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INTRODUCTION A L’ECONOMIE S1


INTRODUCTION A L’ECONOMIE

UNIVERSITE HASSAN II – CASABLANCA Année Universitaire 2020/2021 Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales  

MOHAMMEDIA 

 FILIERE : SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION    

PREMIER SEMESTRE  

 MODULE : INTRODUCTION A L’ECONOMIE   

Enseignant : M. Sajid  

 PLAN DU COURS 

INTRODUCTION GENERALE  

– L’économie: quel objet? 

– L’économie: une science sociale 

– La méthode de l’économie 

Chapitre 1 : Les courants économiques  

Chapitre 2 : Les systèmes et régimes économiques  

Chapitre 3 : Les agents et secteurs institutionnels 

Chapitre 4 : La production nationale  

Chapitre 5 : La consommation et l’épargne  

Chapitre 6 : Croissance économique et investissements  

Chapitre 7 : Les déséquilibres économiques : Inflation et chômage 

Chapitre 8 : Budget de l’Etat et politiques économiques 1  

Chapitre 9 : Relations économiques et monétaires internationales  

 INTRODUCTION GENERALE  L’économie :

quel objet ? 

Le mot «économie » provient du grec «oikos », qui signifie maison, et « nomos» qui  représente les règles.L’économie serait donc, dans un premier temps, l’ensemble des règles  de conduite des affaires domestiques. Le terme «économie politique » marque donc  l’élargissement de son domaine à la cité ou à la nation, c’est-à-dire en tant que discipline  étudiant la gestion et l’affectation des ressources rares dans le cadre d’une collectivité.  L’économie est une science qui étudie les actes et les efforts déployés par les individus pour  satisfaire leurs besoins et réaliser les conditions matérielles de leur existence bien-être. 

Antoine de Montchrestien est le premier auteur ayant employé cette expression  d’économie politique. Paru en 1615, son traité d’économie politique est un texte dont le  contenu se conforme à l’étymologie de cette expression. Il est très politique et contient des  recommandations et conseils au roi Louis XIII pour mieux gouverner et mieux s’acquitter de  sa tâche de souverain 

La science économique, pour se distinguer des autres sciences humaines et sociales  qui ont aussi pour objet d’étude l’être humain, se définit par un objet de recherche et une  méthodologie qui lui sont propres. L’économie est une façon particulière d’étudier les  comportements des hommes.  

La science économique naît de la confrontation entre les besoins illimités éprouvés par  les êtres humains et la quantité limitée de biens disponibles pour les satisfaire. Cette science  s’attache donc dans un premier temps à décrire, mesurer, comprendre les choix effectués par  les agents économiques. Dans un second temps, elle cherche à bâtir des lois et des modèles  pouvant servir à guider l’action politique pour des politiques économiques et sociales  appropriées.  

« L’économie est une façon particulière d’étudier les comportements humains. Elle  part du constat que les hommes éprouvent des besoins illimités, mais que les ressources dont  ils disposent pour les satisfaire n’existent qu’en nombre limité (phénomène de la rareté) : en  conséquence, ils doivent faire des choix. La science économique est la science des choix, ou  science de la décision. » [LONGATTE Jean, VANHOVE Pascal (2007), p. 1]  

Les faits sociaux ont, en effet, des liens étroits avec les faits économiques, dont ils  constituent, dans une large mesure, l’aspect humain. Inversement, les faits économiques ont  toujours des conséquences sociales : les ressources consacrées par l’Etat (dépenses publiques)  à la construction d’hôpitaux (fait économique) ont des conséquences sur la santé publique et  sur l’espérance de vie de la population (faits sociaux) ; de même, la modernisation accélérée  du secteur agricole (fait économique), en réduisant le nombre des agriculteurs, bouleverse les  structures sociales du pays (fait social). On peut donner aussi comme définition de la science 

économique celle de Lionel Robbins (1932) : « L’économie est la science qui étudie le  comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens à usage alternatifs. »  

La science économique part du constat que les hommes éprouvent des besoins  illimités, mais que les ressources dont ils disposent pour les satisfaire n’existent qu’en  nombre limité (phénomène de rareté): en conséquence, ils doivent faire des choix. Ainsi, la  science économique est donc la science des choix efficaces, ou science de la décision  

L’économie ne s’intéresse qu’aux biens rares, que l’on appelle biens économiques, et  écarte du domaine d’étude les biens qualifiés de libres disponibles en abondance comme l’air,  le soleil, etc. Les biens économiques se caractérisent par le fait un effort de travail pour être  produits, c’est-à-dire une lutte contre le phénomène de la rareté. Les biens économiques ne  sont pas un don de la nature mais découlent de l’activité humaine. Tous les besoins humains  ne sont pas des besoins économiques ; outre les besoins artistiques, on peut citer par exemple  les besoins affectifs entre une mère et ses enfants, dont la satisfaction ne nécessite aucune  tâche de production.  

L’économie, science qui s’efforce d’analyser et d’expliquer les faits économiques, est  une science sociale et humaine qui étudie les efforts et les actes déployés par les êtres  humains pour satisfaire leurs besoins et pour réaliser ainsi les conditions matérielles de leur  bien-être ; ces efforts constituent « l’activité économique ».  

Un besoin implique à la fois un sentiment de manque ou de privation et un désir de  faire disparaître cette sensation. Eprouver un besoin est donc un état psychologique dans  lequel se trouvent les personnes qui ressentent une insatisfaction qu’elles désirent apaiser et  supprimer. A l’origine d’un besoin se trouve toujours une sensation de gêne déplaisante ou  même pénible, d’origine physique, intellectuelle ou morale.  

Les individus désirent ce qui permet de faire cesser ces sensations. La satisfaction de  ces besoins implique donc l’existence de biens et de services susceptibles de répondre aux  désirs, c’est-à-dire de faire cesser les sensations de manque qui sont à leur origine. Satisfaire  ces besoins, c’est ce qu’on appelle : consommer. L’acte de consommation est un acte de  « destruction » immédiate ou durable des biens et services. Ainsi, on définit le besoin  économique comme un état de manque qui peut être satisfait par l’acquisition de biens et de  services, sachant que ces mêmes biens et services sont produits en quantités limitées.  

On distingue alors les besoins qui possèdent un caractère absolu, appelés également  besoins physiologique ou vitaux, et ceux qui ont un caractère relatif, que l’on éprouve au  contact des autres. On s’aperçoit que les besoins de l’homme croissent indéfiniment au fur et  à mesure que le développement économique et le progrès technologique mettent un nombre  croissant de biens et services. En effet, les besoins vitaux, bien qu’ils aient un caractère  absolu, tendent à s’exprimer de façon sans cesse plus raffinée.  

A l’époque préhistorique, pour satisfaire ses besoins fondamentaux, l’homme  cherchait une caverne pour se protéger et chassait afin de se nourrir et de se vêtir. Les mêmes  besoins demeurent, mais ils ne peuvent plus être satisfaits de la même façon. C’est ainsi, pour  prendre l’exemple de l’alimentation, les hommes aspirent à diversifier leur régime alimentaire  et à se procurer des denrées sans cesse variées répandant aux goûts et exigences de chacun. 

Des besoins nouveaux apparaissent sans cesse. Aux besoins considérés, à une époque, comme  vitaux, s’ajoutent de nouveaux besoins que les générations précédentes ignoraient. Et  progressivement l’homme tend à considérer ces nouveaux besoins comme aussi  fondamentaux que les autres.  

Les besoins nouveaux apparaissent dans tous les domaines : instruction, hygiène,  culture, voyages, distractions, etc. Cette multiplication des besoins s’explique par les effets du  progrès technique et technologique et de la vie en société. La vie en société influence et  oriente les besoins et les choix de consommation des individus. En effet, certains biens sont  demandés, non pas à en raison de l’utilité qu’ils procurent aux individus, mais surtout à cause  de la satisfaction psychologique que leur provoque leur simple possession considérée comme  un symbole de clivage et de réussite sociale.  

Les phénomènes sociaux exercent une grande importance et modèlent les goûts et les  besoins de sorte qu’à une époque donnée, dans une société donnée, les besoins ressentis par  les individus résultent dans une large mesure des modèles et des contraintes qui les entourent.  Par un phénomène d’intériorisation, les besoins subis deviennent des besoins ressentis.  L’importance attachée à la satisfaction des différents besoins varie selon les individus. C’est  ce qui explique la diversité des consommations chez des personnes jouissant de niveaux de  vie comparables.  

Aussi, la notion des besoins de luxe ou de confort est aussi relative que celle de  minimum vital. Des denrées considérées, au début du XIXe siècle, comme un luxe, le sucre  par exemple – que l’on ne pouvait acheter que chez les apothicaires – les épices, le café ou les  fruits provenant des pays tropicaux, sont devenus aujourd’hui des biens de consommation  courante. Aussi, avant 1920, l’automobile était réservée à une minorité très aisée. En fait, on  peut faire les mêmes constations pour tous les produits et services qui, réservés à quelques  privilégiés lors de leur apparition, se généralisent rapidement dans une société de  consommation.  

Ainsi, ce qui constitue un produit de luxe à une époque est devenu banal quelques  années plus tard ; ce qui constitue un luxe dans un pays n’en est pas dans un autre pays. Les  différents besoins ne répondent à aucune définition absolue et tranchée et ne s’appréhendent  que par comparaison dans le temps et dans l’espace. 

La définition de l’économie par son champ ou objet d’étude n’est pas satisfaisante dans la  mesure où aucun phénomène n’est strictement économique et que les phénomènes sociaux  font l’objet de toutes les autres sciences sociales: sociologie, philosophie, science politique,  démographie, psychologie sociale, etc. 

L’économie : une science sociale 

Les sciences sociales constituent une branche des sciences humaines, c’est-à-dire des  sciences qui ont l’homme et ses activités pour objet d’étude.  

Parmi les sciences humaines, les sciences sociales se distinguent des disciplines qui étudient  les aspects physiques de l’homme, comme la médecine, ou qui envisagent les hommes en tant  qu’individus, comme la psychologie. Les sciences sociales étudient une catégorie particulière  de phénomènes humains : les phénomènes sociaux, les faits sociaux. 

  

De nombreuses disciplines cherchent à expliquer les divers comportements des  hommes vivant en société. Les sciences sociales font partie des « sciences humaines », encore  appelées « sciences de l’homme ». Dans une première approche, on peut définir les faits  sociaux comme ceux qui résulte de la vie en société et qui ne se produiraient pas dans une  existence humaine totalement solitaire.  

Donc les faits sociaux sont les faits relatifs à l’homme en société. Citons comme  sciences sociales:  

– la démographie, qui étudie les mouvements de la population;  

– l’anthropologie, qui étudie l’histoire naturelle de l’homme;  

– la sociologie, qui étudie les phénomènes sociaux; 

– la psychologie sociale, qui étudie les attitudes d’esprit des individus au sein d’une  collectivité;  

– la science politique, qui étudie le fonctionnement des institutions grâce auxquelles  les citoyens participent à la gestion des affaires publiques, c’est-à-dire au  gouvernement;  

– l’économie, qui étudie les actes et les efforts déployés par les individus pour  satisfaire leurs besoins et réaliser les conditions matérielles de leur bien-être.  

Ces disciplines ont, entre elles, de multiples points communs, tant en ce qui concerne  leur objet, que leurs méthodes et les résultats auxquels elles sont actuellement parvenues.  

Les sciences sociales ont toutes pour objet, sous des angles différents, l’étude des  comportements des hommes en société. De là vient leur nom. Elles sont étroitement  complémentaires ; aussi, pour l’étude de plusieurs questions, est-il indispensable de faire  appel à des notions qui relèvent de plusieurs sciences sociales. On observe d’ailleurs entre  elles des chevauchements, dus au fait que leurs champs d’investigation sont connexes.  

La méthode de l’économie 

En matière des sciences sociales, on se trouve face à un choix de méthode, c’est-à-dire  on peut opter soit pour le monisme méthodologique (une seule méthode pour toutes les  disciplines), soit pour le pluralisme méthodologique (une méthode pour chaque discipline).  Au-delà des querelles d’écoles et des effets de mode, on constate que chaque science sociale  puise largement dans le lot commun et transversal des techniques et des méthodes du champ  scientifique commun. En conséquence, un même outil d’analyse et d’investigation est utilisé  dans des disciplines distinctes.  

L’analyse théorique procède par abstraction et met en œuvre une démarche  scientifique (cycle de production de la connaissance scientifique): 

– Premièrement, choisir un référentiel de données et d’outils théoriques et une  méthode d’analyse (microéconomique ou macroéconomique) 

– Ensuite, modéliser, c’est-à-dire établir une représentation simplifiée (modèle  d’analyse) de la réalité à partir de ce qui a été mobilisé comme données et outils  théoriques. Ce modèle d’analyse peut être littéraire, algébrique et incorpore les  facteurs clés.  

– Enfin, tester le raisonnement économique à l’épreuve des faits, c’est-à-dire  apporter à l’appui de l’argumentation des preuves empiriques de nature  historique, statistique, expérimentale, de manière à établir les relations entre les  variables et à estimer la robustesse du modèle (sa capacité explicative). 

En matière d’analyse économique et sociale, on peut privilégier deux méthodes, la  méthode inductive et celle hypothético-déductive. Lorsqu’on adopte la méthode inductive, on  commence par un travail empirique (observations, enquêtes, recueil des données et  statistiques…) pour procéder ensuite à la généralisation (abstraction) débouchant sur des  modèles et propositions théoriques (effort d’abstraction et de conceptualisation de la réalité  observée). Cette méthode est également qualifiée de positive.  

Après la démarche inductive, la démarche de l’économiste suit aujourd’hui les étapes  de la méthode hypothético-déductive: après avoir adopté au préalable les concepts et les  outils de mesure, on formule des hypothèses pour passer ensuite à la vérification empirique  du modèle d’analyse retenu. Ensuite, dans une étape de généralisation on infirme ou on  affirme la validité ou non du modèle. 

En sciences sociales, la méthode repose sur un paradoxe puisqu’elle s’attache à  comprendre le collectif à travers l’individuel, et le social dans le particulier. Pourtant, cette  apparente contradiction se dénoue si on accepte le principe selon lequel apparaît dans chaque  personne la synthèse individualisée et active d’une société et que chaque individu représente  la réappropriation singulière de l’universel social et historique qui l’entoure et l’environne.  

Cependant, si l’on peut dire que les sciences sociales étudient l’homme dans son milieu  social, il faut reconnaître que cette expression peut recourir des phénomènes et des situations  extrêmement diverses. Une civilisation, telle la civilisation occidentale chinoise, constitue à  l’évidence un milieu social qui modèle les individus qui lui appartiennent. Une nation bien  que faisant partie d’une civilisation présente aussi des traits originaux qui la distinguent des  autres.  

En matière d’étude des phénomènes économiques et sociaux, deux types d’approche  peuvent être adoptées, à savoir l’individualisme méthodologique ou l’holisme  méthodologique. Lorsqu’on adopte l’approche holiste, on a tendance à donner l’importance au  groupe par rapport à l’individu, c’est-à-dire que les décisions, les choix et les comportements  des individus sont largement influencés, si non déterminés, par leur appartenance à un groupe  social, à une nation, à une famille…A ce titre, ce sont les valeurs collectives et les structures  économiques et sociales qui sont déterminante en matière des comportements des individus et  de la nature des réalités socioéconomiques.  

Lorsqu’on adopte l’approche de l’individualisme méthodologique, la priorité en matière  d’étude est accordé à l’individu et que tout ce qui groupe ou intérêt collectif et général n’est  que la somme des intérêts particuliers. Ce sont donc les comportements et les préférences des  individus qui priment et expliquent l’émergence des phénomènes économiques et sociaux.  

La spécificité qui fait de l’économie une discipline autonome tient à la méthode  fondamentalement adoptée par les économistes. Toute démarche scientifique en économie  suppose une analyse positive des faits, c’est-à-dire la compréhension et l’explication de « ce  qui est » (on fait l’étude de la réalité telle qu’elle est observée). Le théoricien (chercheur) se  doit d’être méthodologiquement amoral (neutralité) en évitant de porter son propre  jugement moral ou philosophique (qui est le fruit de ses valeurs, ses préférences politiques,  etc.) sur la façon d’organisation de l’économie et de la société. 

L’économiste n’est pas toujours éthiquement neutre et il peut apporter un jugement de  valeur sur les comportements des individus en société ou sur l’économie dans son ensemble:  dans ce cas, on dit qu’il fait une analyse normative, c’est-à-dire qu’il étudie la réalité telle  qu’elle doit être. Une analyse est normative lorsque le chercher étudie la réalité telle qu’elle  doit être, en référence à un modèle d’organisation sociale ou un à un idéal souhaitable.

UNIVERSITE HASSAN II – CASABLANCA

Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales MOHAMMEDIA

FILIERE : SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

PREMIER SEMESTRE

MODULE : INTRODUCTION A L’ECONOMIE

Professeur: Mostapha Sajid

Année Universitaire : 2020 -2021

Chapitre 1 : Les courants et théories économiques

Plusieurs courants structurent la pensée économique : les mercantilistes et physiocrates, le courant classique, le courant marxiste, le courant néoclassique et le courant Keynésien. Ces courants continuent d’inspirer les économistes bien après la mort de leurs fondateurs. Cependant, plusieurs économistes contemporains demeurent inclassables et adoptent de nouveaux outils d’analyse en matière d’appréhension des phénomènes économiques. Nous proposons de présenter les grands traits des courants économiques qui ne cessent d’inspirer les économistes contemporains, et qui ont dominé l’histoire de l’économie en tant que discipline sociale en quête de scientificité et d’achèvement. Nous relatons également les cas de certains économistes qui nous paraissent importants eu égard à l’originalité de leurs apports.

L’histoire de l’économie est aussi vieille que l’histoire de l’humanité puisqu’on retrouve déjà chez les philosophes grecs des écrits à caractère économique. Les œuvres des philosophes de la Grèce antique– Hésiode, Platon, Xénophon et Aristote –recèlent des préoccupations économiques, en matière de gestion des affaires domestiques, de justice et de valeur, mais dont le principal souci est la meilleure compréhension des mécanismes du fonctionnement d’une société en crise du fait du développement de l’échange et de la production marchande, phénomènes ne manquant pas d’affecter l’harmonie de la Cité grecque.

Aussi, après une période romaine caractérisée par l’absence des écrits économiques, on peut ressortir des réflexions économiques des œuvres des penseurs chrétiens (Saint Thomas d’Acquin notamment) et arabo- musulmans (Ibn Khaldoun par exemple) durant la période du moyen-âge. Toutefois, les idées économiques des penseurs de la Grèce antique et ceux de l’époque médiévale n’étaient pas autonomes et détachées des préceptes philosophiques et religieux. A ce stage de l’histoire de l’économie, on ne peut pas encore parler de la genèse d’un véritable raisonnement économique. L’ébauche de la science économique est généralement située avec l’apport du moraliste et économiste écossais Adam SMITH à travers son célèbre ouvrage « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations », publié en 1776.

LES MERCANTILISTES

Dans un contexte de capitalisme commercial, marqué par la multiplication des transports, les grandes découvertes et les monarchies absolues de France et d’Espagne se développent le courant mercantiliste, qui dominera la pensée économique européenne entre le XVIe siècle et le milieu du XVIIIe siècle.

Le mercantilisme est une école de pensée économique, datant des XVIe, XVIIe et la première moitié du XVIIIe siècle qui part du postulat que la puissanced’un Etat est fonction de ses réserves en métaux précieux (or et argent). Il prône le développement économique par l’enrichissement de l’Etat au moyen du commerce extérieur. Dans un système mercantiliste, l’Etat joue un rôle primordial en adoptant des politiques protectionnistes qui établissent notamment des barrières tarifaires et encouragent les exportations, et favoriser ainsi des balances commerciales excédentaires vis-à-vis des métaux précieux.

Le mercantilisme n’est pas un courant de pensée en tant que tel. Il marque la fin de la prééminence des conceptions économiques de l’Église. Il apparaît à une époque où les rois (princes) souhaitent obtenir un maximum d’or et d’argent, mais surtout dans un contexte intellectuel où l’homme, avec Copernic et Galilée, passe « du monde clos à l’univers infini ». Les mercantilistes étaient pour un Etat fort capable de faire les guerres et les conquêtes extérieures et de ramener les métaux précieux.

Les théories mercantilistes sous-tendent cet objectif et développent une problématique basée sur l’enrichissement en identifiant les activités ayant un rendement croissant, soit les produits manufacturés par opposition aux produits bruts.

Le mercantilisme est moins une doctrine économique qu’un ensemble de pratiques protectionniste actives destinées à promouvoir l’offre nationale pour renforcer la puissance de l’Etat monarchique. En France, ce mouvement est illustré par l’action de Jean-Baptiste COLBERT (1619-1683).

On distingue parmi les courants mercantilistes : le bullionisme ou « mercantilisme espagnol » qui préconise l’accumulation de métaux précieux ; le colbertisme ou « mercantilisme français » qui est tournée pour sa part vers l’industrialisation ; et le commercialisme ou « mercantilisme britannique » qui voit dans le commerce extérieur la source de la richesse d’un pays.

Les principales idées des mercantilistes:

  • Recherche de la puissance de l’Etat (les régimes politiques de la période XVIe-XVIIe siècles étaient des monarchies absolues). Les mercantilistes1 voulaient un Etat fort pour enrichir la nation à travers les guerres, les conquêtes extérieures et les pratiques protectionnistes et réglementaires.
  • La richesse d’un pays réside dans l’accumulation et l’abondance des métaux précieux (or et argent).
  • La défense du protectionnisme pour limiter les sorties de la monnaie et des métaux précieux.
  • L’encouragement des exportations pour la réalisation des soldes commerciaux excédentaires.

1Parmi les principaux auteurs mercantilistes, on peut citer les français Jean BODIN, Antoine De Montchrestien et les deux auteurs anglais Thomas MUN et William PETTY

Jean BODIN (1529-1596), dans ses écrits, a abordé la question de la nature de l’Etat et le problème du niveau des prix. Jean BODIN critiqua la thèse selon laquelle la hausse des prix provient de la diminution du poids de métal précieux contenu dans les pièces de monnaie. Pour BODIN, l’explication de la hausse des prix réside dans l’arrivée de l’or dans des pays comme l’Espagne, qui alimenta une dépense civile et militaire accrue. Il est le premier à formuler ce que l’on appelle la théorie quantitative de la monnaie. (Toute hausse de la quantité de monnaie en circulation se traduit par la hausse du niveau général des prix)BODIN est célèbre par sa formule; « Il n’est de richesse et de force que d’hommes. »

Antoine de Montchrestien (1575-1621) est le premier auteur ayant employé l’expression d’économie politique. Paru en 1615, son traité d’économie politique est un texte dont le contenu se conforme à l’étymologie de cette expression et qui lui a permis d’accéder au rang d’économiste. L’économie pour cet économiste est la science de la production et de la circulation des richesses à l’échelle d’un pays.

Dans son ouvrage, il soutient le principe mercantiliste des bienfaits d’une augmentation de la quantité de monnaie en circulation. De Montchrestien prône l’intervention de l’Etat en matière de réglementation des activités, le commerce et l’industrie, et pour adopter une politique protectionniste.

Son ouvrage est très politique et contient des recommandations et conseils au roi Louis XIII pour mieux gouverner et mieux s’acquitter de sa tâche de souverain. Thomas MUN (1571-1641) a rédigé un ouvrage s’inspirant de son expérience en tant que directeur de la Compagnie des Indes orientales.

Dans son ouvrage, MUN affiche quatre recommandations de politique économique dans la lignée du mercantilisme:

  • La population doit adopter un comportement austère pour réduire les importations;
  • Augmenter les droits de douane pour garantir des ressources et aussi pour limiter et décourager le besoin en produits étrangers;
  • Créer un secteur exportateur encadré par l’Etat;
  • Subventionner les exportations pour maintenir la compétitivité de l’économie.

MUN a montré les avantages de l’abondance de la monnaie, notamment en matière de baisse des taux d’intérêt et d’augmentation du chiffre d’affaires pour les entreprises. Il a indiqué aussi les inconvénients de l’abondance de monnaie, particulièrement dans le domaine des produits exportés qui deviennent moins compétitifs. MUN a recommandé, sur ce plan, de subventionner les entreprises ou les encourager à se spécialiser dans les produits de luxe, dont les débouchés sont sûrs.

William PETTY (1623-1687), auteur et médecin, a participé à la compagne d’annexion de l’Irlande menée par Olivier CROMWELL en tant que médecin des armées, et il a eu comme mission d’évaluer le potentiel économique de l’Irlande. PETTY explique que la richesse d’un pays ne se résume pas à la quantité de métaux précieux mais à la quantité de biens qu’il est capable de produire.

La circulation monétaire favorise la production mais le facteur principal en matière de création de la richesse réside dans une population nombreuse et jeune. PETTY fonde la richesse d’un pays sur la richesse humaine et introduit la notion du « plein emploi ». Un pays d’oisifs est un pays pauvre. PETTY reste un mercantiliste au sens où il admet le lien entre l’accroissement de la richesse et la quantité de monnaie en circulation.

Pour faire face au tarissement des mines d’or et d’argent, Petty défend la nécessité de créer un système bancaire performant pour favorise la circulation d’une quantité de monnaie suffisante.

L’ECOLE PHYSIOCRATIQUE

Par la suite, les physiocrates ou comme ils s’appelaient entre eux la secte des économistes, vont s’opposer aux idées des mercantilistes. Le but de cette école de pensée est de militer pour le remplacement de l’interventionnisme mercantiliste par les lois naturelles auxquelles obéissent les phénomènes économiques. Après deux siècles d’influence mercantiliste sur les politiques économiques des Etats européens, des auteurs, particulièrement français, allaient critiquer vigoureusement les idées des mercantilistes les rendant responsables des problèmes économiques et sociaux des pays européens, comme notamment la France, l’Espagne et l’Angleterre. Des économistes, considérés comme des précurseurs de la physiocratie, tels Pierre Le Pesant De BOISGUILBERT (1646-1714) et Richard CANTILLON(1680-1734), avaient dénoncé les erreurs dont ont été victimes ces pays. Pour ces économistes libéraux, la France, comme d’autres pays, a été victime de la conception mercantiliste de la richesse qui fait une confusion entre la richesse et la détention d’un stock de métaux précieux. Pour ces économistes, les secteurs productifs, comme l’agriculture, ont été sacrifiés en entraînant les pays dans de la misère et les dettes publiques. Aussi, ces économistes, considérés comme les premiers libéraux, considéraient que les interventions étatiques étouffaient les économies par les barrières protectionnistes et les réglementations ainsi que par le poids des impôts qui pèse sur les producteurs.

Le terme de physiocrate, développé par Pierre Samuel Dupont de Nemours (1739-1817), signifie littéralement « gouvernement de la nature » (du grec kratos et physio). L’école des physiocrates est originaire de France et a eu son apogée au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Le plus célèbre d’entre eux est François Quesnay (1694-1774), qui publie en 1758 son fameux Tableau économique. La physiocratie est une école de pensée économique et politique née en France vers 1750.

Les principales idées des physiocrates :

  • La richesse d’un pays provient de la nature.
  • L’agriculture est la seule activité productive et que les autres activités économiques (artisanat et commerce) sont improductives et stériles. Les travaux des champs conduisent à l’apparition à un produit net qui représente la différence entre la récolte finale et les avances (semences et main d’œuvre).
  • La défense du libre-échange
  • Les physiocrates s’apposent à toutes les restrictions aux échanges et réclament l’abolition des douanes intérieures et extérieures.
  • L’existence d’un ordre naturel qui justifie la dimension scientifique de leur démarche. Les lois économiques obéissent à un ordre naturel dont les principales composantes : la propriété.
  • Les principales recommandations des physiocrates :
    • Un bon gouvernement est celui qui respecte les talents et confie le pouvoir aux plus capables. Les physiocrates crient aux vertus d’une société aristocratique, c’est-à-dire une société où le pouvoir appartient aux meilleurs.
    • Opposés à toute fiscalité sur la circulation des biens, les physiocrates sont favorables à l’instauration d’une fiscalité sur tout ce qui ne bouge pas. La fiscalité optimale est une fiscalité sur la propriété foncière pour que l’impôt soit directement corrélé à la source de la richesse et donc à la croissance économique. Dans ce cadre, l’impôt cesse d’être punitif pour être incitatif.
    • Pour les physiocrates, en opposition aux idées mercantilistes, il est inutile de chercher un excédent commercial pour le seul objectif d’accroître la quantité de monnaie en circulation.
    • Les physiocrates condamnent les idées et pratiques mercantilistes de nature protectionnistes, pour faire l’apologie du libéralisme « Laissez faire, Laissez passez… ».

Parmi les principaux auteurs physiocrates, outre le fondateur François QUESNAY, on peut citer TURGOT2.

2ANNE ROBER JACQUES TURGOT (1727-1781)

Turgot né le 10 mai 1727 à Paris et appartient à une vieille famille normande. Turgot est à la fois un théoricien de l’économie et un haut fonctionnaire qui symbolise une politique économique de la réforme. Bien qu’assimilé à la physiocratie, la pensée de Turgot s’inscrit dans le cadre d’une transition entre celle-ci et le libéralisme des classiques. Après une vie ecclésiastique, Turgot, suite à la mort de son père, abandonne l’église et les études religieuses pour se consacrer à l’économie. Turgot a servi en tant que haut fonctionnaire au château de Versailles où il faisait partie des économistes physiocrates. Il a exercé en tant qu’intendant à Limoges durant la période 1761-1774. Entre 1774 et 1776, il a été nommé contrôleur général des finances par Louis XVI.

Les principales idées de Turgot concernent l’épargne et la monnaie. Comme tous les physiocrates, Turgot partage l’idée que la croissance économique repose sur l’agriculture. Selon Turgot, c’est de la capacité de la terre à fournir une récolte supérieure aux avances en intrants (semences) que naît l’accumulation des richesses. Pour Turgot, l’Etat ne doit pas intervenir en matière de fixation du prix du blé pour ne pas porter un préjudice aux agriculteurs qui doivent couvrir les coûts de production et dégager des moyens d’améliorer les rendements. Turgot se distingue des physiocrates sur la question de l’épargne en faisant valoir que celle-ci ne se limite pas à une fraction du produit net destinée à un réinvestissement en matière de production agricole. L’utilisation de l’épargne doit servir aussi au secteur de l’industrie qui commence à se développer dans le contexte de l’émergence de la révolution industrielle.

Selon Turgot, l’épargne doit remplir les fonctions suivantes:

  • L’acquisition des terres dont le principal but est d’avoir des revenus stables (les rentes);
  • le prêt à intérêt qui procure au prêteur un revenu sans réel travail (un revenu assimilé à une rente)
  • la réalisation d’investissement à travers l’achat de machines dans ce contexte d’industrialisation.

Turgot tire des enseignements sur le rôle et l’importance de l’épargne:

  • L’épargne n’est pas synonyme de thésaurisation, mais il s’agit plutôt d’une opération qui offre des ressources à la disposition d’autrui (le vendeur des terres, l’emprunteur, le fabricant de machines…).
    • L’impact économique de l’épargne varie selon son utilisation et que l’Etat à travers sa politique économique doit chercher à favoriser la fonction de l’épargne en rapport avec l’investissement. Sur ce plan, l’Etat ne doit pas se comporter comme le principal emprunteur pour ne pas absorber une épargne au détriment d’autres emprunteurs-investisseurs.

Le taux d’intérêt est un prix établi par la confrontation de l’offre et de la demande sur le marché entre prêteurs et emprunteurs. Concrètement, le taux d’intérêt dépend du niveau du déficit budgétaire (plus le déficit budgétaire est important, plus le recours de l’Etat aux emprunts est grand). Ce comportement de l’Etat comme emprunteur pénalise l’investissement privé en augmentant le taux d’intérêt. A ce titre, Turgot peut être considéré comme le premier auteur à formuler ce que la théorie économique va appeler par la suite « l’effet d’éviction ».

Concernant la monnaie, elle sert selon Turgot à l’expression des prix. La hiérarchie des prix reflète à long terme celle des coûts (les prix fondamentaux. A court terme, les échanges se font en fonction des besoins des acheteurs sur la base d’un prix courant qui oscille autour du prix fondamental

Turgot, en tant que contrôleur général des finances, a entrepris un programme de réformes visant principalement la libéralisation du commerce, l’ouverture des marchés et la réduction des dépenses publiques. Pour gérer la dette, il crée en 1776 la Caisse d’escompte, conçue sur le modèle d’Angleterre. Il impose que cette Caisse d’escompte, en tant que banquier de l’Etat, soit indépendante du pouvoir royal.

A côte de son programme axé sur la réduction des dépenses publiques, on doit souligner la création de nouveaux services publics susceptibles d’apporter des ressources de l’Etat. La pénurie de blé, conséquente à une mauvaise récolte et à des spéculations, a provoqué des émeutes. Cette « guerre des farines » a poussé certains groupes de l’entourage royal, effrayés par les troubles, à réclamer son départ. Ces partisans de l’ordre obtiennent gain de cause en 1776.Si Turgot est souvent assimilé à l’école physiocratique, sa pensée fait la transition entre celle-ci et les idées libérales des classiques.

Parmi les disciples de Turgot, on peut souligner Marie Jean Antoine CONDORCET (1743-1794). Condorcet a été nommé par Turgot en 1775 comme inspecteur général des monnaies. Pour défendre le bilan des politiques physiocratiques et particulièrement les réformes de Turgot, Condorcet a publié en 1786 une Vie de Turgot. Dans son ouvrage l’Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, Condorcet souligne que l’histoire ne recule pas et se traduit par une amélioration constante des conditions morales et matérielles de l’humanité.

Pour Condorcet, la force de la raison doit l’emporter face aux deux forces conservatrices que sont la religion et l’autoritarisme en politique et qui nuisent à la croissance économique et à la démocratie. Condorcet affirme qu’il existe des enchaînements de décision où A est préféré à B, qui est préféré à C, qui est lui-même préféré à A. Dans ce cas, on dit que le processus de choix n’est pas transitif. Le « paradoxe de Condorcet » fait référence à cette difficulté d’avoir la même logique sur le plan individuel et collectif c’est-à-dire que les choix opérés par les individus sont différents de ceux d’une assemblée ou un groupe collectif. Les économistes ont élaboré des théories sur le passage des préférences individuelles à l’expression d’une volonté globale, en soulevant le problème de la révélation des préférences collectives à travers ce « paradoxe de Condorcet ».

Pour une meilleure politique économique, Condorcet est partisan de l’équilibre budgétaire en soulignant que le déficit conduit à une accumulation des dettes et à des hausses des taux d’intérêt. Pour Condorcet, plus la dette s’accroît, plus les détenteurs de capitaux se mettent à augmenter les taux d’intérêt. Pour Condorcet, sont moins les flux que les stocks qui concourent à la formation du prix (le taux d’intérêt). Condorcet est considéré comme le premier auteur à avoir initié une réflexion sur cette question d’anticipation rationnelle des acteurs pour expliquer un comportement ou un mécanisme économique.

En adepte de l’équilibre budgétaire; Condorcet estime qu’à chaque dépense de l’Etat, il faut lui associer un impôt d’un montant équivalent. Pour Condorcet, les dépenses publiques, financées par les impôts, doivent prendre en compte les effets sur la dépense privée.Pour Condorcet, au fur et à mesure que le budget augmente, et que l’accroissement des impôts devienne insupportable, la dépense publique se consacre à des besoins moins évidents jusqu’à assumer des dépenses inutiles liées aux caprices de la cour. Pour Condorcet, l’appréciation de l’évolution du bien-être collectif suppose l’existence d’un système qui permet de mettre en place une volonté générale à partir des attentes individuelles. Ce système, c’est la démocratie à travers la définition et l’adoption d’un mode électoral qui ne donne pas le pouvoir aux minorités privilégiées.

LE COURANT CLASSIQUE

Le contexte historique dans lequel se développe le courant classique est celui de la révolution industrielle et de l’essor du capitalisme. L’artisanat cède la place à l’industrie, le machinisme se généralise et l’exode rural fournit une main d’œuvre bon marché pour les capitalistes, chargés d’apporter les capitaux en quantité de plus en plus importante.

On situe souvent la naissance de l’analyse économique par rapport à l’école classique, qui marque vraiment l’avènement de l’économie moderne. L’École classique en économie regroupe des économistes du XVIIIe siècle et du XIXe siècle. Ses membres les plus importants3 sont, en Grande-Bretagne, Adam Smith (1723-1790), David Ricardo (1772-1823), Thomas Malthus (1766-1834), John Stuart Mill (1806-1873), et en France, Jean-Baptiste Say (1767-1832) et Frédéric Bastiat (1801-1850)

La pensée économique classique se développe en même temps que naissent la société industrielle et le capitalisme moderne. Ces penseurs sont principalement des philosophes ou des praticiens. Ils cherchent avant tout à expliquer les phénomènes de croissance, de développement et de répartition des richesses entre les différentes classes sociales.

Les économistes classiques voient tous les phénomènes économiques comme interdépendants et veulent proposer une théorie générale intégrant tous les phénomènes économiques. À la suite des Physiocrates, ils croient à l’existence de lois valables à toutes les époques et dans toutes les régions du monde et cherchent à les identifier. Leur analyse est dynamique. Ils s’intéressent aux processus de production, d’échange, de formation des prix, de formation des revenus, et non à d’hypothétiques états d’équilibre. Ils utilisent pour cela l’observation et le raisonnement logique, et ne recourent que très exceptionnellement aux mathématiques.

La réhabilitation du travail est consommée avec le libéralisme de Turgot et d’Adam Smith dans son ouvrage publié en 1776 et intitulé : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. Le travail humain envahit la scène de l’économie politique sous un jour nouveau. C’est une véritable révolution

3              Adam SMITH (1723-1790) : pour cet auteur, qualifié de père de l’économie politique, la division du travail permet d’accroitre la richesse des nations et du bien-être économique. Adam SMITH est à l’origine du concept de la main invisible, c’est-à-dire la capacité des lois naturelles du marché à orienter les décisions individuelles vers l’optimum collectif. Smith a forgé aussi le concept d’avantage absolu en matière d’échange international en expliquant que chaque pays a intérêt à participer aux échanges internationaux s’il possède un avantage absolu dans la production d’un ou plusieurs biens.

David RICARDO (1772-1823) : cet auteur classique est célèbre par sa notion d’avantage comparatif en matière d’échange international comme dépassement de celle de SMITH, en montrant ainsi que même si un pays ne dispose d’aucun avantage absolu dans la production d’un bien, il peut participer et tirer profit de sa participation à l’échange international et de sa spécialisation s’il dispose d’un avantage comparatif dans la production d’un ou plusieurs biens. Le problème qui préoccupe Ricardo et motive cette démonstration déjà esquissée dans son Essai sur l’influence du bas prix de blé sur les profits du capital paru en 1815, c’est que les dits profits du capital sont laminés par l’augmentation de la population, qui oblige à mettre en culture des terres de moins en moins fertiles, les terres les moins productives, accroissant la rente des propriétaires fonciers et le coût de reproduction de la force de travail, donc les salaires. Pour Ricardo, la solution réside dans le commerce international, et plus précisément dans la libre importation du blé qui, en réduisant le coût des subsistances nécessaires à la reproduction de la force de travail, permet de réduire les salaires et donc de restaurer les profits. Cela implique l’abolition des Corn Laws qui, depuis la fin des guerres napoléoniennes protègent l’agriculture anglaise de la concurrence internationale. « Solidement ancrée dans la défense des intérêts de la bourgeoisie britannique, la théorie ricardienne des avantages comparatifs n’allait triompher qu’avec l’hégémonie industrielle anglaise sur l’économie-monde européenne. Dès lors, les intérêts du capitalisme anglais pouvaient être assimilés à l’intérêt national britannique, lui-même identifié au libre-échange. Dans les années 1840, l’Angleterre décidait de réduire fortement et unilatéralement ses tarifs sur les produits manufacturés, de supprimer toute prohibition à l’importation (1842), d’écarter la préférence impériale en faveur des produits des colonies (1845), et d’abolir les Corn Laws (1846) ainsi que les Actes de navigation (1845), derniers vestiges de l’époque mercantiliste.Il est aussi à l’origine de la notion de la valeur-travail. Cette notion de la valeur-travail allait être reprise et développée par MARX dans sa théorie de l’exploitation ». (Jacques ADDA, (2006), p.41)

Jean-Baptiste SAY (1767-1832) : cet auteur est connu par sa « loi des débouchés », selon laquelle les produits s’échangent contre les produits, l’offre crée sa propre demande. Pour SAY, les phénomènes monétaires n’interfèrent pas avec l’activité économique réelle. La monnaie n’est qu’un voile, un intermédiaire neutre. Pour SAY, les crises de surproduction sont impossibles.

Thomas Robert MALTHUS (1766-1834) : cet auteur est célèbre par sa loi de population, selon laquelle la population croît selon un rythme géométrique, alors que la production alimentaire ne croît que selon un rythme arithmétique. Selon MALTHUS, l’écart entre les deux tendances ne peut se réduire que par une mortalité des êtres humains, du fait des guerres, des famines et des catastrophes naturelles ou par restriction volontaire, c’est-à-dire par des mariages tardifs, voire une abstinence à se marier pour les pauvres afin de limiter les naissances et aussi par toute abolition des aides sociales pour ne pas inciter les misérables à la procréation et à donner des naissances.

intellectuelle qui se produit, à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles. Elle est le produit d’une lente maturation philosophique, avec la naissance de l’individualisme, l’idée que la nature est connaissable et que le progrès est possible pour l’homme.

Le libéralisme se représente la vie sociale comme la composition de tous les intérêts individuels. Puisque, selon Smith, « ce n’est pas de la bienveillance du boucher, (…) et du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts », (…) : c’est désormais l’échange qui est le creuset du lien social, tissé par les besoins réciproques.4

Les premiers économistes cherchent à donner un fondement objectif à la valeur des choses, qu’ils placent d’abord dans la terre (Cantillon, Quesnay et les Physiocrates), puis dans le travail (Smith, Ricardo et plus tard Marx). Pour ces derniers, la valeur des marchandises doit être la valeur d’échange (faculté d’une marchandise à être échangée contre une autre marchandise), dont la mesure va être le coût du travail (plus le coût du travail sera important, plus la valeur d’échange augmentera).

Après Condillac et Turgot, les classiques français se séparent sur ce point des classiques anglais en adoptant une conception subjective de la valeur, qui repose sur l’utilité espérée des biens (« le degré d’estime que l’homme attache aux différents objets de ses désirs »). Ils renoncent ainsi à la notion de « prix naturel » ou

« juste prix » et annoncent la position des économistes marginalistes de la fin du XIXe siècle.

Les grands principes qui fondent la pensée classique sont:

*Les individus ont des comportements rationnels. (Approche individualiste). Selon le principe de la « main invisible », lorsque chacun recherche son intérêt personnel, il contribue à la prospérité générale. Les lois naturelles de l’économie, dans un système concurrentiel où les prix jouent un rôle de régulateur, orientent les décisions individuelles vers l’optimum collectif.

*Le marché est l’élément moteur de toute régulation économique. (Libéralisme, concurrence). Le libéralisme économique est prôné par les économistes classiques comme la meilleure attitude possible pour l’Etat, illustré par le fameux « laisser faire, laisser passer ». L’intervention de l’Etat doit être limitée à ses fonctions d’Etat- gendarme. La circulation des marchandises doit être facilitée par l’ouverture des frontières. Le libre-échange mondial est un facteur de prospérité et de croissance pour toutes les nations participantes à l’échange.5

*Les valeurs s’échangent contre des valeurs. (Neutralité de la monnaie)

LE COURANT MARXISTE

MARX (1818-1883), à travers son « socialisme scientifique » veut dépasser l’approche « mystique » de l’humanité sur laquelle reposait le « socialisme utopique ». MARX veut corriger ces socialismes qui ne correspondent ni à la réalité de l’histoire, ni à une vision réaliste de la nature humaine. Il entend construire une critique de l’économie capitaliste sur la base d’une analyse qu’il veut rigoureuse et scientifique.

MARX était un militant et penseur socialiste. Sa production intellectuelle mêle la philosophie allemande, notamment de Ludwig FEUERBACH (1804-1872) et de Georg Wilhelm Friedrich HEGEL (1770- 1831), les idées politiques socialistes françaises, notamment de Pierre Joseph PROUDHON (1809-1865), et l’économie politique anglaise. C’est Friedrich ENGELS (1820-1895), avec qui il se lie par une solide amitié depuis 1844, qui lui fait découvrir l’économie à travers les écrits de SAY et surtout de RICARDO. MARX a publié plusieurs textes et articles, dont le plus important c’est Le Capital. Ce très long texte ne sera pas publié en entier de son vivant. Le tome premier paraît en 1867, les deuxième et troisième tomes en 1885 grâce à ENGELS. Le Manifeste du parti communiste a été publié en 1848 par MARX et ENGELS.

4 MENARD Philippe. Marx ou la gloire du travailleur. L’Histoire, N°368, Octobre 2011, p. 75

5 Face au discours libre-échangiste forgé par l’économie politique classique, s’ébauche, dès le milieu du XIXe siècle, un contre-discours, qui met en avant les effets négatifs de la concurrence entre nations de niveaux de développement inégaux et plaide pour une intervention active de l’Etat en faveur des industries naissantes. Fréderic List plaide à ce propos pour un « protectionnisme éducateur ». « Les thèmes mercantilistes sont ainsi réactualisés dans le contexte d’une Europe bouleversée par la révolution industrielle, où les écarts de développement menacent de se creuser de façon irréversible entre les nations engagées dans ce processus et les autres. De façon frappante, ce néo- mercantilisme, version économique du réalisme politique qui règne sur le vieux continent depuis Machiavel et Hobbes, s’épanouit à partir des années 1870 dans les trois nations – Etats-Unis, Japon, Allemagne – qui dominent aujourd’hui l’économie mondiale. » [ADDA Jacques (2006), p.43]

MARX a été aussi un militant actif. Il a milité au sein des mouvements révolutionnaires, en particulier l’Alliance internationale des travailleurs. Il devient, par son activisme et son combat politique, un agitateur sans cesse pourchassé par la police. Son activisme l’oblige à fuir d’un pays à l’autre dans le besoin malgré l’aide financière d’ENGELS.

Les hommes font leur propre histoire, mais sur la base de conditions données, héritées du passé. Parmi celles-ci, les conditions de la reproduction matérielle de la société sont déterminantes. Ainsi, l’histoire humaine ne suit pas un déroulement linéaire vers le progrès. Marx s’inspire de la dialectique de Hegel, qui considère que le devenir de toute réalité se comprend dans la triade suivante : l’affirmation (la thèse), la négation (l’antithèse), et la négation de la négation (la synthèse). Toutefois, si pour Hegel cette évolution se déduit de la nature de l’Esprit, pour Marx elle s’inscrit dans l’évolution de l’activité humaine. Aussiest-il amené à penser que les conditions économiques et matérielles déterminent l’anatomie d’une société. Et ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine la réalité, mais c’est la réalité sociale qui détermine leur conscience. Selon Marx, la matière précède l’esprit. Derrière les idées, il y a les classes.

L’analyse marxiste est caractérisée par ce déterminisme entre l’infrastructure et la superstructure. La production des idées, des représentations, de la conscience (production qualifiée de superstructure) est, de prime abord, directement et intimement mêlée à l’activité et au commerce matériels des hommes (infrastructure) : elle est le langage de la vie réelle. « Des choses qui, par elles-mêmes, ne sont point des marchandises, telles que, par exemple, l’honneur, la conscience, etc., peuvent devenir vénales et acquérir ainsi par le prix qu’on leur donne la forme marchandise. »

Ici, la manière d’imaginer et de penser, le commerce intellectuel des hommes apparaissent comme l’émanation directe de leurs conditions matérielles d’existence, et donc de leur place dans les rapports sociaux. Il en va de même de la production intellectuelle, telle qu’elle se manifeste dans le langage de la politique, des lois, de la morale, de la religion, du sport, etc. Ce sont les classes qui sont les producteurs de leurs représentations et de leurs idées.

La méthode d’analyse de la société repose sur le matérialisme dialectique et le matérialisme historique. L’évolution de la pensée et de la société humaine, suit un mouvement dialectique et que le monde n’est figé ou immuable mais il change et se métamorphose. Plusieurs modes de production (féodalisme, esclavagisme, capitalisme…) se succèdent.Chaque mode se heurtant à un moment donné aux contradictions entre les institutions et les forces productives, qui trouvent leur résolution dans le mode qui leur succède.Chaque mode de production est caractérisé par l’état des forces productives et les types de rapports sociaux de production.

Le passage d’un mode de production à un autre aura lieu lorsque les forces productives auront atteint un niveau de développement qu’elles ne peuvent plus fonctionner avec les mêmes rapports sociaux (lutte des classes).Étudiant le mode de production capitaliste, Marx considère qu’il révèle une opposition entre deux classes sociales, la classe bourgeoise qui détient le capital, et la classe ouvrière ou prolétarienne, qui ne dispose que de sa force de travail pour survivre. S’inspirant de l’idée d’exploitation des travailleurs lancée par Proudhon ainsi que de la pensée de Ricardo qui ramène la valeur économique à la valeur-travail, Marx pense que le capitaliste exploite le travailleur en lui extorquant une plus-value.

En effet le capitaliste ne paye que la valeur de la force de travail considérée aussi comme une marchandise. Or, la valeur de la force de travail et la valeur que cette force produit sont deux choses différentes. Ce que reçoit un ouvrier, comme salaire, pour pouvoir travailler et ce qu’il rapporte, comme dépense de son travail, diffèrent énormément. Un travailleur produit plus de valeur qu’il ne lui en coûte pour travailler et vivre lui et sa famille. Le capitaliste tire son profit de cette différence, qui est la plus-value ou le travail non payé voire aussi l’expression de surtravail.

La force de travail des travailleurs est définie comme l’ensemble des facultés physiques et intellectuelles dont ils disposent et qu’elles doivent mettre en œuvre pour produire. Dans la production capitaliste, cette force de travail est une marchandise vendue par le travailleur et achetée par le capitaliste. Comme toutes les marchandises, elle a une valeur et un prix. Sa valeur est déterminée par la quantité de travail abstrait nécessaire pour produire les biens eux-mêmes nécessaires à l’entretien / reproduction de la force de travail. Cette valeur est composée de deux éléments Le premier est l’élément physiologique, c’est-à-dire le minimum de nourriture, de vêtements, de logement indispensable pour vivre. Le second est un élément social ou historique, composé de nouveaux biens dont les travailleurs estiment qu’ils doivent être incorporés à la valeur de

leur force de travail au fur et à mesure que les besoins se développent. Le salaire est l’expression monétaire de la valeur de la force de travail, il est son prix.

Lorsqu’une partie de ce qui est produit par ceux qui travaillent ne leur revient pas, mais revient à une autre partie de la société, on peut parler d’exploitation. Ainsi définie, l’exploitation existe dans d’autres sociétés que la société capitaliste. L’esclave et le paysan, dans la société féodale, sont exploités. La nature du système capitaliste se définit, donc, aux yeux de MARX, par la forme particulière qu’y revêt l’exploitation. Pour la dévoiler, MARX procède en deux temps. Il expose d’abord, à partir de la théorie de la valeur-travail de SMITH et RICARDO, sa propre théorie de la valeur. Puis il présente sa théorie de la plus-value, qui est précisément pour lui l’analyse de la forme spécifique d’exploitation que subissent les travailleurs dans la société capitaliste.

Dans la valeur du produit il y a ainsi:

¯ La valeur des moyens de production consommés dans la fabrication du produit ;

¯La valeur du travail payé (constitué par la valeur de la force de travail utilisée, donc le montant des salaires) ;

¯ Une autre partie du travail fourni par l’ouvrier qui n’est pas payée et qui constitue la plus-value empochée par le propriétaire des moyens de production qui devient par ce mécanisme un capitaliste.

L’exploitation de la classe ouvrière repose sur les mécanismes de création et de répartition de la valeur. L’appropriation de la plus-value par les capitalistes constitue le fondement de l’exploitation. Il tire de ces fondamentaux une théorie selon laquelle les tendances internes du système capitaliste recèlent des contradictions indépassables qui vont déclencher systématiquement et de manière récurrente des crises économiques. L’économie politique de Marx se donne pour tâche de comprendre la nature et le fonctionnement contradictoire du système capitaliste. Marx définit également quelques grands principes qui permettent de caractériser sa conception de la construction d’une société socialiste.

Le pronostic de Marx de la conquête du pouvoir et du renversement du capitalisme ne s’est pas réalisé comme il le prévoyait. L’adaptation et la maturité du capitalisme, les conquêtes ouvrières résultant de l’action syndicale contribuèrent à l’amélioration sensible du niveau de vie d’un nombre croissant de salariés. L’instauration de droits sociaux – tels la protection sociale, la journée légale de travail, la reconnaissance du droit de grève, les congés payés – souvent au prix de durs conflits, influence la doctrine socialiste de Marx dans le sens du réformisme.

LE COURANT NEOCLASSIQUE

Les années 1870 – 1913 sont celles du capitalisme triomphant dans les pays gagnés par la révolution industrielle et les innovations, notamment dans les secteurs de la chimie, de la sidérurgie et de l’électricité.Bien que le XIXe siècle ait connu un essor en matière du commerce international du fait de la conjugaison de nombreux facteurs (innovations, croissance démographique, moyens du transport, influence des idées libérales, etc.), le processus de croissance reste entrecoupé de récessions, et la rivalité entre grandes puissances s’aiguise dans le cadre du partage du monde qui se réalise à cette époque.

Sur le plan des idées économiques, cette période est marquée par un renouvellement de grande ampleur. Les limites des théories classiques et marxistes font qu’une nouvelle théorie allait émerger dans les années 1870 avec les travaux de Stanley JEVONS (1835-1882) de l’école de Cambridge, Carl MENGER (1840-1921) de l’école autrichienne et Léon WALRAS (1834-1910) de l’école de Lausanne. Ces écoles néoclassiques ont été dominantes dans la pensée économique jusque vers 1930 (période de la grande dépression et crise économiques du capitalisme), avec des auteurs comme Eugen Böhm BAWERK (1851-1914), Vilfredo PARETO (1848-1923) ou Alfred MARSHALL (1842-1924). La théorie néoclassique ou marginaliste génère des habitudes de pensée, des représentations, des traditions pédagogiques dont l’ensemble ressemble à un « nouveau paradigme ». Bien que souvent contesté, ce paradigme va dominer la réflexion économique jusqu’à nos jours.

Pourquoi un « NOUVEAU PARADIGME »à propos des néoclassiques?La publication presque simultanée des travaux de Jevons, Menger et Walras déclenche un phénomène souvent désigné de « révolution marginaliste ». Ces auteurs dégagent la notion d’utilité marginale. C’est ce raisonnement à la marge qui explique que les auteurs néoclassiques soient qualifiés de marginalistes.Les auteurs néoclassiques mettent l’accent sur le raisonnement marginal, propre à l’analyse économique. Cela signifie que les décisions économiques portent sur la dernière unité, pour laquelle on compare les avantages et les inconvénients.

C’est ainsi que l’analyse du producteur part d’une comparaison entre le coût marginal et la recette marginale d’une unité supplémentaire pour savoir s’il convient de produire plus ou non. De même, le consommateur qui s’interroge sur le choix d’une unité supplémentaire compare prix et utilité marginale. En particulier, ces analyses mettent en avant la notion d’utilité, ce qui permettra de développer toute une théorie microéconomique du consommateur débouchant sur la notion de demande ; de la même façon, l’analyse du producteur débouche sur la notion d’offre ; offre et demande se rencontrent sur un marché, dont les formes peuvent être diverses.

Cette nouvelle théorie présente certaines particularités et des discontinuités par rapport à la théorie classique. Par rapport aux mercantilistes et à la théorie classique, il est plus difficile de relier l’émergence de la nouvelle théorie à l’évolution de l’environnement économique. La « révolution marginaliste » semble résulter de la dynamique interne de la réflexion économique confrontée à des problèmes et aux limites des analyses des théories classiques et marxistes, et expérimentant ainsi de nouveaux outils d’analyse. Sur ce plan, la grande nouveauté est le recours au formalisme mathématique qui fait son entrée en force dans le discours économique.

Cette tendance s’explique par la nature même de la démarche néoclassique fondée sur l’étude de comportements individuels de maximisation sous contrainte. Il faut aussi évoquer que cette ambition scientifique trouve son origine dans l’influence des sciences de la nature. Les auteurs néoclassiques, comme ceux d’autres disciplines, essayaient durant cette période de transposer à leur domaine les outils d’analyse ayant fait leurs preuves dans les sciences physiques. L’économie pure de Walras illustre bien ce phénomène.

Cette transposition au domaine économique des méthodes des sciences de la nature n’est pas partagée par tous les auteurs de cette théorie, notamment ceux de l’école autrichienne. La « révolution marginaliste » intervient à un moment où l’activité d’économiste s’organise et se professionnalise (création de nombreuses formations d’économie politique dans les universités, création d’associations de spécialiste du domaine, multiplication des revues économiques…).Ce mouvement a pour effet d’accélérer la diffusion des recherches à l’échelle internationale. L’économie devient une véritable discipline universitaire avec une forte influence du paradigme néoclassique.

Le terme « néoclassique » prête à confusion et que souvent cette nouvelle théorie est considérée comme un prolongement des classiques. Certes, il y a des points communs aux deux théories, à savoir, l’adhésion aux principes du libéralisme économique, à la loi des débouchés et à la théorie quantitative de la monnaie. Les auteurs de cette nouvelle théorie ont manifesté leurs oppositions à certaines thèses classiques.

S’opposant à Smith et à Ricardo, les néoclassiques renouent avec les théories subjectives de la valeur. Les néoclassique placent la valeur d’un bien au niveau de l »utilité qu’il procure, sa valeur d’usage. Cette opposition entre classiques et néoclassiques concerne aussi la question de la répartition. Si les classiques traitent les revenus des capitalistes et des propriétaires fonciers comme des déductions sur la valeur créée par le travail, les néoclassiques considèrent ces revenus, au même titre que les salaires, comme la rémunération de « services producteurs » dont les prix sont proportionnels aux productivités marginales des facteurs.

Le désaccord entre classiques et néoclassique concerne aussi leur vision de la société et de l’activité économique. Pour les classiques, la société est structurée en classes. Pour les néoclassiques, qui sont partisans de l’approche de l’individualisme méthodologique, la société n’est qu’un peuplement d’individus souverains et dotés de rationalité pour effectuer des choix et des décisions. Les choix effectués par chaque individu résultent du souci de tirer le maximum de satisfaction des ressources dont il dispose compte tenu des objectifs qui lui sont propres.

Ce souci définit l’individu comme un être rationnel, au sens des néoclassiques, « homo oeconomicus », doté d’une grande faculté en matière de comparaisons et de calcul, en évaluant les diverses possibilités qui s’offrent à lui, et procédant infailliblement au choix celle qui maximise le niveau de sa fonction-objectif (utilité- profit) compte tenu des contraintes auxquelles il est soumis. Le marché, pièce maîtresse de la vision néoclassique de la société, est le lieu de rencontre de ces comportements individuels de maximisation sous contrainte.

L’école néoclassique a eu une attitude très largement apologétique du système capitaliste, présenté comme un système composé d’individus libres et égaux, où l’exploitation n’existe pas, et qui ne connaît à condition de laisser jouer librement les forces du marché, ni chômage durable, ni crises de surproduction. La grande crise de 1929, sa profondeur et sa durée, l’existence d’un chômage durable massif allaient changer profondément la situation. C’est dans ces conditions nouvelles que naquit la théorie de KEYNES.

LE COURANT KEYNESIEN

John-Maynard KEYNES (1883-1946) écrit dans le contexte de la grande crise économique de 1929 et tente d’apporter les moyens de compréhension et un schéma d’action pour lutter contre les crises. Keynes est considéré comme le plus grand économiste du XXe siècle tant ses écrits ont influencé la pensée et les politiques économiques contemporaines.

Après avoir publié plusieurs ouvrages, comme son Traité sur la monnaie (Treatise on Money), il passe la plus grande partie de son temps à la rédaction de son œuvre majeure The General Theory of employment, Interest and Money (La Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, 1936). 6

Pour les keynésiens, les marchés laissés à eux-mêmes ne conduisent pas forcément à l’optimum économique. En outre, l’Etat a un rôle à jouer dans le domaine économique notamment dans le cadre de la politique de relance par le biais de la dépense publique et l’encouragement des investissements. Toutefois l’importance de ce rôle varie avec les courants keynésiens et avec les traditions étatiques des différents pays.

A la suite de Keynes, les keynésiens raisonnent d’emblée au niveau macro-économique et considèrent que la « théorie classique n’est applicable qu’au cas du plein emploi ». Or, écrivant durant la période de crise de l’entre-deux guerres, ce qui l’intéresse, c’est ce qui se passe en période de sous-emploi. De cela découlent deux points clés : l’offre ne crée pas comme chez Jean-Baptiste Say sa propre demande mais dépend de la demande effective ; à la différence des classiques la monnaie n’est pas un « voile » mais elle à un rôle actif et influe sur l’économie réelle.

L’intervention de l’Etat dans l’économie est nécessaire, selon Keynes, pour soutenir la demande. Le libre fonctionnement des marchés ne conduit pas forcément à l’équilibre. Des déséquilibres durables sont possibles, en particulier sur le marché du travail où la demande des entreprises s’ajuste en fonction de la demande effective même si cela ne correspond pas au plein emploi. C’est pourquoi l’Etat doit agir pour relancer la consommation et l’investissement.

Le keynésianisme est discrédité comme théorie économique depuis les années 1970, quand ses théoriciens n’ont pas pu expliquer un phénomène qui aurait dû être impossible dans leur perspective, la stagflation (combinaison chômage et inflation) due au premier choc pétrolier. Le premier choc pétrolier, comme celui qui l’a suivi en 179-1980, ne constituait pas seulement un défi à la toute puissance économique des nations développées, qui s’emploieront, avec plus ou moins de détermination, à le relever par des programmes d’économie d’énergie et le développement d’énergies alternatives.

Il posait en outre un redoutable problème à la politique économique, qui se trouvait soudainement confrontée à la montée simultanée de l’inflation et du chômage (une combinaison qualifiée de stagflation puisque le chômage est le résultat de la stagnation de l’économie).

« La stagflation faisait en effet éclater le cadre traditionnel de la politique conjoncturelle, qui reposait largement sur l’arbitrage entre inflation et chômage stipulé par la courbe de Phillips. L’avènement de la crise fut ainsi contemporain d’une remise en cause systématique des fondements théoriques de la politique économique, jusque-là largement inspirés du keynésianisme. L’irruption de la stagflation fut l’occasion d’un retour en force, sous le vêtement du monétarisme, de la pensée néoclassique7, dont les effets se font nettement sentir dans les années 1980. » [ADDA Jacques (2006), p. 177-178]

6 « Dans cet ouvrage, Keynes considère que le revenu national est lié au volume de l’emploi. Celui-ci dépend de la « demande effective » qui se décompose en consommation et investissement. Par conséquent, il appartient à l’Etat de relancer la demande en agissant sur la consommation et/ou l’investissement. Cette politique implique, certes, la pratique d’un déficit budgétaire mais qui sera résorbé, à terme, par la croissance des recettes fiscales générées par la croissance. De même, Keynes préconise une politique monétaire conséquente afin de stimuler la décision d’investir (baisse des taux d’intérêt…). La notoriété acquise par cet ouvrage lui permet de devenir conseiller financier de la couronne et gouverneur de la Banque d’Angleterre en septembre 141. Au cours du second conflit mondial, il dirige la délégation britannique qui négocie avec les Etats-Unis une aide financière pour la Grande-Bretagne (Prêt-bail) et conduit, en 1944, la délégation britannique à la conférence de

Bretton-Woods. Il bâtit un plan prévoyant la création d’une monnaie internationale, le bancor mais ne réussit pas à l’imposer face à celui présenté par le délégué américain White. Anobli en 1942, il est terrassé par une crise cardiaque en avril 1946. » [DALLENNE Pierre (2000), p.25]

7 Le retour en force de cette pensée néoclassique peut être illustré par la récompense des travaux d’auteurs représentant cette école libérale. A ce titre, les deux chercheurs américains, Christopher Sims et Thomas Sargent, lauréats du prix noble d’économie, ont consacré leur carrière à la conception de modèles macroéconomiques ultrasophistiqués. Tout commence au milieu des années 70. Deux types de modèles macroéconomiques tentent alors de reproduire les grandes variables de l’économie, histoire de simuler les effets d’un choc externe au

Pour les keynésiens, l’un des rôles essentiels du gouvernement est de veiller, en utilisant les « leviers » économiques que sont la politique fiscale et la gestion de la monnaie, à ce que la demande soit toujours assez forte pour stimuler la production, sans toutefois être trop forte pour créer une surchauffe et une hausse trop forte des prix.

Pour comprendre la lecture keynésienne de l’économie, il faut se rappeler les cinq points suivants:

  • L’analyse économique est d’abord une analyse macroéconomique en terme de flux;
  • Son cadre référentiel est l’économie nationale;
  • Elle intègre la monnaie dans toutes les fonctions économiques;
  • L’économie est décrite en heurts de pouvoirs;
  • Le marché n’est pas le régulateur de la vie économique.

Les théories économiques contemporaines

Les analyses économiques contemporaines peuvent être classées en deux grandes catégories : celles qui reprennent le champ d’analyse d’un grand courant et celles qui s’en distinguent. Les premières sont qualifiées d’ « orthodoxes » et les autres d’ « hétérodoxes ».

Les courants économiques traditionnels (classiques et néoclassiques, marxistes et keynésiens) ont continué d’inspirer les économistes, qualifiés d’orthodoxes, bien après la mort de leurs fondateurs. D’autres auteurs contemporains, qualifiés d’hétérodoxes, tentent, eux, de construire des modèles théoriques totalement nouveaux, souvent en liaison avec d’autres disciplines (histoire, sociologie du travail…).

  1. Modèles orthodoxes
  1. L’inspiration keynésienne
  • Les analyses keynésiennes de la croissance, à la suite du modèle d’Harrod (1948) et Domar (1957), montrent que la croissance ne peut être équilibrée qu’à certaines conditions d’investissement, de consommation et de répartition.
  • L’influence keynésienne sur les politiques économiques est très grande. L’analyse keynésienne inspire des politiques axées sur le soutien de la demande par des moyens monétaires et budgétaires. Les post- keynésiens montrent l’influence positive du budget de l’Etat sur l’activité économique.
  • L’école de la régulation, qui regroupe des économistes d’inspiration keynésienne, Robert Boyer, Michel Aglietta, Alain Lipietz, Yves Saillard, Dominique plihon…), met l’accent sur le rôle joué par les rapports sociaux dans le mode de fonctionnement de l’économie (relations de travail, rôle de l’Etat, législation…). Elle oppose deux modes de régulation :

La régulation concurrentielle qui se caractérise par la prédominance des mécanismes du marché et qui fonctionne jusqu’à la crise des années 30 ; La régulation monopoliste (ou régulation fordiste) bâtie sur le développement de l’Etat-Providence et qui s’applique à la période des Trente Glorieuses (1947- 1973). La crise des années 70 serait alors la crise de la régulation monopoliste.

  • Le renouveau néoclassique

modèle, comme la hausse du prix du pétrole ou du chômage sur la demande des ménages. D’autres agrégats mesurables sont adoptés dans ces modèles pour les reproduire sous forme de variables. Pour construire ces modèles, les écoles de pensée se partagent en deux. D’un côté, un modèle, tendance plutôt libérale, dans lequel tout finit par retrouver un équilibre grâce à l’efficience des agents économiques. De l’autre un modèle keynésien, capable de rendre compte de l’impact de tout changement de politique monétaire ou budgétaire sur la consommation, l’épargne ou encore le chômage. Un modèle (keynésien) qui, dès l’après-guerre, domine la plupart des grandes économies et permet de corriger les déséquilibres, mais qui semble atteindre ses limites dès le début des années 1970, suite au premier choc pétrolier qui est à l’origine d’une crise économique internationale. Les libéraux – dominés par l’école monétariste de Chicago – profitent de cette crise de l’économie mondiale pour dénoncer les préceptes keynésiens et leur imputer la responsabilité de cette situation. Les travaux de Christopher Sims et Thomas Sargent prolongent la critique de Robert Lucas (américain, lauréat du prix noble en 1995) à l’encontre des modèles macroéconomiques keynésiens jugés trop figés. Ainsi, ces auteurs remettent en question le déroulement des causalités qui est d’ordinaire utilisé. Dans le modèle keynésien, la consommation des ménages dépend du taux d’intérêt monétaire et des revenus. Entre chaque variable, les relations de cause à effet ont un caractère relativement mécanique. Pour Sims et Sargent, ce modèle est simpliste et estiment que les revenus dépendent des taux d’intérêt qui dépendent des revenus qui eux-mêmes dépendent de la consommation qui est liée au niveau du chômage. Pour ces auteurs, les interactions entre les différentes variables sont fortes et qu’il faut mettre au point une méthode capable de tenir compte de ces interactions au point de pouvoir faire des prévisions.

Depuis la crise des années 70, et la mise à mal des préceptes keynésiens, on assiste à un retour en force de la pensée néoclassique. Ainsi, plusieurs auteurs vont élaborer des modèles théoriques sur la base d’une inspiration néoclassique.

  • Ecole de Chicago

Cette école critique toutes les formes d’intervention de l’Etat. Les cycles sont expliqués par les variations brutales des politiques monétaires, et la crise, par l’interventionnisme économique et social accru de l’Etat. On rattache à l’école de Chicago particulièrement Milton Friedman (monétarisme). Le monétarisme, qui est une contestation radicale du keynésianisme, s’oppose aux hypothèses retenues par Keynes, notamment en ce qui concerne les anticipations des agents économiques. Ce courant monétariste montre les effets négatifs des politiques monétaires d’inspiration keynésienne et préconisait un strict contrôle de la masse monétaire, condition de l’équilibre économique.

  • Théorie de la croissance

Robert Solow, né en 1924, est un économiste américain, lauréat du prix noble d’économie en 1987. Les travaux les plus importants de Solow ont été consacrés aux théories de la croissance. Le modèle de croissance exogène de Solow décrit comment le progrès technique détermine seul le rythme de la croissance. Ainsi, à la Solow, les modèles de croissance d’inspiration néoclassique tracent le chemin d’une croissance équilibrée à long terme.

  • La théorie de l’offre et école des choix publics (Public choice) :

La théorie de l’offre est apparue dans les années 70 face à l’impuissance des politiques keynésiennes pour lutter contre la crise et aussi en réaction aux interventions de l’Etat. La théorie de l’offre, loin de former une doctrine économique, s’appuie sur la réhabilitation du marché et la réduction du poids de l’Etat (diminution des prélèvements obligatoires, réduction des dépenses publiques, déréglementation…) afin de libérer les forces du marché (offre et incitation de travail, offre et encouragement des entrepreneurs).

On peut rattacher à l’économie de l’offre la courbe de Laffer, en référence à l’économiste américain Arthur Laffer qui analysé la relation entre le taux d’imposition et les recettes fiscales, pour montrer, à travers sa célèbre formule, que « trop d’impôt tue l’impôt ». La politique menée au début des années 80 par le président américain Ronald Reagan s’est largement inspirée de cette théorie de l’offre.

L’école des choix publics est une critique du néo-corporatisme de l’Etat. Cette école, rattachée à certains auteurs, notamment James Buchanan, analyse le type de rationalité en œuvre dans la prise de décision politique et fait le lien entre les choix publics et les processus électoraux.

Les différentes versions du marxisme défendues par les auteurs, en dépit de leurs oppositions, adoptent une analyse fondée sur le couple forces productives (capital et travail)/Rapports sociaux). Le courant althussérien (en référence à Louis Althusser (1918-1990)) permet un premier grand dépoussiérage du marxisme traditionnel avec la production d’un marxisme dit structuraliste.

L’analyse marxiste des crises capitalistes met l’accent sur la sous-consommation des ménages et sur la suraccumulation du capital. Les exportations et les dépenses publiques constituent des soutiens à la demande et des moyens d’éviter les crises de surproduction.

Le capitalisme monopoliste d’Etat interprète l’existence du secteur public comme un moyen de lutter contre la baisse du taux de profit. L’Etat prend en charge les infrastructures et les secteurs les moins rentables (entreprises boiteuses) et laisse au secteur capitaliste privé les activités rentables et lucratives.

A ce sujet, on souligne les thèses des problèmes de débouchés et de l’impérialisme comme un stade et un prolongement du développement du capitalisme chez Vladimir Ilitch Lénine et Rosa Luxembourg, les thèses sur le capitalisme monopoliste de Paul-A. Baran et Paul Sweezy, les apports du courant « tiers-mondiste » de Samir Amin et André Gunder Frank, puis les thèses de l’échange inégal d’Arghiri Emmanuel…

Les travaux marxistes sur l’économie internationale tentent de saisir les mécanismes de domination des pays développés dans leurs échanges avec les pays sous-développés et préconisent un développement accentué et autocentré plus basé sur la mobilisation et la dynamisation des ressources internes.

Le paradigme marxiste « du centre et de la périphérie » montre que les pays en développement sont mal placés dans le cadre de la division internationale du travail en tant que producteurs et exportateurs de produits de base agricoles et miniers, ne subissant pas une grande valorisation, et en important des produits manufacturés et des produits à haute valeur technologique. Cette théorie tente de montrer que les pays en développement sont victimes d’une détérioration de leurs termes de l’échange, et donc d’un transfert de surplus et une fuite de ressources en direction des pays capitalistes développés.

  • Les auteurs hétérodoxes

Au sujet de ces auteurs qui sont marqués par leurs propres modèles et méthodes d’analyse des phénomènes liés à la vie et activité économiques, nous allons citer quelque uns, dont les apports nous paraissent singuliers et ayant une certaine originalité d’analyse et d’approche.

Joseph Alois Schumpeter (1883-1950) considère l’innovation comme la seule justification du profit. Ses travaux les plus célèbres – « Business Cycles » (1939), « Capitalisme, socialisme et démocratie » (1942) et

« Histoire de l’analyse économique » (publiée à titre posthume en 1954) – mettent l’accent sur l’importance cruciale des innovations et sur le rôle déterminant de l’entrepreneur, innovateur et performant. Schumpeter explique l’alternance cyclique des phases de prospérité et de récession par l’émergence et l’absorption de vagues d’innovations (grappe d’innovations et processus de destruction créatrice).

Schumpeter, en attribuant un rôle moteur aux entrepreneurs dans une économie de marché, opte pour une approche et une conception différente de l’école néoclassique. Par exemple, dans les modèles néoclassiques, l’entrepreneur est supposé chercher à réduire les coûts et à augmenter son revenu en choisissant la technique la plus efficace.

Dans l’analyse schumpétérienne de l’évolution économique, l’entrepreneur est à la recherche d’un pouvoir. Les profits sont les conséquences de la recherche de pouvoir à travers les innovations techniques et servent à assurer en partie le financement des stratégies de développement. La décision d’innover n’est pas un simple choix parmi des alternatives a priori bien définies.

C’est le résultat de la disposition de l’entrepreneur à changer le contexte dans lequel il évolue. De même, dans un schéma schumpétérien, l’évolution économique nécessite le financement des projets à travers, entre autres, l’endettement des unités économiques auprès du système de crédit. L’une des principales composantes de ce système, qui est le système bancaire, n’est pas un simple intermédiaire entre ménages (agents à capacité de financement) et entreprises (agents à besoin de financement), mais plutôt le « grand pourvoyeur » de crédits.

John Kenneth Galbraith (1908) est un économiste américain, professeur d’économie politique à Harvard. Il fut également principal conseiller économique de John F. Kennedy dont il inspira largement la politique. Dans ses ouvrages – « L’ère de l’opulence » (1958), « Le nouvel Etat industriel » (1964) – il s’attache à démontrer le rôle de la société de consommation et à décrire la réalité des mécanismes de pouvoir au sein des entreprises.

Ainsi, à la thèse de la « souveraineté du consommateur » (théorie défendue par Paul Samuelson) qui considère que la demande est à l’origine du processus économique : l’offre des entreprises se pliant à la demande, Galbraith oppose le concept de « filière inversée » selon laquelle l’offre manipule la demande en définissant les besoins, c’est-à-dire que ce sont les biens qui vont créer les besoins.

Galbraith décrit aussi la « technostructure » c’est-à-dire l’ensemble des ingénieurs et techniciens de l’entreprise qui ne prennent pas de décision mais qui orientent les choix de l’entreprise grâce aux informations qu’ils contrôlent.

François Perroux (1903-1987) est un économiste français qui a publié de nombreux ouvrages dont le capitalisme (1948), l’Europe sans rivages (1954), l’économie du XXe siècle (1961), pouvoir et économie (1973). Inspiré des de Schumpeter, Perroux a introduit les notions d’inégalités des agents économiques, de pouvoir et de domination aussi que celle de pôles de croissance, remettant en cause la formulation des mécanismes de l’équilibre économique.

Pour François Perroux, la cohérence interne de la réalité économique est difficile à percevoir. Il conçoit l’économie concrète comme un ensemble de faits, de décisions, de données statistiques, dans lequel les éléments varient sans cesse. Selon Perroux, l’économie politique doit avoir pour objectif de rendre intelligible le réel, en tenant compte de la dimension historique qui caractérise les faits de société. Perroux, en considérant l’économie comme une science de l’observation, figure parmi les fondateurs de l’économie appliquée.

Le but de l’économie politique, d’après Perroux, consiste à appréhender la réalité économique à travers sa conceptualisation, en vue de proposer des travaux et des modèles servant à la prévision et à l’action par des stratégies et des politiques économiques. Il s’agit de construire une économie capable de cerner la réalité dans toute sa globalité.

Il s’intéressait à l’influence des phénomènes du pouvoir sur l’économique, que ce soit l’influence du pouvoir politique de l’Etat et ses symboles ou le pouvoir de domination entre les nations. C’est pour cette raison qu’il préfère la notion d’économie politique à celle de science économique.

François Perroux peut être considéré comme un précurseur des réflexions et concepts sur le développement humain qui fait, depuis quelques années, l’écho dans les débats et les travaux sur l’économie sociale et les politique de développement. Pour Perroux, « l’économie est l’aménagement de chacun et de tous », c’est-à-dire qu’elle doit s’intéresser aux questions relatives à la couverture des coûts de l’homme.

Perroux fait partie des auteurs qui ont tenu à opérer une distinction entre la croissance économique et le développement : la croissance économique, qui est l’accroissement durable de la production globale d’une économie, est un phénomène quantitatif mesurable, alors que le développement, selon Perroux, est « la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître, cumulativement et durablement, son produit réel global ».

C’est donc un phénomène qualitatif observable sur une longue période et mesurable par de nombreux critères : niveau de vie, taux d’alphabétisation, espérance de vie… Ces critères ont été intégrés en 1990 par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) dans le calcul d’un indice synthétique, l’Indice de Développement Humain (IDH).

CHAPITRE 2 : LES SYSTEMES ET REGIMES ECONOMIQUES

Un système est un ensemble d’éléments interdépendants qui ne sont pas simplement juxtaposés. Le système est doté d’un mécanisme de régulation qui tend, sauf crise majeure, à sa reproduction, c’est-à-dire à la fois sa stabilité et son dynamisme. Un système économique concerne les relations entre la production, la répartition et la consommation des biens et des services.

Des auteurs distinguent différentes typologies des systèmes économiques: on distingue, par exemple, « économie de troc », « économie monétaire » et « économie de crédit ». On peut considérer que le concept de mode de production de Karl MARX est assez proche de système économique. MARX distingue le « mode de production esclavagiste », le « mode de production féodal », le « mode de production capitaliste », mais il prend en compte aussi la spécificité du « mode de production asiatique ».

Un système économique n’est pas séparable de l’ensemble plus vaste que constitue le système social; les relations de parenté ou de pouvoir, les croyances et les pratiques religieuses ne sont jamais totalement séparables de la sphère économique, et dans certains cas ces structures sociales jouent un rôle essentiel dans la régulation des activités économiques.

Un système économique est donc un type idéal et une construction théorique. Dans la réalité, on observe des économies concrètes qui sont souvent des combinaisons de divers systèmes économiques ou des formes singulières d’un système économique. On parle pour désigner les réalités concrètes de régimes économiques ou de modèles de pays. MARX pour sa part utilise l’expression de formation économique et sociale.

LA CLASSIFICATION DES SYSTEMES ECONOMIQUES

Toutes les sociétés font face aux problèmes de la rareté. Mais elles diffèrent néanmoins considérablement dans la façon de l’aborder. Le degré d’intervention de l’Etat dans l’économie constitue l’une des principales différences entre les pays. Théoriquement on a deux grands systèmes économiques:

🠶 Une économie entièrement planifiée ou dirigée où le gouvernement décide de tout dans le cadre d’un plan qui s’impose de façon impérative.

🠶 Une économie de marché totalement libre qui abandonne l’ensemble des décisions aux ménages et aux entreprises sans la moindre intervention de l’Etat.

En pratique, toutes les économies se situent quelque peu entre ces deux extrêmes, et c’est par conséquent le degré d’intervention de l’Etat qui permet de distinguer les différents systèmes économiques.Il existe tout un ensemble de régimes économiques se rattachant plus ou moins étroitement à ces systèmes de référence.

ECONOMIE DE MARCHE

Le système d’économie de marché est avant tout un système décentralisé: ce sont les agents microéconomiques (les ménages et les entreprises) qui prennent librement les décisions économiques. L’économie de marché désigne un contexte de l’économie où une partie substantielle de l’activité est organisée autour de marchés. Une économie de marché repose sur deux éléments fondamentaux: la libre entreprise et la propriété privée. Son fonctionnement se fonde exclusivement sur le mécanisme des prix, ce dernier agissant à la fois comme signal et comme une incitation.

Dans une économie de marché, les individus sont libres de leurs décisions économiques. Les consommateurs décident librement de l’utilisation de leurs revenus et donc de la demande qu’ils expriment. En particulier, la réponse à la question: « que produire? » est fournie par les ménages dans leurs choix de consommation.

De leur côté, les entreprises décident librement de ce qu’elles vendent et des méthodes de production utilisées, c’est-à-dire de l’offre qu’elles proposent. La réponse à la question

« comment produire? » est fournie par les entreprises qui sont libres de leurs décisions et qui choisissent des facteurs de production en fonction des indicateurs fournis par le marché (notamment le prix de ces facteurs).

Les décisions d’offre et de demande sont transmises des uns aux autres par le biais de leurs effets sur les prix, c’est-à-dire le mécanisme des prix. Les valeurs marchandes qui en résultent s’imposent alors à la fois aux entreprises et aux ménages. Au final, le mécanisme des prix assure que sur chaque marché l’offre est parfaitement égale à la demande. On appelle prix d’équilibre le prix pour le quel cette égalité se produit. Les prix réagissent aussi bien aux pénuries qu’aux excédents. La réaction de l’offre et de la demande par rapport à une variation des prix illustre l’une des caractéristiques du fonctionnement de l’économie de marché.

ECONOME DIRIGEE OU PLANIFIEE

L’économie dirigée se trouve particulièrement associée à un système socialiste ou communiste, caractérisé par la propriété collective des moyens de production (terre, capital). L’Etat planifie l’affectation des ressources sur trois niveaux:

Il opère un arbitrage entre la consommation actuelle et l’investissement futur. En sacrifiant une partie de la consommation présente au profit de l’investissement, il peut stimuler la croissance de l’économie. Dans sa stratégie macroéconomique globale, l’Etat s’occupe du sort économique du pays en matière de croissance et de développement.

Au niveau microéconomique, il planifie le rendement de chaque secteur d’activité et de chaque entreprise, les méthodes de production utilisées et les ressources et les ressources nécessaires. Pour s’assurer de la disponibilité de l’ensemble des facteurs de production requis, l’Etat peut conduire une analyse intrants-extrants (ou input-output en anglais) qui permet de mettre en lumière pour chaque secteur l’origine de tous ses facteurs de production (intrants) et la destination de toute sa production (extrants). Cette analyse permet ainsi d’harmoniser les décisions de l’Etat, au niveau de chaque secteur, pour assurer une équivalence entre demande et offre planifiées de produits.

🠶 L’Etat planifie la répartition de la production entre les consommateurs, en fonction des objectifs du gouvernement. Il pourra répartir les biens sur la base d’une appréciation des besoins de la population, ou donner davantage à ceux qui produisent le plus afin d’inciter les gens à travailler davantage. Il pourra procéder à une répartition directe (au moyen d’un système de rationnement par exemple), ou arbitrer la répartition des revenus monétaires et laisser les ménages décider de leur utilisation.

Ces deux grands systèmes théoriques, le plan et le marché, peuvent sembler ne pas correspondre parfaitement à la réalité observée dans les divers pays. En fait, suivant les époques et les pays les applications de ces deux systèmes connaissent des variantes importantes:

Du côté des économies de marché, il existe toute une palette de régimes, plus ou moins proches de la référence théorique, sachant que si certaines économies sont réellement décentralisées, d’autres par contre comprennent des éléments importants du système de plan.

De même du côté du plan, certains régimes sont très proches par rapport à la référence théorique comme c’est le cas de l’URSS avant les réformes des années 1980; d’autres comme la Yougoslavie, puis la Hongrie et les autres pays de l’Est en transition s’éloignent des principes centralisés du plan.

LES ECONOMIES MIXTES

Compte tenu des problèmes associés tant à l’économie de marché qu’à l’économie dirigée, toutes les économies mondiales mêlent en réalité les deux systèmes:

🠶 Dans une économie de marché mixte, l’Etat peut agir sur:

🠶 Le prix relatif des biens et celui des facteurs de production par le biais des taxes ou de subventions ou en exerçant un contrôle direct;

🠶 Les revenus relatifs des individus par le biais de l’impôt sur le revenu, des prestations sociales, ou d’un contrôle direct des salaires, des bénéfices, des loyers…

🠶 Les schémas de production et de consommation, par le recours à la loi (prohibant par exemple la commercialisation de produits dangereux), le financement de biens collectifs (santé, éducation, défense…), le recours aux taxes et subventions et aux nationalisations…

🠶 Les problèmes macroéconomiques du chômage, de l’inflation, du déficit commercial, du problème de croissance économique et des fluctuations du taux de change, par le biais de divers instruments de politiques économiques (fiscalité, contrôle des prix, taux d’intérêt, dépense publique, manipulation du taux de change, etc.)

VERS UNE TROISIEME VOIE: ECONOMIE SOCIALE/TIERS SECTEUR/SECTEUR INFORMEL

Dans toutes les sociétés, de nombreuses décisions économiques individuelles ou collectives ne concernent en réalité ni l’Etat ni le marché. Une grande partie des activités domestiques peut être considérée comme des activités économiques. Elles mettent en jeu une production et présentent pour celui qui les accomplit un coût d’opportunité correspondant aux activités auxquelles il a dû renoncer. Ces activités domestiques ne donnent pas lieu à des transactions monétaires. De même un grand nombre d’activités collectives – clubs, associations, …- nécessitent la fourniture de biens et/ou de services sans qu’interviennent jamais une transaction monétaire.

Ces activités appartiennent à des secteurs de l’économie pouvant être qualifiés d’informel, de social (on parle aussi de tiers-secteur). Ces activités sont de plus en plus importantes aujourd’hui dans des contextes de prolifération de la pauvreté, du chômage et de la précarité.

CHAPITRE 3:

🠶 LES AGENTS ECONOMIQUES: OPERATIONS ET REPRESENTATION EN CIRCUIT ECONOMIQUE

Définitions et principes clés

Les acteurs de la vie économique sont très nombreux. Les économistes ont donc tendance à les regrouper, pour pouvoir analyser leurs comportements. Pour cela, ils retiennent la fonctionprincipale de chaque acteur. C’est ainsi que l’on a défini des agents économiques entre lesquels circulent des flux de biens et services et de monnaie.

Un agent économique (ou unité institutionnelle en comptabilité nationale)est un centre de décision indépendant et autonome dans l’exercice de sa fonction principale: un ménage décide de sa consommation, une entreprise de sa production, etc.. L’unité institutionnelle est résidente si elle est présente sur le territoire économique du pays en question (le Maroc par exemple) depuis plus d’un an quelle que soit sa nationalité.

Les agents économiques entretiennent entre eux des opérations économiques que l’on peut repérer par des flux économiques. Un flux économique est la variation d’une quantité de biens et services (flux réels) ou de monnaies (flux monétaires) enregistrée entre deux dates, et qui désigne une grandeur économique en mouvement d’un agent économique vers un autre.

L’économie nationale regroupe l’ensemble des unités institutionnelles résidentes. Cela inclut donc les filiales d’entreprises étrangères installées dans le pays en question (la Maroc par exemple) ou/et les travailleurs immigrés.

Pour présenter les comptes de l’économie nationale, on regroupe les unités institutionnelles qui ont un comportement économique (ou fonction économique) similaire ou semblable dans un même système institutionnel (SI).

Les critères retenus pour les distinguer sont le caractère marchand ou non-marchand de leur production, leur statut privé ou public, leur fonction économique principale et la résidence.

Le repérage des flux économiques permet de mettre en évidence un circuit économique. Il s’agit d’une représentation simplifiée de l’activité économique, faisant apparaître la circulation des biens et de la monnaie entre les agents.

SECTEURS INSTITUTIONNELS ET OPERATIONS ECONOMIQUES

Il existe six secteurs institutionnels:

🠶 Les sociétés non financières: elles produisent des biens et services marchands. Ces sociétés peuvent être publiques ou privées.

🠶 Les sociétés financières: elles participent au financement de l’économie. Cela inclut les banques, les compagnies d’assurance et les « auxiliaires financiers », tels les courtiers, les sociétés de bourse, etc..

🠶 Les administrations publiques: elles ont une production non marchande ou participent à la redistribution des revenus. Elles incluent les administrations publiques centrales (APUC) et locales (APUL) ainsi que les administrations de sécurité sociale (ASS).

🠶 Les institutions sans but lucratif au service des ménages: elles sont des établissements privés dont la production est non marchande et les ressources formées de contributions volontaires (par exemple les associations, les syndicats, etc.).

🠶 Les ménages: ce secteur institutionnel comprend les personnes partageant une même résidence principale, mais aussi les entreprises individuelles (comme les   artisans) dont les comptes ne sont pas séparables des ménages.

🠶 Le reste du monde: ce secteur rassemble les agents qui ne résident pas sur le territoire économique du pays en question (du Maroc par exemple).

LES PRINCIPALES OPERATIONS DES AGENTS ECONOMIQUES

🠶 Les flux sont rassemblés dans différentes catégories selon la nature des opérations concernées, ce qui permet la construction de tableaux de synthèse pour chaque type d’opération.

🠶 Les opérations sur les produits: elles concernent la création et l’utilisation des biens et services marchands ou non marchands. Elles indiquent ainsi la provenance et la destination des produits. Les relations entre les différentes activités productives sont synthétisées dans le Tableau Entrées-Sorties (TES). Dans une économie nationale, les biens et services rencontrés proviennent de la production nationale et des importations. Ces biens et services sont utilisés pour partie à la consommation, pour partie à l’investissement et pour partie à l’exportation.

🠶 Les opérations de répartition: elles décrivent l’origine, la distribution et l’utilisation finale des revenus primaires issus de la production, ainsi que la redistribution des revenus de transfert. Cette répartition prend différentes formes, de la rémunération du travail aux dividendes en passant par les loyers et les intérêts. Ces opérations sont détaillées pour chaque secteur institutionnel dans le tableau économique d’ensemble (TEE).

🠶 Les opérations financières: elles comprennent d’une part l’évaluation des moyens de paiement acquis ou cédés par les agents en contrepartie des opérations sur les produits ou des opérations de répartition. Et d’autre part des opérations proprement financières de créances et de dettes entre les agents (emprunts, titres, etc.). Elles recouvrent l’ensemble des relations entre agents à capacité de financement et ceux à besoin de financement. Ces opérations sont synthétisées dans le Tableau des opérations financières.

🠶 Les opérations avec l’extérieur: elles indiquent l’ensemble des flux économiques entre les agents résidents sur le territoire économique et les agents non résidents appartenant au reste du monde. On distingue ainsi des échanges de biens et services, des transferts de revenus et des mouvements de capitaux, etc.

REPRESENTATION DES OPERATIONS PAR LE CIRCUIT ECONOMIQUE

🠶 Le circuit économique permet de représenter de façon très simplifiée les principales relations entre les agents économiques entre lesquels circulent des flux de biens et services et des flux monétaires.

🠶 Entre entreprises et ménages circulent des flux allant des entreprises vers les ménages (salaires, autres revenus versés), et en sens inverse, on trouve surtout la consommation (les dépenses de consommation) et la formation de capital par les entrepreneurs individuels. On trouve aussi des flux allant d’un agent vers lui-même, comme les relations inter-entreprises.

🠶 Entre sociétés financières et non financières, on enregistre des flux financiers traduisant un besoin ou une capacité de financement des agents.

🠶 Entre les administrations et les autres agents, comme avec les ménages, on trouve des flux sous forme de prestations, traitements, impôts, cotisations sociales.

🠶 Entre le reste du monde et les agents résidents sous forme d’exportations, importations, créances, titres, etc..

🠶 Dans une économie (ou le marché d’un bien), l’équilibre emplois-ressources s’écrit ainsi:

P+M = C +I +X + Var. S.

  • P: c’est la quantité produite de produits
  • M: ce sont les importations de produits
  • C: c’est la consommation qu’elle résulte des entreprises, des ménages ou des administrations.
  • I: c’est l’investissement dans la mesure où le produit peut être un bien durable acquis pour être utilisé pendant plus d’un an dans le cadre d’une activité de production.
  • X: c’est l’exportation qui correspond à une consommation ou un investissement de la part d’agents du reste du monde.
  • Var. S.: c’est la variation des stocks dans la mesure où le produit ne peut pas être totalement écoulé sur le marché et peut se retrouver dans les stocks des producteurs et des distributeurs.

🠶 L’équilibre emplois-ressources des agents économiques est un équilibre entre la demande globale et l’offre globale sur le marché des biens et services:

OFFRE GLOBALE = PRODUCTION NATIONALE +IMPORTATIONS DEMANDE GLOBALE = CONSOMMATION + INVESTISSEMENT +

EXPORTATIONS

On peut en déduire une nouvelle égalité:

PRODUCTION NATIONALE = CONSOMMATION + INVESTISSEMENT +

(EXPORTATIONS          –

IMPORTATIONS)

PRODUCTION NATIONALE = DEPENSE INTERNE + SOLDE EXTERNE

🠶 Lorsque l’on compare la production nationale et la dépense interne, trois cas peuvent se présenter:

🠶 Le cas où la dépense interne est égale à la production nationale: les échanges extérieurs, exportations et importations, sont en équilibre.

🠶 Le cas où la dépense interne est supérieure à la production nationale: l’économie nationale doit s’approvisionner par le recours au marché extérieur pour compenser l’insuffisance de la production interne.

🠶 Le cas où la dépense interne est inférieure à la production nationale: l’économie dégage un excédent de ressources qu’elle peut consacrer à l’exportation (il en résulte un solde positif au niveau des échanges extérieurs).

CHAPITRE 4 : LA PRODUCTION NATIONALE

A- Les mesures de la production

La mesure des productions marchande et non marchande:

L’unité de la production est la monnaie (base d’évaluation)

La production des entreprises est mesurée par leur valeur ajoutée (VA) qui est la différence entre la valeur des biens et services produits et   des biens et services consommés par elle.

La production non marchande est évaluée par le coût de la production constitué principalement de salaires et traitements.

Les agrégats de production (PIB, PIN, PNB)

Le principal agrégat de la comptabilité nationale est le PIB (Produit     Intérieur Brut)

Il repose sur le critère de territorialité et ainsi ne comptabilise que la production des entreprises résidentes, qu’elles soient locales ou étrangères.

Le PIB se calcule de la manière suivante :

PIB = Somme des VA des entreprises résidentes + TVA + Droits de douanes

Le PIN (produit intérieur net) s’obtient en déduisant du PIB la consommation de capital fixe (l’amortissement des biens d’équipements).

PIN = PIB – amortissement des biens d’équipements

Le PNB repose sur le critère de nationalité et comptabilise uniquement la production des agents nationaux

PNB = PIB + Solde des revenus reçus et versés vers l’extérieur

Le poids des productions marchande et non marchande

Au cours du temps, le poids de la production non marchande a progressé dans la production totale au détriment de la production marchande.. Elle résulte principalement des services fournis par les administrations publiques.

Les limites de la mesure de la production

Le PIB procède à une double comptabilisation d’une partie de la production marchande, puisque les impôts par exemple sont comptabilisés à la fois dans la VA des entreprises et dans le coût des facteurs de la production non marchande qu’ils ont servi à rémunérer.

Le PIB constitue un mauvais indicateur de bien-être dans la mesure où la relation entre quantité produite et qualité de vie n’est pas déterminé.

Le calcul du PIB en volume est délicat puisqu’il fait ressortir le problème de l’élimination de hausses de prix alors que les produits peuvent avoir changé d’une année à l’autre.

Le PIB comptabilise des productions nuisibles: On reproche au PIB de ne pas tenir compte de la dégradation du capital écologique ou humain que la production occasionne et, parfois même, de comptabiliser comme production un ensemble de dépenses liées à la lutte contre les nuisances créées par la production.

L’analyse de la production par branche : Tableau des entrées sorties (TES)

LE TES et l’équilibre emplois-ressources : le TES décrit le mécanisme de la production nationale en représentant l’équilibre emplois-ressources branche par branche et pour l’ensemble des branches. Cet équilibre s’écrit :

Ressources = Production(P) + Importations(M)

Emplois =   Consommation intermédiaire (CI) + Consommation Finale (CF) + Formation brute de capital fixe (FBCF ou investissement en comptabilité nationale) + Exportations (X) + Variation des stocks(VS)

P+M = CI + CF + FBCF + X + VS

Utilité du TES : il permet de calculer le degré d’indépendances des branches (Total des consommations intermédiaires de la branche/production de la branche)

Exemple de TES: il s’agit ici d’une version très simplifiée destinée à comprendre son fonctionnement

CHAPITRE 5: CONSOMMATION ET EPARGNE

SECTION 1 : LA CONSOMMATION DES MENAGES

La consommation: est l’opération économique consistant à acquérir des biens destinés à être détruits immédiatement ou progressivement à travers leurs utilisations.

Si l’acquisition est destinée à satisfaire directement les besoins d’un ménage, on parle de consommation finale, lorsque le bien est utilisé pour la production d’un autre, il s’agit de consommation intermédiaire.

La consommation dépasse largement le champ strictement économique. Les choix individuels font intervenir des critères psychologiques, sociaux, culturels… Au niveau global, la consommation peut être considérée comme un phénomène sociologique.

La consommation prend différentes formes:

  • Marchande: quand elle correspond à des achats de biens et services sur le marché.
    • Non marchande: s’il s’agit d’auto-consommation ou de services publics.

La consommation peut être

  • collective , si la consommation par un individu n’exclue pas la consommation par les autres.
    • individuelle dans le cas contraire.

Les comportements de consommation

Pour les théories néoclassiques, les ménages arbitrent d’abord entre l’épargne et la consommation, en fonction du taux d’intérêt proposé pour rémunérer l’épargne. Plus ce taux est important, moins grande sera la consommation. Ensuite, chacun effectue ses choix, sous la contrainte de son budget, en vue de maximiser sa satisfaction globale. Cela suppose que l’individu peut établir à priori l’ordre de ses préférences entre les types de biens proposés à la consommation. Ce calcul pose le prix comme un déterminant essentiel des comportements de consommation: c’est la « loi de la demande décroissante » selon laquelle la consommation est une fonction décroissante du prix.

Les choix d’épargne et de consommation ne sont pas toujours libres et rationnels. L’individu tel que le décrive les néoclassique n’existe pas. Chacun obéit aussi à des pulsions qui peuvent déclencher des achats irréfléchis. Le comportement économique ne peut être entièrement dicté par des calculs.

La théorie de la « filière inversée » de Galbraith fait des producteurs, grâce à la mercatique et la publicité, les principaux responsables de l’évolution des préférences des consommateurs.

L’observation met en évidence de nouveaux comportements de consommation depuis le début des années 80. le « nouveau consommateur » serait plus rationnel, moins sensible à la publicité mais plus à la qualité véritable des biens et services.

L’étude de la consommation globale

La fonction keynésienne de la consommation: Keynes cherche à expliquer la consommation globale et attribue au revenu le rôle principale dans sa détermination.

Selon lui, la fraction consommée du revenu, qu’il appelle propension à consommer, démine avec l’augmentation du revenu. La part consacrée à la consommation est de moins en moins grande car les besoins sont progressivement satisfaits et les possibilités d’épargne de plus en plus importantes.

La fonction de consommation a donc une seule variable, le revenu. Elle peut s’écrire sous la forme : 𝐶 = 𝑐. 𝑅 + 𝑏, avec 𝑐 <1 , et se représente par ne droite.

CONSOMMATION

Des politiques s’en inspireront pour relancer la consommation en agissant sur e revenu, particulièrement sur les revenus des plus modestes, dont la propension à consommer est plus élevée.

Selon le modèle du « revenu permanent » de Friedman, la consommation s’étable non pas en fonction du revenu courant des ménages, mais en fonction d’un revenu annuel moyen estimé par l’individu en fonction de ses anticipations (études, revenus futurs,

…)

Le développement de la consommation de masse: durant les décennies de croissance qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale (les « Trente Glorieuses »), la consommation a joué un rôle décisif dans le fonctionnement du modèle « fordien ». Grace au développement de a consommation de masse, notamment dans le domaine des biens durables, la demande stimule une production de masse, donc la distribution des revenus, entretenant ainsi l’augmentation de la consommation.

Le ralentissement de la consommation : la période actuelle laisse apparaitre, depuis la fin des années 80, une nette remontée du taux d’épargne, et surtout l’épargne financière, au détriment de la consommation qui se ralentit. Pour certains, il s’agit d’un phénomène psycho-sociologique de saturation, le rejet de la sur-consommation.

D’autres avancent une explication économique liée au niveau global du revenu, jugé insuffisant pour assurer un niveau de la demande satisfaisant.

La structure de la consommation

Lois d’Engel et structure de la consommation: la loi énoncée par l’économiste Engel

ème

au 19      siècle, selon laquelle la part de la consommation consacrée à l’alimentation

(le coefficient budgétaire de l’alimentation) diminue avec l’augmentation du revenu, reste valable. La faible élasticité de la consommation alimentaire par rapport au revenu était démontrée. D’autres lois, également attribuées à Engel, sont plus difficilement vérifiables aujourd’hui. Mais on peut effectivement distinguer trois types de consommations:

  • Celles qui augmentent plus vite que le revenu (logement, santé, transport, loisirs).
    • Celles qui augmentent moins vite que le revenu (alimentation, habillement, équipement du logement)
    • Celles qui augmentent au même rythme que le revenu.

La dématérialisation de la consommation: on peut aussi mettre en évidence une tendance à la dématérialisation, c’est-à-dire à une augmentation de la part des services dans la consommation totale. Ils représentent aujourd’hui plus de 40% de la consommation. La réduction du temps de travail, la montée de la demande de services dans les domaines à forte élasticité-revenu (santé, loisirs, culture, transport), la marchandisation des activités domestiques contribuent à cette dématérialisation.

SECTION 2 : L’EPARGNE

A. Définitions

Au sens courant, l’épargne consiste à faire des économies. En économie, elle désigne la partie du revenu qui n’est pas consommée. Épargne consiste à renoncer à une consommation immédiate au profit des satisfactions futures liées à des investissements ou à des consommations.

L’épargne se mesure comme un flux et non comme un stock. Chaque année sont comptabilisées les sommes épargnées à un moment donné (aspect patrimonial).

La fonction d’épargne est traditionnellement assurée par les ménages. Mais les entreprises et les administrations peuvent également épargner. L’épargne nationale regroupe l’épargne des ménages, des entreprises et des administrations. Le taux d’épargne est le rapport entre l’épargne national et le PIB.

Les formes d’épargne nationale

Pour les ménages, les formes d’épargne sont diverses: placer de l’argent sur un compte, acheter des actions ou des obligations, conserver des billets chez soi… On distingue ainsi l’épargne financière (placement financier thésaurisation) et l’épargne non financière (logements et investissements).

L’épargne des ménages inclut trois grands types d’éléments:

  • les investissements des entrepreneurs individuels (investissements réalisés).
  • les achats de biens immobiliers (et l’épargne contractuelle liée aux remboursements d’emprunts).
  • l’épargne financière des ménages.

L’épargne des entreprises correspond à leur autofinancement, c’est-à-dire aux amortissements et aux bénéfices non distribués.

La capacité de financement d’un agent ou d’une catégorie d’agents est la différence entre son épargne et ses besoins de financements. Le solde peut être positif ou négatif. Les capacités nettes de financement sont utilisées pour financer les besoins nets. Les ménages sont structurellement prêteurs car ils dégagent une capacité nette de financement.

Jusqu’à une période récente, les entreprises avaient un besoin net de financement mais cette situation s’est inversée, surtout en raison de la baisse de l’investissement, et les entreprises dégagent aujourd’hui une capacité nette de financement. Le seul agent déficitaire est à présent l’Etat, qui a un besoin net de financement et doit donc faire appel aux autres agents pour son financement.

Les opérations économiques nationales peuvent faire apparaitre un solde d’épargne positif u négatif avec le reste du monde, indiquant un excèdent d’épargne a été prêté à l’étranger ou que le reste du monde a financé un déficit national. Il s’agit alors de l’épargne de la nation.

Les déterminants de l’épargne

La décision d’épargner permet de satisfaire différents types de besoins. Les ménages épargnent pour acheter ultérieurement, pour se protéger contre certains risques, pour

« assurer leur retraite ». Selon la théorie du cycle de vie, les ménages accumulent durant leur vie active pour « désépargner pendant leur retraite ». Cette théorie justifie l’élévation du taux d’épargne en cas de menace démographique sur les retraites collectives.

Les ménages peuvent aussi épargner en vue d’obtenir des intérêts . Sur ce point, les courants théoriques s’opposent.

  • Pour les classiques, le taux d’intérêt détermine le partage du revenu entre l’épargne et la consommation. Un taux élevé justifie ainsi la renonciation à une consommation immédiate.

Pour Keynes au contraire le partage consommation épargne est seulement fonction du revenu, le taux d’intérêt ne déterminant que le partage de l’épargne entre les formes liquides (thésaurisation) et les formes financières (lorsque les taux d’intérêts sont élevés.)

Pour les entreprises, l’épargne permet de financer la croissance. En accroissant le fonds de roulement, l’épargne permet de réaliser de nouveaux investissements en réduisant le poids d’endettement, donc les charges financières.

Les autres déterminants du taux d’épargne :

  • Le niveau de l’inflation : l’épargne financière augmente en période de forte inflation car les ménages compensent le diminution de la valeur réelle des patrimoines due à la hausse de prix.
  • La dégradation du climat économique : les ménages constituent une épargne de précaution pour faire face aux risques de chômage, de diminution des revenus.

CHAPITRE 6: CROISSANCE ECONOMIQUE ET INVESTISSEMENTS

La croissance économique : C’est l’augmentation soutenue, pendant unelongue période, de la production d’un pays.

  • Les moteurs de la croissance : Ce sont les facteurs de la production, le travail et le capital.
  • Le progrès technique : C’est l’ensemble des innovations qui conduisent àaugmenter les quantités produites par un pays.

Les indicateurs de la croissance : PIB: produit intérieur brut

On calcule le taux de croissance du PIB au cours d’une

période déterminée, en volume et en valeur.

Ce taux est considéré comme un chiffre en pourcentage de la croissance de la production.

Les irrégularités de la croissance

L’existence de cycles courts :la conjoncture est rythmée par des cycles économiques constitués d’une alternance de phases d’expansion et de récession dont la durée peut aller de cinq à dix ans. Plusieurs explications peuvent être avancées à l’origine des cycles :

  • La    dynamique    du    fonctionnement    des    marchés     (déséquilibre offre/demande),
    • le mécanisme de partage de la valeur ajoutée (conflits entre salaire et profits),
    • l’existence de chocs exogène (prix du pétrole),
    • les phénomènes financiers.

L’existence de cycles longs :

L’observation des fluctuations économiques sur le long terme a permis de mettre en évidence des mouvements réguliers d’expansion longue et de dépression longue d’une cinquantaine d’années au total, appelé cycle de Kondratieff au nom de l’économiste russe qui les a mis en évidence en 1926.

La croissance de type fordiste

C’est une croissance qui caractérise la forte croissance économique qu’ont connu les pays développés après la seconde guerre mondiale. Elle est ainsi qualifiée car elle fait référence à Henry Ford qui accordait à ses ouvriers des salaires plus élevés que chez les concurrents. Ceci était possible grâce aux

SECTION 2 : L’INVESTISSEMENT

Dans un sens économique, un investissement est l’achat de biens qui ne sont pas consommés aujourd’hui, mais sont utilisés à l’avenir pour créer de la richesse.

En finance, un investissement est un actif monétaire acheté avec l’idée que l’actif sera de fournir des revenus à l’avenir ou d’apprécier et d’être vendu à un prix plus élevé.

Le capital technique : c’est le capital fixe au sens de la comptabilité nationale, c’est-à-dire, les installations techniques et machines, les bâtiments et logements, l’ensemble de moyens de production qui participent à plusieurs cycles de production.

Les investissements matériels

Ces investissements correspondent à la formation brute de capital fixe, on distingue : Les investissements de remplacement qui renouvellent le capital à l’identique, et les investissements d’expansion qui augmentent la capacité de production de l’entreprise. Les investissements de modernisation visent à accroitre la productivité.

Les investissements immatériels

L’investissement n’est pas seulement matériel, selon Jean-Marie ALBERTINI, pour produire, il faut de plus en plus, de savoirs (recherches), de savoir-faire (formation et qualifications), de savoir organiser (méthodes et logiciels) et de faire savoir (publicité et études de marché).

En comptabilité générale, les investissements immatériels sont considérés comme des consommations intermédiaires, et ne peuvent pas toujours donner lieu à un amortissement comptable.

Les déterminants de l’investissement

La demande : l’investissement est largement tributaire du niveau de la demande qui s’adresse à l’entreprise, il n’est pas nécessaire d’accroitre ses capacités de production quand la demande stagne.

Les profits : les entreprises ne se risquent à investir que si elles escomptent des profits futurs intéressants, ou bien la rentabilité espérée de l’investissement est suffisante.

La situation financière de l’entreprise et les taux d’intérêt : en l’absence des ressources financières suffisantes, l’entreprise pourra avoir recours à l’emprunt dans la mesure où le niveau et la structure de son endettement présent le permettent.

Le multiplicateur keynésien

L’égalité fondamentale entre l’offre et la demande globalesdans le cadre d’une économie fermée (en l’absence desimportations et d’exportations) :

Production(Y) = Consommation(C) + Investissement(I)

La production = la somme des valeurs ajoutées produitespar les entreprises résidentes, ces valeurs sont ensuiteréparties sous forme de revenus entre les ménages.

La production = Revenu = Y

Une augmentation de l’investissement (∆I) →une distribution supplémentaire des revenus

(∆Y = ∆I) vers ceux qui fabriquent les équipements productifs acheté, et ceux qui les utilisent

un supplément de consommation (∆C) de la part de ces agents économiques.

La variation de la consommation des ménages est liée à la variation des revenus par la propension marginale à consommer (c) →∆C = c∆Y.

  • Puisque ∆Y = ∆I →∆C = c∆I

Alors, ces dépenses de consommation vont procurer des revenus supplémentaires à ceux auprès de qui elles ont été réalisées, pour un montant de c∆I

→∆Y = c∆I

  • Ceux-ci, Vont à leur tour en consacrer une partie à la consommation pour un montant de c²∆I→∆Y= c² ∆I

Au total, la somme des revenus générés par l’investissement initial est :

→ ∆Y = (1/1-c) ∆I

On appellek = (1/1-c), le multiplicateur keynésien. Si c=0,8, on trouve k=5, cela signifie que toute augmentation de l’investissement conduit à une croissance de la production 5 fois supérieure.

CHAPITRE 7 : LES DESEQUILIBRES ECONOMIQUES : LE CAS DE L’INFLATION ET DU CHÔMAGE

Inflation : est la hausse durable du niveau général des prix. Elle exclut les hausses localisées et passagères et suppose que l’augmentation transmette à toute l’économie.                                       La perte du pouvoir d’achat de la monnaie

L’inflation dépend de la quantité et qualité égales de la monnaie qui peuvent être mesurées à partir des variations des prix à la consommation des biens et services.

La Stagflation: est une situation particulière où l’on constate dans une économie la simultanéité d’un niveau élevé d’inflation et d’une croissance faible.

Désinflation : se définit comme la diminution du rythme d’accroissement du niveau général des prix autrement dit c’est le ralentissement de l’inflation.

Exemple: après des années d’inflation à 10 % en moyenne, si l’inflation baisse à 7 %, puis 5 %, puis 2 %, on parlera de phénomène désinflatoire.

Déflation : est une baisse général des prix, des salaires, de la masse monétaire elle est associée à une situation de dépression économique.

Les causes de l’inflation :

  1. L’inflation par la demande :

Elle résulterait de la simple constatation de la loi de l’offre et de la demande. Sur un marché, un excès de demande par rapport à l’offre entraine une hausse du prix jusqu’à l’obtention d’un nouvel équilibre. Cet excès de demande peut avoir une origine monétaire.

  • L’inflation par les coûts :

2.1- Les coûts économiques internes : les salaires sont autant un élément de la demande qu’un des déterminants des prix. Lorsqu’il augment au-delà de la productivité, les coûts donc les prix doivent augmenter.

2.2- Les coûts politiques : les prix de nombreux facteurs de production (électricité, régime des amortissements donc prix du capital, SMIC, cotisation sociales …) sont contrôlés par l’état.

2.3- Les coûts liés aux échanges externes : le coût des matières premières importées peut augmenter ou diminuer (choc et contre-choc pétroliers ou la parité monétaire peut être dévaluée ou réévaluée) entrainant des effets inflationnistes et déflationnistes

  • L’explication monétariste :

L’inflation serait la conséquence d’un excès de quantité de monnaie en circulation dans l’économie par rapport à la quantité de biens et services disponibles.

Irving Fisher c’est le premier économiste qui modélise mathématiquement l’inflation Selon l’équation de la théorie quantitative de la monnaie, il met en évidence une relation linéaire entre quantité de monnaie et le niveau général des prix :

M = masse monétaire,

V = vitesse de circulation de la monnaie, P = niveau général des prix,

T = volume des transactions dans une période donnée.

Selon les monétaristes : toute hausse de M lorsque V est constante entraîne une hausse de P et non de T. en effet, à court terme, la Capacité de production des entreprises (et donc le niveau T) ne peut suivre l’évolution de la demande qui résulte de la hausse de M.

Selon les Keynésiens : la hausse de la quantité de monnaie en circulation n’est pas inflationniste en situation de sous-utilisation des capacités de production des entreprises. En outre, à long terme, les entreprises peuvent adapter leur capacité de production grâce à l’investissement.

4- Le poids des structures économiques et sociales :

Les situations de monopoles et d’oligopoles sont souvent considérées comme inflationnistes car les prix, sur ce type de marchés, se fixent au-delà du prix d’équilibre de la concurrence pure et parfaite.

D’autre part, les salariés, organisés en syndicats, ont un pouvoir de négociation qui leur permet d’obtenir des hausses salaires homogènes malgré l’hétérogénéité des performances des entreprises. C’est ce que l’on appelle la lutte pour le partage de la valeur ajoutée. Cette lutte aboutit à une spirale inflationniste prix-salaires puisque une hausse des salaires résulte une augmentation des couts de production des entreprises; ces dernières, voulant conserver leur niveau de profit, augmentation à nouveau leur prix, etc.

Les effets de l’inflation :

  1. L’érosion du pouvoir d’achat :

A revenu inchangé, le pouvoir d’achat des ménages, c’est-à-dire la quantité de biens et services qu’ils peuvent acheter, diminue avec l’inflation.

  • L’effet redistributif :

L’inflation pénalise les ménages détenteurs de revenus fixes, ainsi que les créanciers car le taux d’intérêt réel (différence entre le taux d’intérêt nominal et le taux d’inflation) diminue. Elle érode l’épargne liquide des ménages et favorise les emprunteurs pour lesquels la charge de remboursement s’amoindrit les entreprises, en l’occurrence, bénéficient d’un effet de levier plus puissant.

La détérioration des échanges extérieurs :

L’inflation grève la compétitivité-prix des produits nationaux. Les produits importés sont plus compétitifs et se substituent à la production nationale (augmentation des importations), alors que les produits nationaux sont moins attractifs sur les marchés mondiaux (baisse des exportations).

La rigueur salariale : elle consiste à freiner la hausse des salaires qui est indexée sur celle des prix, pour casser la spirale inflationniste prix-salaires.

La politique monétaire restrictive : il s’agit d’augmenter le coût de crédit (taux d’intérêt) pour limiter la croissance de la masse monétaire. En effet, la distribution de crédits constitue la principale source de création monétaire et lorsque l’on parvient à la limiter, on freine l’évolution de la masse monétaire et donc l’inflation par la demande.

L’appréciation de la monnaie : une politique de monnaie forte va permettre de diminuer le cout des importations et, par la même, l’inflation importée (cas du pétrole par exemple). En outre, elle va obliger les entreprises à fournir des efforts en matière de productivité pour être compétitives sur le marché national et sur les marchés mondiaux.

La politique de désinflation compétitive : combine les trois axes de lutte contre l’inflation, une hausse de taux d’intérêt, nécessaire pour imiter la distribution de crédits, conduit à une appréciation de la monnaie sur le marché des changes car elle attire les capitaux étrangers. En outre, la rigueur salariale s’avère être un passage obligé pour ne pas compromettre la compétitivité des entreprises qui doivent affronter la concurrence étrangère avec une monnaie forte.

La relation inflation-chômage

L’existence d’une relation inflation-chômage a été étudiée par le statisticien anglais Phillipps qui met en évidence en 1958 une relation décroissante entre le taux de variation des salaires nominaux et le taux de chômage.

Par la suite, les économistes reprennent cette analyse en remplaçant la variation des salaires par l’inflation, privilégiant l’hypothèse d’une inflation par les coûts salariaux. La courbe de Phillipps résume alors le dilemme des politiques économiques keynésiennes dans les années soixante : lutter contre l’inflation en acceptant la montée du chômage ou réduire le chômage en supportant une certaine inflation.

Avec l’entrée dans la crise, la relation change de forme puisque l’inflation et le chômage progressent simultanément. On parle de stagflation pour désigner cette situation de montée d’inflation sans amélioration l’emploi.

Définition:

LE CHÔMAGE

Le chômage est constitué des personnes qui satisfont aux trois conditions suivantes:

  • – être sans travail
  • Être à la recherche d’un travail
  • Être disponible pour travailler

Le taux de chômage est le rapport entre le nombre de chômeurs et la population active

LES CAUSES DU CHÔMAGE

Le ralentissement de l’activité économique: les entreprises réajustent à la baisse leur volume de main d’œuvre pour l’adapter au volume de la production suite à une stagnation ou une baisse de la demande adressée à ces entreprises.

Le coût du travail: un niveau très élevé du coût du travail peut représenter un obstacle à l’embauche. Le coût du travail est constitué de la somme des salaires, des cotisations sociales et des taxes assises sur la masse salariale.

Le progrès technique: il est à la fois créateur et destructeur d’emplois. Il détruit des emplois dans les secteurs où il se diffuse au détriment des personnes non qualifiées. Il est créateur d’emplois dans les secteurs de pointe ou émergents.

LES INSTRUMENTS ET POLITIQUES DE LUTTE CONTRE LE CHÔMAGE

La diminution de la population active (des études longues, abaisser l’âge de la retraite, limiter l’immigration, etc.)Une politique active de l’emploi: une politique destinée à favoriser la croissance économique et de la demande permettra de relancer l’embauche.Le partage du travail à travers la réduction du temps du travail

LES DIFFERENTS TYPES DE CHÔMAGE

  • Le chômage conjoncturel: il est lié au ralentissement de l’activité économique
  • Le chômage structurel: il est lié aux modifications structurelle de l’économie (déclin d’activités, effet de l’économie mondialisée, remontée des services, etc.)
  • Le chômage frictionnel: un chômage de courte durée lié à la mobilité plus ou moins importante des salariés. Il est considéré comme un chômage incompressible
  • Le chômage partiel: il correspond à une réduction par les entreprises du temps du travail pour un temps limité en cas d’un ralentissement important de l’activité économique.
  • Le chômage technique: il correspond à une cassation partielle ou totale de l’activité de l’entreprise résultant de causes externes à l’entreprise.

CHAPITRE 8: BUDGET DE L’ETAT ET POLITIQUES ECONOMIQUES

Etat ≠ Gouvernement

  • Le gouvernement est l’une des institutions par lequel l’Etat exerce son pouvoir.
    • L’Etat c’est un appareil juridique ayant la charge d’un territoire. Ensemble de règles, de normes, d’institutions qui régissent une Nation.

Historiquement

  • Historiquement, l’Etat moderne vient remplacer la féodalité, et c’est à partir du

ème

20      siècle qu’il devient peu à peu plus présent au niveau économique.

  • Actuellement, même si la marge de l’intervention de l’Etat est souvent très étroite, l’opinion se retourne à celle-ci dès qu’un ralentissement se produit, qu’un groupe social de trouve en difficulté……

Au début c’était l’Etat Gendarme : Il ne s’occupait que de la justice, de la police et de l’armée. Appelé aussi Etat minimal ou Etat Libéral.

ème

Au cours de la première moitié du 20       siècle les fonctions économiques et sociales de

l’Etat se développent pour donner naissance à l’Etat providence après la seconde guerre mondiale. L’Etat prend en charge les risques sociaux.

Intervention moderne de l’Etat : Prélèvement de 40% sur le PIB (TVA et Cotisations sociales)

Les conceptions de l’Etat

Les libéraux

Ne reconnaissent à l’Etat aucun rôle économique. Il doit se contenter d’assurer ses fonctions régaliennes.

Cette non-intervention se justifie par l’optimum de Pareto. Le budget ne doit pas être actif. Les dépenses et les recettes ne doivent pas chercher à modifier l’activité économique.

Keynes

L’Etat doit intervenir pour soutenir la demande. Le déficit budgétaire est bénéfique à l’activité économique et il est financé a posteriori par les recettes fiscales issues de l’accroissement de l’activité économique. Selon Keynes, les dépenses de l’Etat provoquent un accroissement du revenu égal à un multiple de la dépense initiale.

En effet, chaque dépense publique engendre une distribution de revenus qui incite les entreprises à produire plus, engendrant ainsi une deuxième vague de revenus.

Théorie de croissance endogène

L’Etat est un producteur d’externalités positives dans le domaine de la recherche, de l’éducation.

Durkheim

Marx

C’est la complexité croissante des sociétés qui justifie la montée de l’intervention de l’Etat.

L’Etat est un instrument de domination des classes dominantes

Wagner (La loi de Wagner)

« Plus la société se civilise, plus l’État est dispendieux ».

è Plus l’économie se publiques

développe,   plus   l’État   doit   investir

en    infrastructures

Plus le niveau de vie de la population augmente, plus celle-ci accroît sa consommation de biens dits supérieurs, comme les loisirs, la culture, l’éducation, la santé… qui sont des biens dont l’élasticité-revenu est supérieure à 1. En d’autres termes, la consommation de ces biens augmente plus vite que le revenu de la population.

L’Etat intervient par la mise en place de politiques économiques, pays, l’intervention va plus loin et touche :

  • l’aménagement de l’espace
    • la planification
    • la nationalisation/privatisation des entreprises.

mais dans certains

On parle alors d’Economie mixte pour désigner la double régulation de l’économie par

le marché et par l’Etat.Cette intervention de l’Etat est justifiée par régulation économique par les marchés.

les limites de la

d  
e  
P  

Les fonctions de l’Etat

L’existence d’un secteur public dans les économies de marché peut être justifié par :

  • La situation de monopole liée à l’ampleur des infrastructures
  • L’importance stratégique pour la nation.
  • L’insuffisante rentabilité de certaines activités de service public.
  • Le renforcement de l’efficacité de la politique économique.

Malgré ces arguments (et depuis les années 80) les Etats privatisent les entreprises relevant du secteur concurrentiel et ne conservent dans le secteur public que les entreprises liées aux grands services publics.

L’intervention de l’Etat est soumise à plusieurs contraintes:

  • La difficulté d’identifier les préférences collectives et l’intérêt général.
  • Les délais d’actions et d’obtention des résultats
  • La contrainte extérieure
  • Les pressions exercées sur les pouvoirs publics

LE BUDGET DE L’ETAT

Importance de la politique budgétaire

ème

Au début du 20     siècle, l’économie   était   essentiellement   privée   :   Les   dépenses

publiques représentaient moins de 10% des richesses créées.Aujourd’hui elles représentent plus que 40% du PIB d’où son influence économique considérable.

Le budget de l’Etat est un document qui retrace les recettes et les dépenses de l’Etat pour une année civile. C’est un acte économique mais aussi juridique puisqu’il est voté au parlement sous la forme d’une loi de finance.

Le budget de l’Etat pour une année est préparé et voté l’année précédente.Les libéraux vont essayer de limiter son ampleur aux strictes dépenses contrairement aux keynésiens qui l’utilisent pour orienter l’activité économique.

  • Les dépenses publiques comportent les dépenses ordinaires et les dépenses en capital(Investissements)
  • La fonction budgétaire consiste à regrouper les dépenses sur la base des secteurs d’intervention de l’action publique(santé, sécurité, enseignement, défense, Justice…etc.)

Le solde budgétaire est la différence entre toutes les recettes et toutes les dépenses de l’Etat.En cas de déficit budgétaire, le financement peut se faire par :

  • Emission de titres (bons de trésor) = Emprunt.
    • Endettement extérieur
    • Création monétaire.
  • Recours à des réserves préalablement accumulées.
    • Hausses/baisses d’impôts.
    • Réduction des dépenses publiques.

Les limites de la politique budgétaire

Le déficit budgétaire peut entraîner un cumul de la dette publique. Le déficit budgétaire est un flux représentant le solde d’une année budgétaire, par contre la dette publique est un stock enregistrant une accumulation des déficits sur plusieurs années.

Le déficit budgétaire peut engendrer l’effet d’éviction et par suite un ralentissement de la croissance (diminution du volume des investissements) du fait que le secteur privé sera évincé des marchés financiers en raison de la hausse des taux d’intérêt.

La politique budgétaire est l’utilisation du budget de l’Etat (modification de l’imposition et des dépenses publiques) pour atteindre certains objectifs.Elle peut agir sur les recettes ou sur les dépenses pour relancer l’activité économique :

Parmi les autres limites de la politique budgétaire soulevées par les auteurs, on cite

principalement l’ouverture de l’économie aux échanges extérieurs.

Car tout injection supplémentaire de fonds de la part de l’Etat stimule les achats à l’étranger è hausse des importations è la diminution de l’effet de ces dépenses sur la production intérieure.

De plus lorsque les importations connaissent une croissance plus rapide que la production è un déséquilibre de la balance commerciale.

OBJECTIFS DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE

La politique économique est l’ensemble de décisions prises par les pouvoirs publics visant à atteindre des objectifs relatifs à la situation économique d’un pays.

On distingue deux types:

– Politiques économiques conjoncturelles: elles visent de maintenir les grands équilibres économiques à court terme.

  • Les politiques économiques structurelles: visent à adapter les structures de l’économie à long terme. Politique structurelle: ensemble de mesures que les autorités mettent en œuvre pour modifier les structures de l’économie pour qu’elles s’adaptent aux changements économiques.

Les cibles de toute politique économique:

  • La croissance de la production
    • Le plein emploi des facteurs de productions
    • La stabilité des prix
    • L’équilibre extérieur
    • La stabilité du taux de change (Xavier Greffe)

Une politique économique doit avoir autant d’instruments que d’objectifs.

  • La politique monétaire: vise à réguler la croissance de la masse monétaire de manière à ce que la quantité de monnaie en circulation ne soit pas trop importante.
  • Politique budgétaire: consiste en la prévision de l’ensemble des recettes et des dépenses de l’Etat sur une année.
  • La politique des revenus: il s’agit de l’action des pouvoirs publics sur la formation des revenus des agents économiques.
  • La politique de change, son objet est de limiter le risque de change auquel sont soumis les agents économiques.

Contraintes de la politique économique:

Contraintes internes:

  • L’arbitrage entre l’inflation et le chômage
  • Financement de la protection
  • Capacité de protection des entreprises

Contraintes externes

-Arbitrage entre croissance et équilibre extérieur: ce phénomène dépend de la propension marginale à importer.

-Taux d’intérêt et taux de change: une baisse    de taux d’intérêt pour favoriser la croissance.

Dresser les contraintes internes et externes de la politique économique: vise à adapter l’économie nationale aux changements de l’environnement international.

Politique de relance: relancer l’activité économique, c’est-à-dire la croissance de la production. Selon Keynes les entrepreneurs determinant leur niveau de production, et donc d’investissement et d’emploi.

Dans le cadre du deficit budgétaire, l’Etat peut intervenir pour modifier la perception que les agents économiquesont de la demande réelle (aide à la consommation, relèvement des bas revenus,…) Les politiques de relance se heurtent au problème de la contrainte extérieure. Le soutien de la demande profite aussi aux entreprises étrangères par le biais des importations. Ainsi dans le cadre du pacte de stabilité et de croissance entre les pays membres de l’Union économique et monétaire, la contrainte budgétaire apparait déterminante.

Politique de stabilisation: vise à freiner l’activité économique, et donc le niveau des prix et des salaires. Pour certains économistes libéraux, les tenants de la nouvelle macro-économique classique qui s’appuient sur l’hypothèse des anticipations rationnelles, et aussi pour les monétaristes qui se référent à l’hypothèse des anticipations adaptatives, il est inutile de soutenir l’activité économique par des politiques de relance.

Pour les tenants des anticipations rationnelles : toute augmentation du déficit budgétaire conduit les agents économiques à anticiper une hausse future des impôts

La politique commerciale stratégique: une industrie est stratégique si elle est source d’externalités positives (les industries d’armement, la construction aéronautique,…).L’action de l’Etat se porte en amont des marchés pour soumettre l’économie à l’évolution (aide à la recherche et développement, aide à la formation, aide à l’innovation,…)

 

Introduction à l’Economie (Seance 1) Enseignant MOSTAPHA SAJID

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Introduction à l’Economie (Seance 2) Enseignant MOSTAPHA SAJID

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Introduction à l’Economie (Seance 3 ) Enseignant MOSTAPHA SAJID

Introduction à l’Economie (Seance 4) Enseignant MOSTAPHA SAJID

Introduction à l’Economie (Seance 5) Pr. MOSTAPHA SAJID

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Introduction à l’Economie (Seance 6) Pr. MOSTAPHA SAJID

Introduction à l’Economie (Seance 7) Pr. MOSTAPHA SAJID

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