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Les fluctuations de l’activité économique: Cycles et croissance économique


:Les fluctuations de l’activité économique
: Cycles et croissance économique


Pr. FAISAL ZAARAOUI



Objectifs



  • · Définir les fluctuations économiques
  • · préciser la différence entre croissance et développement économique,
  • · déterminer les facteurs de la croissance économique.


L’évolution de l’activité économique n’est pas régulière (l’économie nationale ne connaît pas un rythme de croissance stable dans le temps). A des périodes d’expansion succèdent des phases de contraction économique pouvant même se transformer en récession économique : ce sont des fluctuations économiques.

1.  Les fluctuations économiques

Les fluctuations économiques sont les mouvements de hausse et de baisse qui affectent les économies nationales ; elles portent sur toutes les grandeurs économiques : La production, les prix, le revenu national,…


L’analyse des fluctuations économiques permet de mettre en lumière l'existence de plusieurs phases qui s'emboîtent les unes dans les autres selon un rythme relativement régulier. C’est ce que les économistes appellent : cycle économique.                        

 1.1      La notion de cycle économique

Un cycle en économie est un concept qui définit les fluctuations de l'activité économique en les décomposant en une succession de phases clairement identifiables qui se répètent dans le temps de manière ordonnée.

        1.1.1    Les phases d'un cycle économique

Les économistes distinguent généralement quatre phases successives dans un cycle économique : l'expansion, la crise, la dépression (qui peut se transformer en récession) et la reprise qui débouche sur la phase d'expansion du cycle suivant.


o   L'expansion : C’est la phase du cycle économique caractérisée par l'augmentation du volume de la production et de la demande sur une courte période (3 à 4 ans). L’expansion est un processus cumulatif. Elle se nourrit d’elle-même.


Exemple : la hausse de la demande de logements neufs enclenche une série de conséquences : les entreprises du bâtiment demandent davantage de main-d’œuvre et versent ainsi une plus grande masse de salaires. Ces salaires sont pour leur grande partie dépensés ce qui stimulera l’offre des entreprises. Lorsque cette offre touche la majorité des branches de l’activité économique, l’expansion se généralise dans toute l’économie nationale.


o   La crise : Elle désigne le moment de retournement de la conjoncture économique. C’est le point qui marque le début de la phase de ralentissement de l'activité économique qui débouche sur une récession. Ainsi, l’expansion de l’activité économique se bloque : la production diminue, le chômage augmente ce qui provoque une réduction des revenus et par la suite de la consommation. L’offre excède la demande et les entreprises les plus fragiles font faillite. Ce climat de crise affecte aussi le système financier. Le volume des crédits bancaires distribués baisse et au niveau de la bourse, les transactions se réduisent et les cours s’effondrent (krach boursier).


o   La récession : Cette phase du cycle économique désigne un ralentissement de l’activité économique succédant à une phase d’expansion. A la différence de la dépression économique, la récession n’implique pas une chute apparente et durable des grandeurs économiques mais elle se traduit le plus souvent par une simple inflexion2 de la croissance économique.


o   La reprise : Elle désigne la phase du cycle économique qui marque un retour de l’activité économique à une phase d’expansion après une phase de récession. La reprise représente donc le point d'inflexion qui marque le retour d'une phase de croissance de l'activité économique.


         1.1.2      Les différents cycles économiques  

Les économistes établissent une typologie des différents cycles économiques, on trouve ainsi :


·         les cycles Kondratieff : Ce sont des cycles longs qui s'étendent sur une période d'environ un demi-siècle (40 à 50 ans). C'est l'innovation qui est à l'origine de ce type de cycles. La phase de hausse est générée par la diffusion de l'innovation dans la sphère économique. La phase de ralentissement traduit la fin de l'impact de ces innovations sur la structure de l'économie. Ces cycles affectent essentiellement les grandeurs monétaires : prix, masse monétaire,…


·         les cycles Juglar : Ce sont des cycles courts appelés aussi cycles conjoncturels qui durent en moyenne entre 7et 10 ans. Ils sont essentiellement le fait de causes conjoncturelles qui influent sur le comportement à court terme des agents économiques (Investissement, production, consommation,...),


·         les cycles Kitchin : appelés aussi cycles mineurs, ils ont une durée de 40 à 50 mois. Ils sont liés à la politique des entreprises en terme de variation des stocks de produits finis (lorsque les entreprises anticipent une reprise de l'activité, elles accroissent préventivement leur production pour soutenir leurs stocks de produits finis).



:Les fluctuations de l’activité économique : Cycles et croissance économique


 2.  La croissance économique


La croissance économique traduit l’augmentation quantitative, durable, auto-entretenue et non réversible des principales grandeurs caractéristiques de l’économie nationale (production, consommation, épargne,...).


 2.1      La mesure de la croissance économique


La croissance économique est une notion quantitative, elle est mesurée généralement par le PIB. Le taux de croissance mesure l'augmentation des richesses (biens et services) produites d’un pays sur une période donnée (un an en général). Le taux de croissance économique est donc le rythme auquel le produit intérieur brut (PIB) augmente (croissance positive) ou décroît (croissance négative), en pourcentage du PIB de l'année précédente.

La croissance peut être mesurée en valeur nominale ou en valeur réelle. Dans ce dernier cas, on tient compte des effets de l'inflation. Ainsi, si le PIB nominal a augmenté de 6% et si l'inflation s'est accrue de 4% pendant la même période, la croissance réelle pour cette période est seulement de 2%.


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Avec :

·     TC : Taux de Croissance économique

·     Vq2 : Valeur PIB (année 2)

·     Vq1 : Valeur PIB (année 1)

 


2.2      Les facteurs de la croissance économique


La croissance économique est le fait d’un ensemble de facteurs. Les premiers économistes (notamment A.Smith) avaient considéré que le travail et le capital étaient les seuls facteurs de la croissance. Cependant et depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l’accent a été mis sur d’autres facteurs : le progrès technique, le système financier, l’Etat,



          2.2.1      Le facteur travail


En tant que facteur de production, le travail exerce un impact important sur la croissance économique. Cet impact peut être appréhendé sous deux angles complémentaires :

·         Sur le plan quantitatif : Dans l’ensemble de l’économie, la quantité du travail est constituée par la population active qui comprend la population en âge de travailler et désirant le faire. Les économistes établissent une relation entre la quantité du travail disponible dans une économie et la croissance économique. C’est ainsi que l’histoire économique fait apparaître que les pays à forte croissance économique furent ceux la croissance démographique a été la plus dynamique (Europe, Amérique du nord). L’accroissement démographique favorise la croissance économique par :


- l’accroissement de la production : la croissance démographique fournit aux secteurs productifs (industrie, agriculture,…) la main d’œuvre nécessaire à la réalisation de leur production,



- l’élargissement de la demande : l’accroissement démographique permet l’augmentation des dépenses de consommation et par la suite l’élargissement de la demande globale.



·         Sur le plan qualitatif : La quantité du travail à elle seule ne suffit pas pour expliquer la contribution du facteur travail à la croissance économique. Ainsi la qualité du travail (degré de qualification de la main d’œuvre, niveau d’éducation, adéquation formation

/emploi) est aussi un critère important à prendre en considération.

 

                                      Le rôle du facteur travail dans la croissance économique

:Les fluctuations de l’activité économique : Cycles et croissance économique

 2.2.2        Le facteur capital

Le capital d’une nation se compose des :


-          Actifs non financiers : machines, brevets, stocks,… Ils constituent le capital physique de la nation.


-          Actifs financiers : valeurs mobilières (actions, obligations), liquidités,… C’est ce qu’on appelle le capital financier.



La croissance économique résulte de l’accroissement du capital (financier et non financier) détenu par les agents économiques ; l’accroissement du capital dépend essentiellement de l’épargne des ménages et de l’investissement des entreprises.



·         L’épargne : c’est la partie non consommée du revenu. Lorsqu’une nation dispose d’un taux d’épargne important, les investisseurs (entreprises, Etat) trouvent les moyens nécessaires pour financer leurs investissements, ce qui permet de renforcer la capacité productive de la nation.


·         L’investissement : c’est la valeur des biens durables acquis par les unités de production résidentes pour être utilisés dans leur processus de production. Plus l’investissement d’une nation (mesuré par le taux d’investissement) est élevé, plus la croissance économique est forte.


         2.2.3    Le progrès technique

Le progrès technique représente l'ensemble des innovations qui améliorent les performances d'un système productif. Les effets positifs du progrès technique sont mis en évidence à partir de la notion d'innovation développée par l’économiste Joseph Schumpeter. Pour lui, une innovation, est l'application industrielle et commerciale d'une invention. Il distingue 5 grandes formes d'innovations :


·        Nouveaux produits / nouveaux biens (GSM).

·        Nouvelles méthodes de production (pasteurisation).

·        Nouveaux marchés (Internet).

·        Nouvelles sources de matières premières (énergie nucléaire).

·        Nouvelles organisations des entreprises (Franchises).


Ce sont les nouvelles méthodes d'organisation du travail qui constituent la première grande source du progrès technique. A chaque fois que l'on réussit à combiner plus efficacement le travail et le capital (Taylorisme2, fordisme2, Toyotisme2...) on améliore la productivité. La deuxième grande source, ce sont les dépenses de Recherche/Développement, c’est-à-dire le pourcentage du Chiffre d’Affaires (pour les entreprises) ou du PIB (pour l'État) consacré à la recherche fondamentale ou appliquée pour réaliser des innovations de produits ou de procédés et améliorer ainsi la compétitivité2. L’encouragement de la recherche/développement par les entreprises ou par l’Etat permet de développer le capital humain ainsi que les infrastructures de communication ce qui se traduit positivement sur la productivité.


Le progrès technique exerce un impact important sur la croissance économique à travers la production des gains de productivité. Ces gains de productivité impulsent de la croissance économique à travers plusieurs voies :


·        Ils permettent d’abaisser les coûts unitaires moyens1 (CUM), ce qui permet d’augmenter la valeur ajoutée. Ce surcroît de valeur ajoutée issu des gains de productivité2 peut être partagé entre les salariés (augmentation des salaires), les entreprises (augmentation des profits) et l’Etat (augmentation des recettes fiscales). Des profits importants permettent



aux entreprises de financer plus facilement leurs investissements en utilisant l’autofinancement. Ainsi, cette hausse globale des investissements va être génératrice de croissance économique.


·        Si la baisse des coûts unitaires moyens est répercutée sur le prix de vente, le pouvoir d’achat2 des ménages s’accroît et la demande2 interne s’élève. Ce qui va stimuler la croissance économique.


·        La baisse des coûts unitaires moyens peut aussi servir à abaisser le prix des biens exportés. Cette amélioration de la compétitivité / prix à l’exportation va permettre aux entreprises de gagner des parts de marché à l’étranger. Elles vont exporter plus et donc produire plus ce qui va stimuler la croissance économique.


·        L’augmentation des salaires et des profits va avoir pour conséquence une augmentation des recettes fiscales et des cotisations, et donc une hausse des recettes de l’Etat ; ce dernier peut utiliser ce surcroît de richesses pour se désendetter ou pour réduire son déficit budgétaire. Mais il peut également profiter de ce surcroît de richesses pour investir (infrastructures, financement de la recherche scientifique,…). Ce qui va stimuler la demande et donc la production (pour satisfaire cette demande). L’augmentation des recettes publiques est donc également à l’origine de la croissance économique.


La croissance économique dépend donc à la fois de l'augmentation des quantités de facteurs de production (capital, travail) utilisés dans le processus productif, mais aussi de l'amélioration des techniques de production (progrès technique) permettant de produire plus de biens et services avec les mêmes quantités de facteurs de production, ce qui pousse les économistes à distinguer entre :


·     croissance extensive : réalisée grâce à l’augmentation des quantités de facteurs de production utilisés (ouverture de nouvelles usines…),


·     croissance intensive : augmentation de la production à volume de facteurs de production identiques (grâce à des gains de productivité).


Une croissance extensive se traduira donc par des créations d’emplois. Ce qui n’est pas le cas si la croissance économique est intensive1.


       2.2.4    Le rôle du système bancaire et financier

Le système bancaire et financier permet de mobiliser l’épargne et de mettre ainsi à la disposition des entreprises les moyens financiers nécessaires à leurs investissements, ce qui se traduit positivement sur la croissance économique.

       2.2.5    Les facteurs non économiques de la croissance

D’autres facteurs qualifiés de non économiques contribuent à la croissance économique :

·         stabilité politique,

·         système judiciaire approprié,

·         souplesse des procédures administratives,

·         culture d’entreprendre,

·         confiance entre les partenaires économiques et sociaux.

 Complément d’information :

Croissance et développement


La croissance économique, telle qu’elle est calculée, ne mesure que la variation quantitative d’un agrégat économique à savoir le PIB. Elle n’est donc pas synonyme de développement. Le développement est une notion abstraite définissant plutôt l’évolution qualitative (le développement reste en dehors du domaine du mesurable) d’un pays et se traduisant par des évolutions démographiques, économiques, sociales ou culturelles. Le développement est généralement associé à la croissance, mais il peut y avoir croissance sans développement (exemple : les pays du golfe).


Le développement économique est l'ensemble des transformations économiques, sociologiques, politiques et idéologiques qui affectent une société et qui accompagnent les processus de croissance.


Le développement économique se traduit par la création de richesses. On associe développement économique et « progrès », puisqu'il entraîne généralement une progression du niveau de vie des habitants. On parle alors d'amélioration du bien-être social (au sens économique). Selon F.Perroux : « Le développement est un entraînement réciproque de la population et de l’appareil de production vers une croissance du bien être social ».


De nos jours, une nouvelle conception du développement est évoquée : le développement durable ; c'est un développement qui permet de satisfaire les besoins des générations présentes sans compromettre la satisfaction des besoins des générations futures. Cela implique une nécessaire coopération entre les nations (exemple : accords pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre) ainsi qu'une solidarité entre les générations. La Croissance n'est donc plus une fin en soi, c’est une condition nécessaire à la réalisation du développement.


Le PIB a longtemps été utilisé comme indicateur de mesure du niveau de développement. Mais à même niveau de richesse, des pays peuvent avoir des écarts de développement importants.

En 1990 a été créé un nouvel indicateur: l'IDH (Indicateur de Développement Humain). L'IDH est mesuré à l'aide de quatre indicateurs: l'espérance de vie à la naissance, le taux d'alphabétisation des adultes, la moyenne d'années d'étude (degré d'éducation) et le PIB réel par habitant (niveau de vie, accès aux ressources   indispensables pour vivre). Quel que soit l'instrument de mesure utilisé, on ne peut que constater des inégalités de développement entre les pays industrialisés et les pays du « Tiers-Monde » (notamment l’Afrique).




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