraits possibles pour les entreprises par le biais de différents moyens de paiement, 

 accorder des prêts aux entreprises, 

 recevoir les remboursements effectués par les ménages et les entreprises (montant du prêt et des intérêts). 

 

3/- Les administrations publiques dans le circuit économique : 

Par administration publique, on entend l’administration centrale (les ministères), les collectivités locales (communes, etc.) et les organismes de sécurité sociale. Les administrations publiques effectuent des opérations avec les autres agents économiques qui se traduisent par des flux.  

• Certains flux représentent la fonction classique des administrations publiques qui est la production des services non marchands au profit de la collectivité. 

En parallèle, les administrations publiques imposent des taxes et des impôts pour financer leurs dépenses qui sont : 

- les dépenses de fonctionnement (Le versement des salaires aux fonctionnaires et agents de l’Etat, électricité, eau, …),  

- les dépenses d’investissement qui permettent de financer les équipements collectifs (hôpitaux, écoles publiques, routes, etc.). 

• D’autres flux sont liés au domaine social et économique, tels que les transferts de revenus. Ces transferts concernent : 

- les transferts sociaux : ils couvrent les charges des ménages (maladies, invalidité, charges de famille,…) qui se traduisent par différentes prestations sociales offertes à leur profit (organismes de sécurité sociale,…), 

- les transferts économiques : ils sont accordés par l’Etat aux entreprises pour favoriser leur développement et/ou rétablir leur équilibre financier (subventions).  

 

1. Prélèvement des impôts et taxes aux ménages, 

2. Réception des cotisations sociales des ménages, 

3. Versement des traitements et salaires aux fonctionnaires, 

4. Accord des prestations sociales (allocations familiales, aide sociale,…), 

5. Prélèvement des impôts et taxes aux entreprises, 

6. Perception des cotisations sociales réglées par les entreprises, 

7. Distribution d’une partie des revenus collectés sous forme de subventions aux entreprises, 

8. Prélèvement des impôts et taxes aux sociétés financières, 

9. Prélèvement des cotisations sociales aux sociétés financières,  

10. Accord aux sociétés financières des aides financières et des subventions, 

11. Accord des prêts par les sociétés financières aux administrations publiques. 

 

4/- Circuit économique ouvert sur l’extérieur : 

Le circuit économique doit être complété en ajoutant l’extérieur. Les économies sont des « économies ouvertes » dans la mesure où des liens se tissent à travers les échanges économiques. Les flux qui s’établissent entre une économie et le reste du monde peuvent aussi être schématisés par un circuit. 

 

Economie nationale 

 

 

 Reste du monde  

  Recettes provenant des exportations  

  

 Dépenses résultant des importations   

 

  Recettes et dépenses entraînées par le tourisme 

 

 Capitaux placés à long et à court terme 

 Remboursements  


  Revenus monétaires  

 

 Transferts privés 

  

 Transferts publics  

 

L’économie nationale entretient avec le « reste du monde » un certain nombre de relations d’échange : 

 

 Recettes provenant des exportations : toute vente de biens et services au reste du monde procure des recettes en devises pour la Nation, 

 Dépenses résultant des importations : tout achat de biens et services au reste du monde nécessite des dépenses en devises, 

 Recettes et dépenses entraînées par le tourisme : tous les flux touristiques en direction du reste du monde entraînent des dépenses touristiques, alors que ceux en provenance de l’extérieur constituent des recettes touristiques pour le pays, 

 Capitaux placés à court et à long terme / remboursements : ce sont des placements financiers qui peuvent être effectués du pays vers l’étranger et de l’étranger vers le pays. On peut citer le cas des investissements de portefeuille (exemples : actions de placement hors frontière, obligations, titres monétaires,…) qui donnent lieu à des remboursements, 

 Revenus monétaires : une économie nationale peut percevoir des revenus monétaires du reste du monde et vice versa : 

revenus des investissements tels que les intérêts, les dividendes,… 

 Transferts privés : ils sont effectués par des particuliers (exemple : transferts des Marocains Résidant à l’Etranger), 

 Transferts publics : ce sont des opérations effectuées par des organismes publics (exemple : contribution aux organisations internationales). 


5- Le circuit économique d’ensemble : 

Le circuit économique comme représentation théorique décrit le fonctionnement et la régulation de l’activité économique. 

 

Cinq catégories d’agents économiques : administration publique, sociétés financières, entreprises, ménages et le reste du monde sont pris en considération dans ce circuit économique. 

Opérations effectuées par les entreprises 

2. Production et consommation des biens et des services. 

3. Paiement des salaires aux ménages. 

4. Recettes de la production et dépenses de la consommation sur le marché des biens et services. 

5. Paiement des impôts et des cotisations sociales à l’Etat. 

6. Bénéfice des subventions accordées par l’Etat. 

7. Consommation de services non marchands produits par l’Etat. Opérations effectuées par les ménages 

1. Vente du facteur travail aux entreprises. 

3. Réception de salaires payés par les entreprises en échange du travail. 

4. Dépense de leur revenu dans l’achat de biens et services produits par les entreprises. 

5. Paiement des impôts et des cotisations sociales à l’Etat. 

6. Perception de revenus de transferts des administrations publiques. 

7. Consommation de services non marchands produits par l’Etat. 

Opérations effectuées par les sociétés financières  

8. Prêts / emprunts pour les ménages : il s’agit des crédits accordés ou des dépôts collectés  

9. Prêts / emprunts pour les entreprises. 

Pour l’ensemble des flux impliquant les sociétés financières, se reporter au circuit de la page 14. 

Opérations concernant le reste du monde 

10. Relations d’échange (exportations, importations,…) entre la Nation et le reste du monde. 

 

6/- Le circuit économique Keynésien :  

J. M. KEYNES s’interroge sur les facteurs qui déterminent le niveau de production et celui  de  l’emploi.  Cette  réflexion  nécessite  un  circuit  dynamique  car  une  variation  de  la dépense engendre une variation de la demande, donc des prix. 

 

Dans le cadre de ce modèle, J.M.Keynès définit un équilibre macroéconomique : 

 

- L’équilibre macro-économique keynésien: 

 

Equilibre: Y + M = C + I + G + X + ΔS 

                    Ressources  =   Emplois 

Donc : Y = C + I + G + ΔS  +   X – M  

                           Demande intérieure  +   solde extérieur  

-   

En détail : Y = Cp + Cg + Ip + Ig + G+ΔS + X – M.  

 

 

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