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La régulation économique

La régulation économique 

La régulation économique


Objectifs 

Présenter  les mécanismes de la régulation par le marché, 

préciser les limites de la régulation par le marché, 

décrire les mécanismes de la régulation par l’Etat : la politique économique, 

présenter les différents types de politique économique. 

Les économies connaissent assez souvent des dérèglements économiques (inflation, chômage, etc.). Ces imperfections en matière de fonctionnement économique sont contrecarrées par les mécanismes de régulation qui se font par le biais du marché ou encore de l’Etat, d’où la régulation par le marché ou la régulation par l’Etat. 

   

  1. La régulation par le marché  

   

Les marchés constituent un des fondements essentiels des économies capitalistes. Ils sont conçus comme des mécanismes de régulation qui permettent de réaliser l’équilibre entre les qualités offertes et les quantités demandées ; on parle alors d’économie de marché. 

Dans une économie de marché, la concurrence pure et parfaite est nécessaire pour 

aboutir à l’équilibre entre l’offre et la demande. Cet équilibre est, dans la réalité, difficile à atteindre et les situations de marché de concurrence imparfaite sont la règle. 

1.1 La notion de marché 

Le marché représente un lieu d’échange d’un bien ou d’un service. Cet échange se réalise au prix du marché.

 1.1.1 Définition 

Le marché peut se définir comme le lieu de rencontre entre une offre et une demande. Cette rencontre détermine une quantité échangée (biens et services,  monnaie,  titres financiers,…) et un prix de vente (prix des biens pour le marché des biens et des services, cours boursier pour le marché des titres financiers, taux d'intérêt pour le marché monétaire,...). 

1.1.2  Les critères de différenciation des marchés  

En réalité, il y a autant de marchés différents que de biens ou services vendus. Pour cela, plusieurs critères sont retenus pour distinguer ces différents types de marchés : 

• La localisation géographique On distingue : 

- la localisation réelle à des endroits déterminés : bourses de valeurs, bourses de marchandises, etc. 

- la localisation abstraite d’un marché : le cas du marché des changes. 

• L’objet des échanges 

L’échange peut porter sur différents produits. On distingue : 


- le marché de marchandises : exemples caoutchouc, laine, etc. 

- le marché des capitaux : c’est le lieu de rencontre entre l’offre et la demande des capitaux à court terme (marché monétaire) ou à long terme (marché financier), 

- le marché des services : il correspond au lieu de rencontre entre l’offreur et le demandeur d’un service (exemple : marché des assurances, marché du travail, etc.), 

- le marché des changes : c’est le lieu de rencontre entre l’offre et la demande de devises (monnaie étrangère). 


• L’organisation des transactions 

- certains marchés sont réglementés par les pouvoirs publics (exemple : les bourses de valeurs), 

- d’autres marchés sont soumis au libre jeu de la concurrence, on parle alors de libéralisation des marchés ou encore de déréglementation des marchés c’est à dire l’absence de règles imposées par les pouvoirs publics.  


1.2 Les différents types de marchés 

Le marché est au centre de l'économie libérale. On distingue plusieurs types de marchés selon le nombre des acheteurs et le nombre des vendeurs. Pour étudier les caractéristiques de ces différents marchés, les économistes ont dû les classer dans un certain nombre de formes types :                          

           Vendeurs  Un Quelques-uns Multitude 

Acheteurs 

Un Monopole bilatéral Monopsone contrarié Monopsone  

Quelques-uns Monopole contrarié Oligopole bilatéral Oligopole 

Multitude  Monopole  Oligopole  Concurrence parfaite 

Malgré la diversité propre aux situations réelles, on peut avancer l’existence de deux types de marchés : le marché de concurrence pure et parfaite et le marché de concurrence imparfaite. 


1.2.1 Le marché de concurrence pure et parfaite (CPP) 

Le marché de concurrence pure et parfaite (grand nombre d’acheteurs/grand nombre de vendeurs) correspond  à un schéma idéal que les économistes ont tracé. Ce schéma ne doit donc être conçu qu'en tant que base de raisonnement car dans la réalité le marché de concurrence pure et parfaite est rarement rencontré. En effet, la réalité économique se rapproche plus de la concurrence imparfaite. 


L’existence d’un marché de concurrence pure et parfaite nécessite la réalisation de cinq conditions :   

Atomicité du marché : il y a la présence d'un grand nombre d'offreurs et  de demandeurs. Ces offreurs et ces demandeurs doivent être de taille réduite (atomes). L’atomicité suppose qu’aucun agent du marché (acheteur ou vendeur) ne peut, par sa seule action, exercer une influence sur les conditions du marché (baisser les prix, réduire l’offre,…). 

Transparence du marché : la transparence d'un marché se caractérise par une parfaite circulation de l'information sur les conditions du marché. Cela signifie qu'à tout moment, les acheteurs doivent pouvoir connaître l'ensemble des prix pratiqués par les vendeurs. De même, cela suppose que les producteurs puissent connaître à tout moment les conditions de prix et de production de leurs concurrents.  

Homogénéité du produit : tous les produits offerts sur le marché sont homogènes (identiques). En d'autres termes, les entreprises livrent des produits que les acheteurs jugent identiques. Ils n’ont pas de raison de préférer le produit d’une entreprise au produit d’une autre entreprise. Cela suppose l'absence de publicité et cela suppose aussi que les entreprises ne pratiquent pas une politique de différenciation des produits.  

Mobilité des facteurs de production : les agents et les biens peuvent circuler librement. Cela suppose que n'importe quel acheteur ne soit pas gêné par la distance géographique, les frais de transport, les habitudes commerciales, etc. pour entrer en contact avec n'importe quel vendeur. Cela suppose aussi que les entreprises puissent continuellement déplacer les facteurs de production d'un produit pour pouvoir s'adapter aux variations de la demande.  

L'entrée libre sur un marché : dans cette hypothèse l'accès des offreurs ou des demandeurs à un marché doit être totalement libre. Toute réglementation imposant des conditions préalables à l'exercice d'une activité est donc exclue.  


1.2.2 Le marché de concurrence imparfaite  

Dans la réalité, les marchés ne respectent pas les conditions de la concurrence pure et parfaite. Les marchés sont souvent en situation de concurrence imparfaite. On avancera quelques cas relatifs à la situation des marchés actuels :

 • le monopole 

C’est une structure de marché où il n’y a qu’un seul offreur face à une multitude de demandeurs. L’offreur détermine donc tout seul le niveau de production et il cherche alors à maximiser son profit. Les prix y sont plus élevés et les quantités moindres que sur un marché de concurrence pure et parfaite.  


• le monopsone 

Il n’y a qu’un seul demandeur face à plusieurs offreurs. Le demandeur cherche donc à minimiser les prix. 


• le monopole bilatéral  On peut distinguer deux cas :  

- monopole bilatéral de type individuel : cette structure de marché est en réalité assez rare. Il est en effet difficile de rencontrer une situation dans laquelle il y a un seul offreur et un seul acheteur. 

- monopole bilatéral collectif : c’est une situation très fréquente. C’est l’exemple des négociations entre le groupement des producteurs et le groupement des consommateurs. 


• l’oligopole: 

C’est une situation de marché où il y a la confrontation de quelques vendeurs à une multiplicité d’acheteurs. Les situations d’oligopole sont très fréquentes dans les économies contemporaines (exemple : le marché de l’automobile). 


1.3 La formation des prix 

Sur un marché, les biens et services s’échangent par l’intermédiaire des prix. La formation des prix diffère selon qu’on est en présence de la concurrence pure et parfaite ou de la concurrence imparfaite. 


1.3.1 En régime de concurrence pure et parfaite  

La rencontre de l’offre et de la demande  détermine spontanément le prix (prix unique). Il s’agit d’un prix d’équilibre qui permet de réaliser le maximum d’échanges. 

 

L’offre est une fonction croissante par rapport au prix : plus un bien est échangé à un prix élevé, plus les entreprises seront incitées à le produire. 

La  demande est une fonction décroissante par rapport au prix : la demande d’un bien est d’autant plus importante que le prix de ce bien est faible.  

Au point d’intersection des deux courbes, la demande est égale à l’offre et ce, à un prix d’échange P. C’est le prix d’équilibre.  


1.3.2 En régime de concurrence imparfaite : 

On présentera la détermination des prix en faisant référence à quelques types de marché. 


En situation de monopole : 

Le prix du monopole présente les caractéristiques suivantes : 

- Il ne constitue pas le prix le plus bas : étant donné que le monopoleur peut se permettre de fixer le prix. Dans ce cas, il prendra en compte du niveau de la demande qui lui permettra de se procurer le maximum de profit. 

- Il ne permet pas forcément un maximum d’échanges : pour rendre maximum son bénéfice, le producteur optera pour la réduction de sa production pour pouvoir vendre à un prix plus élevé. En d’autres termes, le choix à effectuer : c’est produire moins et vendre plus cher. 

- Il n’est pas unique : le monopole a intérêt à diversifier ses prix en tenant compte du pouvoir d’achat des consommateurs. 


En situation de concurrence monopolistique : 

Le prix dans ce cas est déterminé en tenant compte de deux situations : 

- la concentration1 : la concentration industrielle a diminué le nombre de marchés sur lesquels il y a atomicité de l'offre et de la demande, les produits sont le plus souvent différenciés et il existe des barrières à l'entrée des marchés (réglementation des marchés). 

- ententes : généralement, les entreprises s’entendent sur le partage du marché afin de préserver les prix à un certain seuil qui maximise leur profit. 


1.4 Les limites de la régulation par le marché 

 Les limites de la régulation par l’intermédiaire du marché se révèlent à plusieurs niveaux. • Le marché ne décrit pas la réalité : 

- le modèle théorique de la concurrence pure et parfaite n’est pas vérifié, 

- les agents économiques n’ont pas forcément un comportement rationnel, 

- la réalité montre une certaine interdépendance entre un grand nombre de marchés, - ce sont les entreprises qui généralement fixent les prix, 

- l’équilibre n’est pas forcément spontané entre les offres et les demandes, 

- le fonctionnement du marché est assuré avec l’engagement de l’Etat dans certaines situations économiques. 


• Négligence par le marché de certains facteurs : - Les effets externes  (notamment la pollution), 

- rapports de force défavorable pour certains agents économiques (exemple : petite entreprise / grande entreprise, clients / fournisseurs, … etc.), • Difficulté d’application de la régulation par le marché : 

- sur le plan social (pauvreté, inégalités,…), - au niveau des biens collectifs (construction de routes, de barrages, d’hôpitaux, etc.).  


  2. La régulation par l’Etat : la politique    économique  

La régulation de l’économie par l’Etat se fait par le biais de la politique économique. La crise de 1929 a montré que la régulation de l’activité économique par le marché renferme beaucoup de limites. C’est pourquoi le recours à l’intervention de l’Etat s’avère très souvent déterminant pour maintenir les équilibres macro-économiques. 


2.1 Définition  

La politique économique désigne l’ensemble des décisions cohérentes prises par l’Etat afin d’atteindre, grâce à l’utilisation de différents instruments, certains objectifs concernant la situation économique et sociale du pays. 


2.2 Les objectifs de la politique économique  

Les principaux objectifs de la politique économique sont, pour les économistes, au nombre de quatre :  

la croissance économique : Les pouvoirs publics  cherchent à instaurer une croissance économique forte et durable. La croissance économique est mesurée par le taux de croissance du PIB. 

La stabilité des prix : (mesurée par le taux d’inflation) l’Etat cherche à préserver le pouvoir d’achat des agents économiques en luttant contre les excès de l’inflation (maintenir le niveau général des prix à un taux jugé raisonnable). 

Le plein emploi des facteurs de production : (mesuré par le taux de chômage en % de la population active) L’objectif de l’Etat est d’encourager la création d’emploi (lutter contre le chômage). 

L’équilibre des comptes extérieurs : essentiellement la balance commerciale. Cela permet : 

- d’éviter une inflation importée, 

- de maintenir une compétitivité externe de l’économie nationale, - de limiter les fluctuations des changes. 

Ces objectifs ont été schématisés par l’économiste N.Kaldor sous la forme d’un carré magique. 

 

          

Complément d’information : 

Carré magique de N. KALDOR 

     

 

 

 

A l’Ouest : est représenté le taux de chômage en % (nombre de chômeurs / population active), 

A l’Est : est représenté le taux d’inflation en %, 

Au sud : est représenté le solde de la balance courante. 


Le carré magique reste un schéma idéal car on ne peut pas intervenir sur l'économie en vue d'atteindre un objectif sans modifier les moyens d'arriver à la réalisation d'un ou plusieurs des autres objectifs, d'où la notion de carré magique, c'est à dire d'un ensemble de quatre objectifs que l'on ne peut jamais avoir totalement atteints.  


Exemple : il est difficile de baisser à la fois le taux d’inflation et le taux de chômage. En effet, la lutte contre l’inflation se traduit par l’application d’une politique salariale rigoureuse et par l’augmentation des taux d’intérêt ce qui décourage l’investissement et par la suite l’emploi.  


2.3 Les différents types de politiques économiques  

On distingue deux grands types de politiques économiques selon les objectifs poursuivis par l'Etat : s'il s'agit de palier à un ralentissement temporaire de l’activité économique, l'Etat mettra en œuvre une politique conjoncturelle. Si au contraire, il s'agit d’agir sur les structures économiques du pays pour transformer le mode de fonctionnement du système économique l'Etat aura recours à une politique structurelle.  


2.3.1 La politique économique conjoncturelle  

La politique conjoncturelle  vise à orienter, sur le court terme, l’activité économique afin de maintenir ou de rétablir les grands équilibres macro-économiques de la nation. Les objectifs de la politique conjoncturelle sont ceux définis par le carré magique (croissance, stabilité des prix,…). Ces objectifs ne sont jamais tous atteints à la fois : si certains sont complémentaires (Exemple : croissance et plein emploi), d’autres sont incompatibles (Exemple : plein emploi et stabilité des prix). C’est la conjoncture économique qui dicte aux pouvoirs publics l’ordre de priorité entre ces différents objectifs. 

Les politiques conjoncturelles peuvent être soit des politiques de relance (Go) pour faire face au ralentissement de l’activité économique (récession, chômage), soit des politiques de rigueur (Stop) pour atténuer les effets de la surchauffe économique (Excès de croissance, inflation). Ce sont donc des politiques de "stop and go". 

 

Complément d’information : 

La politique économique conjoncturelle 

  

  

  Exemple de mesures relevant d'une politique de relance 

 

2.3.2 La politique économique structurelle  

Elle porte sur le long terme et vise à agir sur les structures économiques du pays (l’aménagement du territoire, politique agricole, politique industrielle,…). Les mesures prises dans le cadre de la politique structurelle se traduisent par des réformes profondes qui ne prendront leur plein effet que sur le moyen ou le long terme. 


2.4 Les instruments de la politique économique 

Les pouvoirs publics disposent de plusieurs instruments pour agir soit sur la conjoncture économique (politique budgétaire, politique monétaire, politique des revenus), soit sur les structures de l’économie nationale (politique industrielle).  


2.4.1 Les instruments de la politique économique conjoncturelle : 

Les principaux instruments utilisés par l’Etat dans le cadre de la politique économique conjoncturelle sont : la politique budgétaire et la politique monétaire. 


2.4.1.1 La politique budgétaire 

Le budget constitue un moyen d’intervention de l’Etat pour réajuster la politique économique en fonction de la conjoncture. 


2.4.1.1.1 Définition du budget et de la loi des finances 

Le budget est défini comme l’acte par lequel sont prévues et autorisées les recettes et les dépenses de l’Etat. Il est arrêté par le parlement dans le cadre de la loi des finances qui traduit les objectifs économiques et financiers du gouvernement. On distingue trois catégories de lois des finances : 

La loi de finances de l’année : prévoit et autorise l’ensemble des ressources et des charges annuelles. 

Les lois rectificatives : elles interviennent pour corriger au cours de l’année les évaluations des charges et des ressources établies par la loi de finances de l’année et les adapter aux nécessités de la conjoncture économique. 

La loi de règlement : elle constate le montant, définie les encaissements des recettes et d’ordonnancement des dépenses se rapportant à une même année budgétaire et arrête le compte de résultat de l’année. Elle permet de vérifier la conformité des résultats aux autorisations parlementaires. 

Au Maroc, l’élaboration du budget s’appuie sur un cadre de référence qui définit les orientations, les objectifs et les modalités de la politique budgétaire. Il s’agit en particulier : 

Des Hautes Instructions Royales prescrites à l’occasion des discours ou de messages adressés au peuple, 

des déclarations du Premier Ministre devant le parlement, • des orientations des plans de développement.   


2.4.1.1.2 La structure du budget général de l’Etat 

Le budget se divise en deux parties : les recettes et les dépenses. 

• Les recettes de l’Etat :  

Elles comprennent essentiellement : - les impôts directs (IGR, IS), 

- les impôts indirects (TVA …), 

- les droits de douane, 

- les droits d’enregistrement et de timbres, 

- les produits des monopoles, exploitation et participations financières de l’Etat, 

- les recettes exceptionnelles (privatisations,…) et recettes d’emprunts, - les fonds de concours (coopération internationale). 

• Les dépenses de l’Etat : Elles sont regroupées en trois catégories : 

- Dépenses de fonctionnement : dépenses de personnel, dotations des pouvoirs publics,… 

- Dépenses d’investissement : elles résultent de l’exécution des plans de développement économique et social. 

- Dépenses de la dette publique : elles comprennent l’ensemble des crédits ouverts au nom du ministère des finances au titre de la dette amortissable et de la dette flottante. 


La dette amortissable : elle englobe les amortissements, les intérêts et les commissions concernant les emprunts à long terme contractés par le Maroc (emprunts de 10 ans au moins, emprunts contractés par l’Etat auprès du public,…) 

La dette flottante : elle concerne l’émission des bons de trésor ; elle est à courte période. Le volume de cette dette varie en fonction de la différence quotidienne entre les souscriptions (achats de titres) et les remboursements (ventes de titres).   


    Il faut  souligner aussi que le budget général de l’Etat comprend : 

- les budgets annexes (conservation foncière,…),  

- services de l’Etat gérés de manière autonome « SEGMA » (exemple : Centre National des Etudes et de Recherche Routières, Service de la formation continue), - les comptes spéciaux du trésor. 


2.4.1.1.3 Le budget : instrument de la politique économique 

La politique budgétaire a été pendant longtemps utilisée pour réactiver une croissance économique faible ou stabiliser l’activité économique en période de surchauffe économique. 


En menant une politique budgétaire, les pouvoirs publics agissent sur : 

Les recettes publiques : l’action par les recettes passe par le maniement de la fiscalité. En effet, l’accroissement de la fiscalité (impôts directs, impôts indirects) modifie le comportement des ménages à cause de la diminution de leur revenu disponible  et par la suite leur consommation ainsi que leur capacité d’épargne. Par contre, si l’Etat vise à réduire le chômage et relancer la croissance économique il faut donc accroître la demande globale ce qui se traduit par une réduction de la fiscalité frappant les ménages et les entreprises. 

Les dépenses publiques : Face à une faiblesse de la croissance économique, les pouvoirs publics accroissent les dépenses publiques. Ce qui induit une augmentation du revenu national et par la suite une augmentation de la demande globale (consommation des ménages et investissement des entreprises). Ceci se traduit positivement sur la croissance économique.  


Le solde budgétaire : il représente la différence entre les recettes publiques et les dépenses publiques. Lorsque les dépenses excèdent les recettes, on parle alors de déficit budgétaire ; ce déficit est financé par : 

l’émission d’emprunt,  

la création monétaire (notamment les avances de la banque centrale), 

l’augmentation des recettes publiques par le recours à l’impôt. 


Le déficit budgétaire a été  pendant longtemps utilisé comme instrument de la politique économique (théorie keynésienne). Les pouvoirs publics ont toujours fait recours  au déficit budgétaire pour relancer la croissance ; cependant le financement du déficit budgétaire implique : 

En cas de l’émission d’emprunt le gouvernement vient concurrencer les entreprises privées sur le marché financier (effet d’éviction financière). 

En augmentant la fiscalité, les pouvoirs publics réduisent les revenus des ménages et l’investissement des entreprises ce qui peut induire des effets pervers sur la croissance économique. 


2.4.1.2 La politique monétaire 

La politique monétaire est un instrument de la politique conjoncturelle de l’Etat. Elle a pour but, par l’utilisation d’instruments monétaires, d’assurer une croissance économique équilibrée, c’est à dire avec le moins d’inflation et de chômage possible et des échanges extérieurs équilibrés (stabilité du taux de change). 


Deux courants s’opposent sur les effets de la politique monétaire : les keynésiens et les monétaristes. 

Pour les monétaristes (dont le chef de file est Milton Friedman), la lutte contre l’inflation est considérée comme l’objectif principal de la politique monétaire. La politique monétaire, selon eux, ne peut agir que sur l’inflation. La monnaie étant neutre (séparation de la sphère monétaire de la sphère réelle), elle ne peut pas être utilisée pour relancer la croissance économique ni lutter contre le chômage. Une politique de crédits abondants ou de faibles taux d’intérêt ne peut que faire augmenter la masse monétaire et les prix et reste sans effet sur la production et la croissance. La politique budgétaire est source d’inflation si elle provoque un déficit budgétaire de l’État (car pour combler ce déficit, il faut créer de la monnaie). 

Les monétaristes préconisent le contrôle de  la croissance de la masse monétaire afin qu’elle augmente dans les mêmes proportions que la production car selon eux, l’inflation vient d’une quantité de monnaie excessive par rapport aux biens et services produits (théorie quantitative de la monnaie). 

Pour les keynésiens, la politique monétaire peut agir sur la croissance et le chômage. En cas de récession par exemple, une baisse des taux d’intérêt va favoriser une reprise des investissements et donc de la croissance. Ce qui va induire une baisse du chômage. L’histoire économique a confirmé la thèse monétariste (surtout à partir de la fin des années 60) car l’application des politiques monétaires keynésiennes n’a engendré sur le long terme que des tensions inflationnistes accompagnées d’une stagflation1. 


2.4.1.2.1 Les instruments de la politique monétaire 

L’objectif essentiel de la politique monétaire est le contrôle de l’accroissement de la masse monétaire afin de maintenir la stabilité des prix à moyen terme. Pour cela, deux instruments sont généralement utilisés : 

Les instruments directs : les autorités monétaires agissent directement sur la quantité de la masse monétaire à travers : 

l’encadrement des crédits, 

les plafonds et les taux de réescompte, 

les taux d’intérêts, 

le taux de la réserve obligatoire. 

   

                    

Complément d’information : 

Les instruments de la politique monétaire 

 

   

Les instruments indirects : les autorités monétaires agissent indirectement sur la quantité de la masse monétaire à travers le marché monétaire (la politique de l’openmarket1). 

Avec la libéralisation accrue des économies, les autorités monétaires agissent de plus en plus à travers le marché monétaire. 

Pour atteindre son objectif final (stabilité des prix), la politique monétaire agit sur plusieurs variables monétaires (évolution de la masse monétaire, taux de change, …) qui sont capables de donner une vision claire sur l’évolution de la demande et des prix. Ces variables constituent ce qu’on appelle « les objectifs intermédiaires de la politique monétaire ». Elles sont très liées et agissent sur l’objectif final (stabilité des prix). 

Dans le contexte actuel, et avec l’évolution rapide que connaissent les systèmes monétaires et financiers (faiblesse de la demande de monnaies due à l’apparition d’autres moyens de paiement), beaucoup de pays se passent des objectifs intermédiaires au profit d’une action directe sur l’évolution des prix. C’est ce qu’on appelle les politiques de « ciblage d’inflation ». 


Depuis l’indépendance et jusqu'aux années 90 (début des réformes bancaires et financières), la politique monétaire au Maroc a été surtout basée sur des instruments directs : 

- L’encadrement des crédits : cette mesure a été appliquée entre 1969 et 1972, puis à partir de 1976 avant d’être abandonnée  définitivement en janvier 1991. - Taux de réescompte  : cette mesure a été abandonnée en juin 1995. 

- La réserve obligatoire : cette mesure a été instituée en 1967. 


Au Maroc, l’objectif final de la politique monétaire est d’atteindre un taux d’inflation de 2%. Ce taux prend en considération le pouvoir d’achat des citoyens ainsi que l’évolution des prix des partenaires économiques et des pays concurrents. 


Les autorités monétaires fixent comme objectif intermédiaire de la politique monétaire le contrôle de l’évolution des agrégats monétaires (notamment l’agrégat M1). Le contrôle de cet agrégat permet d’agir sur la demande globale et par la suite sur le niveau général des prix. Durant les dix dernières années, l’application de la politique monétaire au Maroc est passée par deux étapes essentielles : 

avant 1999 : l’intervention de Bank Al Maghrib a surtout visé l’alimentation du marché monétaire en liquidités. En effet pour alimenter les banques en liquidités, Bank Al Maghrib a fait recours aux avances monétaires (les appels d’offres hebdomadaires à 7 jours et les avances à 5 jours). Ces avances ont constitué depuis leur mise en œuvre en juin 1995 l’instrument essentiel pour agir sur les liquidités bancaires et les taux d’intérêts. Cependant, depuis 1995, l’impact de cette mesure demeure faible du fait de la surliquidité croissante des banques.  


La période 1999-2005 : cette période a été marquée par une surliquidité croissante due à l’augmentation des avoirs extérieurs. Pour atténuer l’impact de cette surliquidité (baisse des taux d’intérêts ce qui agit négativement sur l’épargne), l’action de Bank Al Maghrib a visé d’éponger les liquidités à travers :  

o Opérations d’open market : la banque centrale a eu recours ou fait appel à ces opérations pour la première fois en juin 1999 (achat et vente des bons de trésor sur le marché monétaire). Les opérations  d’open market ne sont plus adoptées depuis juin 2002 du fait de la vente de tous les titres détenus par la banque centrale. 

o Opérations de reprise de liquidités : ces opérations permettent aux banques de placer auprès de la banque centrale, pour une durée déterminée, leur excédent de trésorerie sous forme de dépôts rémunérés. Bank Al Maghrib a fait recours à ces opérations à partir de 1999 et cela pour faire face à la surliquidité due aux recettes générées par l’attribution de la deuxième ligne GSM ainsi qu’aux opérations de la privatisation et l’accroissement du volume des transferts des ressortissants marocains à l’étranger. o Facilités de dépôts à 24 heures : depuis son institution en janvier 2004, les facilités de dépôts constituent l’instrument d’intervention le plus utilisé par Bank Al Maghrib pour réguler les liquidités monétaires. Elles consistent à offrir aux banques la possibilité de placer pour 24 heures auprès de la banque centrale leurs excédents de liquidités. 

o Opérations du SWAPS de change : cette mesure a été instituée en octobre 2003 pour renforcer les mécanismes de régulation monétaire. Dans un contexte où la surliquidité est devenue un fait structurel, les opérations de swaps de change permettent à Bank Al Maghrib d’acheter et de vendre les devises contre le dirham pour une durée déterminée et à un taux fixé. 


2.4.1.3 Réserves obligatoires : malgré le caractère direct de cette mesure (instituée en 1967), elle est toujours utilisée par la banque centrale pour stériliser  les surliquidités et cela en manipulant  son taux et sa rémunération.  


2.4.1.4 La politique des revenus 

En agissant sur les revenus (augmentations des salaires, fixation du salaire minimum SMIG), les pouvoirs publics cherchent à s’assurer que leur progression est compatible avec  les gains de productivité globale de l’économie pour garantir la stabilité monétaire (maîtrise de l’inflation). 


2.4.2 Les instruments de la politique économique structurelle 

La politique structurelle vise à agir sur les structures de fonctionnement de l’économie nationale, contrairement aux politiques budgétaire et monétaire qui atténuent les variations cycliques de l'activité économique. 


La politique industrielle constitue l’instrument essentiel de la politique structurelle ; c’est l’ensemble des mesures instaurées pour générer un développement industriel du pays :  

mise en place de règles de concurrence, 

privatisation des entreprises publiques, 

généralisation de la liberté de circulation des capitaux, 

atténuation des disparités entre les régions (création des zones industrielles), • encouragement de la recherche scientifique. 

 

 

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