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Introduction aux sciences économiques et la gestion (Déséquilibres économiques : Chômage et inflation)

Déséquilibres économiques  ::

Chômage et inflation


Pr. FAISAL ZAARAOUI                                                                                                            

                     



Objectifs



  • · Définir les principaux déséquilibres économiques,
  • · étudier les formes et les causes du chômage,
  • · présenter les causes de l’inflation,
  • · évoquer les formes d’inflation.

Dans une économie nationale, l’ensemble des offres de travail et des demandes d’emploi forme ce qu’on appelle le marché du travail. Ce marché n’est pas toujours en équilibre (la quantité de travail offerte n’égalise pas la quantité demandée). En réalité, ce marché est soit en situation de sous-emploi (si la demande d’emploi excède l’offre) soit en situation de sur-emploi (si l’offre excède la demande).

Par ailleurs, on ne peut parler de déséquilibres économiques sans évoquer l’inflation. Celle- ci représente un phénomène global de hausse des prix mesuré par l’indice général des prix. Elle peut revêtir plusieurs formes (inflation par les coûts, inflation par la demande, inflation par la monnaie, etc.).

1. Le chômage

Le chômage représente un déséquilibre économique qui frappe la majorité des économies contemporaines. L’accroissement du taux de chômage a été la caractéristique majeure de l’économie mondiale depuis le début de la décennie 70.

 

1.1  Définition

 

Le chômage est une situation de sous–emploi du travail. La définition du chômage utilisée par la majorité des pays est celle du bureau international du travail (BIT).


Pour le BIT, est considéré comme chômeur toute personne répondant aux conditions suivantes :

·      être sans travail,

·      être disponible pour travailler,

·      être à la recherche d’un emploi.


La mesure du chômage est faite par un taux appelé taux de chômage qui est le rapport entre les chômeurs au sens du BIT et la population active.


Taux de chômage = nombre de personnes en chômage/ population active.



 1.2  Les formes du chômage

 

Le chômage peut prendre plusieurs formes :

·    Le chômage frictionnel : il est dû à la mobilité de la main d’œuvre, c'est-à-dire au passage des travailleurs des branches en déclin vers des branches nouvelles en expansion. Il est le signe d'une grande mobilité du marché du travail et d'une croissance économique dynamique.


Il désigne aussi des décalages entre les qualifications disponibles et celles demandées ; ce qui signifie que le degré de qualification des demandeurs d’emploi (niveau de formation, expérience acquise,…) ne répond pas toujours aux besoins des employeurs (offre d’emploi).

Exemple : un agent économique ayant une qualification dans le domaine de la production des biens ne peut répondre au profil demandé par un chef d’entreprise qui cherche à recruter un représentant commercial.


·    Le chômage conjoncturel : il résulte d’un ralentissement de l’activité économique marquée par une croissance insuffisante de la dépense et de la production. Il suffirait alors de relancer la croissance économique pour le voir disparaître.

Par exemple en cas de retournement de la conjoncture économique, les entreprises cherchent à liquider leurs stocks avant de faire de nouvelles productions, ce qui peut freiner l’embauche et créer une montée du chômage.


·    Le chômage structurel : il représente une situation dans laquelle les emplois ne peuvent durablement être créés en raison des modifications dans les structures économiques.

Exemple : la chute de la production des mines du charbon de Jerada.


·    Le chômage technologique : il résulte d’une plus grande utilisation des technologies dans le processus de production. Dans certaines entreprises ou branches d’activité, l’introduction de technologies nouvelles s’accompagne de suppressions d’emplois. Ces pertes d’emplois touchent au cours des deux dernières décennies les activités manufacturières qui sont caractérisées par un faible niveau technologique et à forte intensité de main-d’œuvre (textile, sidérurgie, métallurgie,…).


·    Le chômage volontaire : c’est un chômage qui résulte du choix des personnes qui au départ étaient actives mais qui par la suite ont opté pour l’inactivité.

 

1.3  Les causes du chômage

Le chômage peut être à plusieurs facteurs dont :

·    La faiblesse de l’investissement et la baisse de la demande intérieure :  

La faible demande intérieure (due au tassement des salaires) et la stagnation des investissements (due à l’augmentation des taux d’intérêts réels) expliquent l’augmentation du taux de chômage.


·    Les coûts salariaux

Pour réduire le niveau des salaires et des charges sociales, les entreprises développent les investissements à forte productivité du travail ; c’est-à-dire ceux qui permettent un maximum de production avec un minimum de main d’œuvre.


·    Les bouleversements technologiques

Le recours aux nouvelles technologies est source de suppression d’emplois dans quelques secteurs (automobiles, industrie lourde,…). En effet, l’introduction de technologies nouvelles (nouvelles techniques de production et d’organisation du travail) génère une baisse de la demande de main-d’œuvre.

Toutefois, l’histoire du monde industrialisé a démontré que l’introduction de la nouvelle technologie s’est toujours traduite dans un premier temps par du chômage et ensuite par une demande accrue de main-d’œuvre. Les innovations, par la réduction des coûts de production qu’elles engendrent, entraînent une baisse des prix et donc un accroissement des salaires, des bénéfices et des revenus, ce qui se répercute positivement à long terme sur l’emploi.


·    L’interdépendance entre économies nationales

Les crises qui affectent certaines régions du reste du monde (guerres, catastrophes naturelles, …) peuvent avoir des conséquences négatives sur certains secteurs d’activité de l’économie nationale créateurs d’emploi (tourisme, artisanat,…) dans la mesure où elles provoquent un ralentissement de l’activité économique (baisse de la croissance, diminution des exportations,…) ce qui se traduit par une baisse du niveau de l’emploi.


·    L’inadaptation entre l’offre et la demande sur le marché du travail

Les formations et les qualifications acquises par les personnes à la recherche d’un emploi (demande d’emploi) ne répondent pas toujours aux besoins des entreprises (offre d’emploi).

L’histoire a montré que les gains de productivité proviennent essentiellement du degré de qualification des travailleurs (niveau d’instruction, l’attitude au travail, l’expérience pratique). Or, ces qualifications de la main-d’œuvre sur le marché du travail sont soit rares, soit inadaptées aux besoins des employeurs.


2. L’inflation

L’inflation est un déséquilibre économique qui touche la majorité des économies nationales.

L’inflation prend plusieurs formes (inflation par les coûts, inflation par la demande,…) ; de même ses causes sont multiples.


2.1         Définition de l’inflation

L’inflation est une augmentation générale et auto-entretenue des prix qui fait intervenir toutes les parties et tous les mécanismes de l’économie nationale.


Selon G. Olive1 : « l’inflation est :

1.    la hausse du niveau général des prix (et non la hausse du prix de quelques produits),

2.    un phénomène auto-entretenu de hausse des prix (une hausse entraîne d’autres) et non un phénomène isolé et accidentel,

3.    une hausse des prix fondée sur des mécanismes macro-économiques (mettant en jeu l’interdépendance entre toutes les parties et tous les mécanismes de l’économie : production, répartition, formation des prix, ….) ».


2.2         La mesure de l’inflation

L’inflation étant un phénomène global de hausse des prix, elle est généralement mesurée par l’indice général des prix. Cet indice peut être calculé au niveau des différents stades par lesquels passe un produit : production vente en gros vente en détail.


·      Stade de la production : on calcule l’indice des prix à la production (industrielle, énergétique,…) qui permet de mesurer l’évolution des prix départ usine (prix hors


1 Dictionnaire économique et social ; J. BREMOND, A. GELEDAN ; HATIER ; 1981


taxes) de cette production. Le nombre de produits pris en considération est de 171 classés en 22 branches au sein de la nomenclature de la comptabilité nationale marocaine.


·      Au stade du commerce de gros : à ce stade, on calcule l’indice des prix de gros qui permet de mesurer l’évolution des prix des produits finis offerts sur le marché national. Les prix sont généralement relevés chez les grossistes et concernent 231 articles.


·      Au stade du commerce de détail : on calcule l’indice à la consommation appelé aussi indice du coût de la vie qui se détermine sur la base de 385 produits et services. Cet indice prend en considération l’ensemble des prix et le poids des biens dans le budget d’un ménage moyen.


2.3         Les formes de l’inflation

L’inflation peut prendre plusieurs formes :


·    Inflation par les coûts :

Elle désigne l’augmentation des prix qui résulte de la hausse des coûts de production (matières premières, salaires, etc.)

Cette hausse des coûts est dite inflationniste si elle est auto-entretenue ; c’est ce qui se produit généralement étant donné l’interdépendance des éléments constituant le coût de production.

·    Inflation par la demande :

C’est la hausse des prix due à une situation de déséquilibre entre une demande trop forte par rapport à l’offre.

Les keynésiens1 font usage de l’expression "inflation par la demande globale". Celle-ci désigne des hausses de dépenses se heurtant à une offre rigide que la montée de la productivité n’arrive pas à satisfaire.

Remarque :

Au niveau macroéconomique, l’inflation par les coûts et l’inflation par la demande sont inséparables. Ainsi :

- la hausse des coûts coïncide souvent avec une hausse des disponibilités monétaires, donc de la demande,

- réciproquement : une inflation qui résulte d’une demande trop forte entraînera une montée des salaires et donc des coûts.



 Keynésiens : sont les partisans de J.M. KEYNES : économiste et homme d’action britannique (1883-1946). Il est à l’origine du renouvellement de la pensée économique dans les années 30 et il a fortement marqué de son influence les politiques économiques des pays occidentaux après la deuxième guerre mondiale. Son œuvre la plus connu est la théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936).


  ·    Inflation par la monnaie :

La hausse des prix résulte d’une croissance de la masse monétaire beaucoup plus importante par rapport à l’augmentation du volume de la production.

  ·    Inflation structurelle :

Elle est le résultat de la rigidité des structures économiques : fonctionnement du marché sous certaines structures (monopole1, oligopole1,…), prix garantis de certains produits agricoles, anticipation des acteurs économiques, etc.

   2.1         La relation : inflation/chômage

La relation entre l’inflation et le chômage a été développée par A.W.Phillips2 en 1958. Il a mis en évidence une relation décroissante entre le taux de variation des salaires et le taux de chômage .En effet, une augmentation de la demande globale entraîne une hausse de l’emploi (baisse du taux de chômage) et améliore le pouvoir de négociation des salariés vis à vis des employeurs ; ce qui se traduit par une hausse des salaires et ensuite par une augmentation des prix (inflation).

Courbe de Philips


Cette courbe synthétise la relation inverse qui existe entre chômage et inflation. Cette relation montre que le chômage est à une insuffisance de la demande.

 

     2 A.W.Phillips : (1914-1975) : cet économiste a développé la relation entre les taux de chômage et de la variation des salaires nominaux.      Ce modèle s’appuie sur une série statistique concernant la Grande-Bretagne sur la période 1861-1957.






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